Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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27/04/2011 à 17h00 - Les métiers de l'industrie mécanique

L’industrie mécanique évolue plus vite que l’image qu’elle donne d’elle. C’est pourquoi ce secteur porteur, qui a parfaitement intégré les technologies de pointe, manque chroniquement de candidats, notamment dans le domaine de la transformation des métaux. Retrouvez les échanges qui ont eu lieu avec 2 experts du secteur.

Les invités

Gilbert Tchivitdji - Président du Comité mécanique Ile-de-France

Guy Hervy - Responsable administratif du CFIT-AFORP de Mantes-la-Ville (78)

Question :

Modérateur : Bonjour à tous !

Réponse :

 

tibo : Bonjour.

zazie : Bonjour à vous deux.

Question :

reno : Qu'est-ce que ça regroupe, les métiers de l'industrie mécanique ?

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : L'industrie mécanique est une filière complète qui va de la création du produit, jusqu'à la fabrication de ce produit. Cela implique tous les produits de production, à savoir la chaudronnerie, le tournage, le fraisage, l'ajustage, le montage, la mise au point, la rectification, l'électroérosion à fil par renfonçage. Tout cela peut être fait sur des machines conventionnelles, c'est-à-dire pilotées par le compagnon ; mais on peut aussi employer des machines à commande numérique, pilotées par un directeur de commande, par le biais d'une programmation numérique. Sans oublier tous les métiers tels que la préparation et l'organisation du travail, qui consistent à transformer les dossiers techniques en gammes de travail et de réalisation. Ensuite, il y a le bureau d'études avec le technicien et l'ingénieur, capables d'étudier des projets, des machines, des outillages, bref de répondre à la demande des clients. Il faut aussi citer au passage les services de qualité, de contrôle. Enfin, il y a la comptabilité, la gestion, l'industrie mécanique (le pneumatique, l'hydraulique, l'électronique, l'informatique peuvent faire également partie de l'industrie mécanique).

Question :

julo : Mr Hervy, à quels métiers prépare votre établissement ?

Réponse :

 

Guy Hervy : Nous préparons à différents métiers, qui vont du concepteur jusqu'à l'opérateur, et cela en chaudronnerie, en productique (tournage, fraisage, perçage en conventionnel et en commande numérique). Nous préparons aussi à tous les métiers de l'électrotechnique, aussi bien en industriel qu'en tertiaire (tout ce qui concerne l'habitat). Toutes ces réalisations initiales ont à un moment donné besoin de maintenance, nous formons donc également à tous les métiers de la maintenance.

Question :

fidji : Comment entre-t-on dans votre établissement Mr Hervy ?

Réponse :

 

Guy Hervy : Pour entrer chez nous, il y a différentes solutions : venir à une journée portes ouvertes, ou s'inscrire sur internet sur le site suivant: www.aforp.fr

Question :

Laurent : Selon vous, quelles sont les qualités recommandées pour travailler dans l'industrie mécanique, la soudure notamment ? Merci.

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : La soudure peut être un métier très technique, si l'on prend par exemple les soudeurs qui sont dans l'industrie atomique. Elle demande alors des compétences particulières et nécessite des certifications. C'est le cas lorsqu'il s'agit de souder des tubes sur un site nucléaire, ou dans l'industrie pétrolière pour acheminer le pétrole. La soudure peut donc être un métier tout à fait basique (ex : serrurier), comme elle peut être très technique. Les qualités requises sont l'observation, la pugnacité, l'attention, la précision.

Question :

tibo : Et les conditions d'entrée ?

Réponse :

 

Guy Hervy : Il n'y a pas de test d'entrée, mais un entretien de motivation avec le formateur responsable de la filière (chaudronnerie, productique, conception, maintenance, électrotechnique, pilotage de systèmes de production automatisés, Assistant Technique Ingénieur).

Question :

zazie : C'est des métiers où on rentre surtout par l'apprentissage ?

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : L'apprentissage par alternance a un avantage : il permet à un jeune d'être autonome financièrement, puisqu'il touche un salaire durant sa formation.

