Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Clément Stockman

Apprenti en 2e année de BTS industrialisation des produits mécaniques à l’Aforp de Mantes-la-Ville (78)
Date de l'interview : 09/02/2011

« Le fraisage manuel est un savoir-faire qui se perd. Les compétences en usinage traditionnel sont de moins en moins présentes dans les cursus de formations diplômantes ».

Clément Stockman a choisi de faire son apprentissage dans l’entreprise de mécanique générale de sa famille. Son projet : reprendre l’entreprise le moment venu…

Quel est votre parcours scolaire ?

Mon parcours est un peu spécial car j’ai d’abord passé un bac littéraire. Entre l’année de 1re et celle de terminale, j’ai travaillé dans l’entreprise de mécanique générale de mon père pour gagner un peu d’argent. Je me suis alors aperçu que la mécanique, c’était mon truc. Avec mon bac littéraire, je n’ai pas pu entrer directement en BTS. J’ai donc passé un bac technicien d’usinage, en 2 ans en apprentissage, avant d’entrer en BTS industrialisation des produits mécaniques, toujours en apprentissage.

Comment s’organise votre formation ?

Je suis sur une alternance de 2 semaines de cours pour 2 semaines en entreprise. A l’Aforp, j’ai des cours  de mécanique appliquée (étude d’effort entre les pièces), de traitement d’une affaire (devis) de conception de montage, de l’atelier, ainsi que du français, de l’anglais et des maths. Je fais mon apprentissage dans l’entreprise familiale. C’est un petit atelier de 16 salariés, où l’on répare tous types de pièces mécaniques.

Votre formation théorique s’articule-t-elle bien avec ce que vous faites en entreprise ?

Les 2 sont complémentaires. Je dirais qu’à l’AFORP, je pense surtout « numérique », alors qu’à l’atelier, je pense « manuel ». Aujourd’hui, dans le fraisage,  il y a beaucoup de commandes numériques. Mais à l’atelier, nous faisons des réparations, nous travaillons donc essentiellement en manuel, sur des pièces unitaires ou de très petites séries.

Vous avez participé aux 41e Olympiades des métiers. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ?

C’est mon CFA qui m’a proposé de participer aux Olympiades. Le premier jour, il y a beaucoup de pression car on découvre quelle pièce on va devoir faire sur une machine qu’on ne connaît pas. Comme je fais surtout du fraisage manuel, je m’étais arrangé avec l’école pour travailler le fraisage numérique. Je me suis beaucoup entraîné. Je suis arrivé 4e aux Finales nationales. Mais je peux dire que c’est une expérience vraiment intéressante tout particulièrement en ce qui concerne les compétences acquises lors de la préparation physique et mentale.

Quels sont vos projets après le BTS ?

Je veux avoir un contrat à plein temps. Dans le domaine de la mécanique, toutes les formations au-dessus du BTS, type licence professionnelle ou école d’ingénieurs, s’adressent à des jeunes qui vont ensuite travailler dans de grandes entreprises. Mon but est de reprendre l’entreprise de ma famille dont certains membres vont bientôt être à la retraite. Ces formations ne correspondent donc pas à mon projet.

Selon vous, le fraisage manuel a-t-il un avenir ?

C’est un savoir-faire qui se perd. Les compétences en usinage traditionnel sont de moins en moins présentes dans les cursus de formations diplômantes. Elles sont essentiellement concentrées sur l’utilisation des machines à commande numérique. Il y a de moins en moins d’entreprises qui font du fraisage manuel. Pourtant, il y a toujours un besoin et je sais que mon savoir-faire sera réclamé. L’autre jour, mon père a reçu un appel d’une entreprise de Marseille pour une réparation : elle n’avait pas d’autre solution que de faire appel à nous qui sommes en Ile-de-France.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui sont intéressés par la mécanique ?

Pour s’épanouir dans ce domaine, et dans la réparation en particulier, il faut aimer fabriquer des choses avec ses mains et avoir le goût du travail bien fait car l’activité demande une grande précision. Lorsqu’on signe un contrat d’apprentissage, il faut être vigilant sur le choix de l’entreprise. Certains de mes camarades travaillent dans des bureaux, d’autres ne font que du fraisage numérique, d’autres encore travaillent de manière  traditionnelle. Cette expérience peut conditionner ce que l’on va faire plus tard.

Propos recueillis par Patricia Holl