Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Céline Drapier

Point rencontre emploi formation, FFB Grand Paris (75)
Date de l'interview : 28/01/2011

Les métiers du bâtiment présentent la particularité d’être des métiers techniques où l’« intelligence de la main » est une compétence rare et recherchée.

Au sein de la Fédération française du bâtiment Grand Paris, Céline Drapier est responsable du Point rencontre emploi formation, qui facilite la mise en relation sur des contrats en alternance entre les candidats et les entreprises du bâtiment.

Pouvez-vous lister les formations déficitaires dans le bâtiment en Ile-de-France ?

Il s’agit des CAP suivants : Maçon, Couvreur, Tailleur de pierre-marbrier du bâtiment et de la décoration, Constructeur en béton armé du bâtiment, Constructeur d’ouvrage du bâtiment en aluminium, verre et matériaux de synthèse. Auxquels s’ajoute le BTS enveloppe du bâtiment-façades étanchéité.

Pourquoi une telle pénurie de candidats, particulièrement au niveau CAP ?

Certains métiers du bâtiment souffrent encore, malgré les efforts de promotion accomplis par la profession, d’une image négative auprès du grand public, ce qui ne facilite pas l’orientation des jeunes. De plus, les formations de niveau CAP ont souvent été dépréciées ces dernières années, au profit de formations de niveau bac ou supérieur.

Quels sont les profils recherchés ?

Les métiers du bâtiment présentent la particularité d’être des métiers techniques où l’« intelligence de la main » est une compétence rare et recherchée. Trop de jeunes, souvent en échec scolaire, sont encore orientés vers nos métiers malgré eux.
Quel que soit leur niveau, les entreprises attendent avant tout des jeunes animés par la passion de construire. Il n’est pas rare de constater que des jeunes jusqu’ici en échec s’épanouissent dans ces études et donnent enfin du sens à ce qu’ils apprennent.

Quelles sont les perspectives d’évolution du CAP ?

Le CAP constitue dans la plupart de nos métiers le 1er niveau de qualification reconnu par la convention collective des ouvriers. Compte tenu du déficit en personnel qualifié, ce diplôme offre de réelles opportunités d’insertion et demeure la base indispensable à un déroulement de carrière réussi. Après un CAP, les jeunes peuvent choisir d’entrer directement dans la vie active ou de poursuivre leur formation en acquérant de nouvelles techniques et savoir-faire (CAP connexe en un an, MC ou BP). Pour les plus persévérants, l’accès à un bac pro puis à un BTS est également envisageable sous réserve de très bons résultats.

Quelle est la situation particulière du BTS enveloppe du bâtiment façades-étanchéité ?

L’enveloppe du bâtiment est certainement le domaine le plus méconnu par les jeunes. Le BTS enveloppe du bâtiment a été créé pour répondre aux besoins en recrutement de techniciens d’études spécialisés dans le domaine du clos et du couvert du bâtiment (couverture, étanchéité, bardage, fermeture bois et alu). Il voit d’année en année ses effectifs diminuer, alors que les besoins exprimés par les entreprises sont importants compte-tenu de la tendance actuelle à l’efficacité énergétique. Les employeurs s’inquiètent notamment du renouvellement de leur personnel d’encadrement.
En partenariat avec la Chambre syndicale française de l’étanchéité, nous avons donc lancé une vaste action de communication à destination des bac pro du bâtiment, des bac S, des STI  génie civil et des BTS du secteur pour leur faire découvrir la richesse des métiers de l’enveloppe, tout aussi porteurs que ceux du gros œuvre.

Existe-t-il des disparités au sein de la région Ile-de-France ?

Le nombre de places proposées dans les lycées et les CFA répond globalement aux besoins en recrutement des entreprises du bâtiment. L’apprentissage constitue de longue date une voie de formation particulièrement prisée par les entreprises du bâtiment. La profession est impliquée directement dans la gestion d’un certain nombre de CFA, ce qui leur permet d’agir pour adapter leur offre de formation. Le fait que la formation ne soit pas toujours à côté du domicile ne doit pas être vécu comme un handicap dès lors que les métiers du bâtiment exigent des salariés une forte mobilité. Plus le jeune s’habituera tôt à circuler en Ile-de-France, plus vite il se familiarisera avec les réalités de nos métiers. La difficulté réside davantage du côté des parents et des enseignants qui ne comprennent pas toujours pourquoi les jeunes doivent, dès le plus jeune âge, engager cette démarche d’autonomie.

Comment mieux communiquer auprès des jeunes ?

La profession doit poursuivre la promotion et l’information à destination des collégiens et des lycéens afin de transformer durablement l’image du BTP et intégrer des jeunes motivés dont le niveau scolaire correspond à ses exigences. La FFB Grand Paris participe à cet effort grâce à des opérations telles que « Les coulisses du bâtiment », « Un jour en entreprise », et à sa présence régulière dans les établissements scolaires (forums, séances d’informations collectives).

Propos recueillis par Annie Poullalié