 

Guy Hervy : Un second avantage est que l'apprentissage favorise l'insertion professionnelle. On constate 90% d'insertion professionnelle six mois après le diplôme pour les jeunes en apprentissage.

Question :

Yvan : Je ne suis pas de l'académie de Paris, est-ce que je peux tout de même entrer dans votre centre de formation ? Merci.

Réponse :

 

Guy Hervy : Oui, absolument.

Question :

berru : Quels genre de cours y a-t-il dans votre centre de formation ?

Réponse :

 

Guy Hervy : Il y a 35 heures de cours par semaine : des cours d'enseignement général (français, anglais, maths, vie sociale et professionnelle, EPS), et des cours d'enseignement professionnel (technologie, processus, dessin technique, ateliers de mise en œuvre dans chacun des métiers auxquels nous formons). Notre avantage, c'est que les cours sont toujours assurés. Par exemple, lorsqu'un formateur est absent, il est systématiquement remplacé par un collègue.

Question :

régis : A quel poste démarre quelqu'un qui a fait un CAP chaudronnerie ?

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : Il va démarrer comme compagnon P1, c'est à dire professionnel du premier échelon, et il passera P2, puis P3, dans les 3 à 4 années suivant l'obtention de son CAP ou de son BP. Un jeune qui passe son CAP aux alentours de 18 ans sera professionnel vers 21-22 ans.

 

Guy Hervy : Une précision par rapport à la question de berru : le rythme d'alternance est de une semaine de cours sur deux pour les bacs pro et les CAP, et de deux semaines sur quatre pour les BTS.

Question :

fortuno : Avec un CAP chaudronnerie, combien puis-je espérer gagner en début de carrière ? Et après ?

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : En début de carrière, le possesseur d'un BP ou d'un CAP peut espérer gagner 1 400 € brut par mois. Ensuite, en fonction de sa spécialité et des certificats obtenus, il peut prétendre à 2 000, voire 3 ou 4 000 € par mois.

Question :

gobert : Y a t-il des progressions de carrière possible dans ce secteur en démarrant avec le CAP ?

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : Aujourd'hui, compte tenu de l'évolution de l'industrie mécanique en Ile-de-France (à savoir : fabrication de pièces à l'unité, en petites séries, de pièces destinées à l'aéronautique et à la mécanique de précision), il est préférable de viser au-delà du CAP, un bac professionnel voire un BTS technicien d'usinage.

Question :

cariba : Y a-t-il des formations pour adultes ?

Réponse :

 

Guy Hervy : Tous les BTS peuvent être préparés par des adultes (plus de 26 ans). Mais les adultes peuvent aussi préparer un CQPM (contrat de qualification paritaire de la métallurgie) avec un parcours de formation adapté à chaque demandeur. Les adultes sont positionnés grâce à un dispositif EDEMI (Entreprise de Découverte et d'Entraînement aux Métiers Industriels).

Question :

gab : Existe-t-il des postes d'ingénieur en industrie mécanique ? Si oui, quelles sont les formations à suivre ?

Réponse :

 

Guy Hervy : On peut commencer sa formation pour être ingénieur par un BTS en deux ans, puis s'inscrire dans un centre de formation qui prépare au diplôme d'ingénieur (voir www.mecavenir.com). La deuxième solution consiste à intégrer une licence pro entre le BTS et le diplôme d'ingénieur. Il existe de nombreuses voies pour devenir ingénieur en industrie mécanique, et il existe différents postes d'ingénieur mécanique (en conception, en réalisation, en pilotage, en maintenance, etc.).

Question :

julienL : Dans ce secteur, est-ce qu'il existe des grandes entreprises ou bien ce sont surtout des petites entreprises ?

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : Dans l'automobile ou l'aéronautique, il y a trois types d'entreprises : le constructeur (environ 50 000 personnes), l'équipementier (1 000 à 5 000 personnes), et le sous-traitant (10 à 250 personnes). En ce qui concerne la mécanique de précision, l'outillage, la réalisation de moules, la mécatronique, l'entretien et la réparation, on a plutôt affaire à des petites PMI de 5 à 100 personnes.

