Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

  • Actu
  • Brèves
  • Quelle place pour les femmes dans la fonction publique ?

Quelle place pour les femmes dans la fonction publique ?

En dépit d’un certain nombre de mesures favorables à l’égalité professionnelle hommes-femmes dans la Fonction publique, des inégalités demeurent…


 

Le 15/03/2011

 

Missionnée par le Président de la République pour améliorer la situation de la femme au sein de la Fonction publique et y réduire les inégalités, Françoise Guégot, députée de Seine-Maritime, vient de remettre son rapport.

 

« Fonction publique : bonne élève mais peut mieux faire ! »


Ce rapport indique que « l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes a toujours été perçue comme allant de soi dans le secteur public, car prévue par la loi. Mais en dépit d’un engagement et d’une prise de conscience sur le sujet ces dernières années, des progrès important restent à accomplir dans la Fonction publique. »

 

La Fonction publique est effectivement féminisée à 59,8 %, mais une forte hétérogénéité subsiste dans la répartition Hommes/Femmes selon les métiers. Les femmes restent associées aux métiers de l’éducation, de la santé et du social. 80 % des personnels non médicaux sont des femmes contre 42 % du personnel médical.

 

La répartition des femmes au sein des métiers de la Fonction publique reflète ainsi une représentation encore traditionnelle du rôle de la femme dans le monde du travail. Et « plus les responsabilités sont élevées, moins les femmes sont nombreuses ».

 

Des salaires en moyenne 15 % inférieurs à ceux des hommes

 

Le salaire dans la Fonction publique est indexé sur une grille indiciaire assurant ainsi théoriquement un gage d’égalité salariale. Pourtant, le rapport pointe des écarts de rémunérations toujours au désavantage des femmes, notamment aux fonctions les plus élevées. « S’agissant de la fonction publique de l’Etat, l’écart salarial constaté entre hommes et femmes était de 15,6 % en 2006. Si cet écart s’explique très largement par la structure des emplois et les effets du temps partiel, il est également le fait d’un écart sur les attributions indemnitaires, autrement dit les primes, systématiquement inférieures pour les femmes (16 % du traitement en moyenne) par rapport aux hommes (31 %). »

 

Des carrières moins linéaires pour les femmes

 

Les femmes connaissent un déroulement de carrière beaucoup moins linéaire avec des interruptions ou le choix du temps partiel. Il faut d’ailleurs noter que le recours au temps partiel augmente avec le nombre d’enfants à charge. « Alors que 24,7 % des femmes ayant un enfant à charge sont à temps partiel, cette proportion passe à 36 % pour les femmes ayant plus de 2 enfants à charge et à 46 % pour celles en ayant trois ou plus. »

 

Comment améliorer la place faite aux femmes ?

 

La Fonction publique affirme vouloir améliorer la situation :

 

- à travers des objectifs de parité prévus par la loi via la féminisation des jurys et des organismes consultatifs qui inaugurent un changement au coeur de la Fonction publique ;
- en visant une meilleure prise en compte du déroulement de carrière des femmes (la limite d’âge pour s’inscrire à des concours a été supprimée tout comme la condition d’ancienneté, par exemple) ;
- en prenant mieux en compte la conciliation vie privée – vie professionnelle (places prioritaires en crèche, distribution de Chèque emploi service universel pour faciliter la garde d’enfants…) ;
- à travers un engagement dans la lutte contre les discriminations.

 

Le rapport ouvre des pistes en mettant en avant 6 propositions :


  • Renforcer le dispositif statistique existant pour mieux identifier les obstacles dans le déroulement de carrière des femmes et mettre en place de nouveaux indicateurs ;
  • Fixer des objectifs clairs et contraignants de proportion de femmes aux postes de direction (par exemple, obliger les administrations à employer 40 % de cadres supérieurs d’un sexe ou de l’autre d’ici 2015, appliquer la règle de 40 % de femmes pour tous les jurys pour de recrutement) ;
  • Agir sur la gestion des ressources humaines pour améliorer les déroulements de carrière des femmes ;
  • Favoriser la conciliation vie privée-vie professionnelle en installant des chartes de « gestion du temps » et en proposant des services pour faciliter la vie quotidienne ;
  • Mettre en place un Plan national de formation et de communication à l’égalité professionnelle (notamment un plan de sensibilisation de tous les agent(e)s) ;
  • Partager ces objectifs avec les organisations syndicales et aboutir à la signature d’un accord national dans la Fonction publique sur ces sujets.

Rendez-vous le 8 mars 2012 pour faire le point sur la mise en œuvre de ces propositions !


Sandrine Damie