Question :

cariba : Vous avez du mal à trouver des candidats ou, au contraire, vous avez beaucoup de demandes ?

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : Nous avons des difficultés, du fait de l'image ternie de la mécanique en général, présentée comme une industrie du 19e siècle alors qu'aujourd'hui, les métiers de la mécanique utilisent des moyens ultra-modernes et ultra-perfectionnés. Cette fausse image ancrée dans les esprits éloigne les jeunes de métiers très intéressants et rémunérateurs. Pourtant, compte tenu du vieillissement de la population dans ce métier, de nombreuses places se libéreront dans les années à venir.

Question :

zazie : Comment lutter contre ce problème d'image ?

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : Nous essayons de présenter, par des films et par des portes ouvertes, les entreprises de mécanique. Mais ce n'est pas facile parce que nous sommes prisonniers de cette image. Or, à ce jour, les machines à commande numérique ont remplacé les machines traditionnelles, y compris dans les bureaux d'études où les planches à dessiner ont été remplacées par des écrans de CAO (Construction Assistée par Ordinateur).

 

Guy Hervy : Aujourd'hui, une entreprise de mécanique, c'est aussi propre qu'un bureau dans le tertiaire!

 

Gilbert Tchivitdji : Lorsqu'un chirurgien installé à New York pratique une opération à cœur ouvert à Strasbourg par robot interposé, tout le monde est émerveillé. Quand un compagnon mécanicien francilien envoie une bande numérisée de Paris sur une machine à commande numérique située au Canada, et que cette machine se met à fabriquer des pièces dans une tolérance d'un centième de millimètre, cela n'étonne personne.

Question :

Traore : Votre CFIT prépare à la mécanique traditionnelle et manuelle ou bien aux métiers de la mécanique numérique ?

Réponse :

 

Guy Hervy : Nous formons aux deux voies. Nos ateliers sont équipés à égale proportion de machines conventionnelles et de machines numériques. Dans tous les postes proposés dans l'industrie, il y a une partie en traditionnel et une autre en numérique. Suivant les affinités des candidats, ils peuvent se dirigent vers l'une ou l'autre de ces voies.

Question :

Gareli : Est-ce que les droits d'inscription sont chers ? Y a-t-il des aides financières ? Quelle est la taille de votre centre de formation ?

Réponse :

 

Guy Hervy : Les droits d'inscription s'élèvent à 70 euros. Il est possible d'obtenir une bourse suivant les revenus lorsque l'on est en CPA (classe préparatoire à l'apprentissage). Lorsque l'on prépare un bac pro, un CAP, ou un BTS, la formation est rémunérée, il est donc impossible de cumuler avec une bourse. Notre centre regroupe 1 500 apprenants répartis sur 4 sites en région parisienne: Mantes-La-Ville, Drancy, Asnières, et Issy-les-Moulineaux.

Question :

Steph : Est-ce qu'il y a des femmes dans les métiers de l'industrie mécanique ?

Réponse :

 

Gilbert Tchivitdji : De nombreux métiers de la mécanique peuvent et pourraient être ouverts aux femmes si elles le désiraient : bureaux d'étude, service contrôle qualité, service méthode, et pourquoi pas fabrication sur machine à commande numérique. L'évolution des matériels est telle qu'il n'y a plus besoin de force physique pour exécuter un travail. Ce sont des métiers bien plus intéressants que le secrétariat.

 

Guy Hervy : Dans notre centre, nous avons quelques apprenties réparties en chaudronnerie, en conception, en électrotechnique, en ATI (assistant technique ingénieur), en PSPA (pilotage de systèmes de production automatisée). Elles sont peu nombreuses, mais celles qui sont là s'intègrent très bien dans le centre comme dans l'entreprise. Elles sont d'ailleurs recherchées par les entreprises.

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