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Une assistante sociale vous ouvre ses carnets…

Après avoir dédié un blog à son quotidien d’assistante de service social, Valérie Agha lui consacre un livre : Chroniques de vies ordinaires – Carnets d’une assistante sociale.


« Je ne suis pas celle que vous croyez.

Je suis assistante sociale, mais je ne suis pas acariâtre. Sauf quand je me lève trop tôt.

Je n’ai pas de chignon, je ne porte ni tailleur bleu marine ni col Claudine. Je ne dissimule pas de culotte gainante. Bon ça, si, je vous l’accorde

 

Cette accroche donne le ton des Chroniques de vies ordinaires – Carnets d’une assistante sociale publiées par Valérie Agha en octobre 2010 aux Editions Fleuve Noir : un texte qui cherche à faire connaître les assistantes sociales et leur travail et battre en brèche certaines idées reçues à leur égard, sur le mode de l’humour et de l’autodérision.

 

C’est après avoir exercé  cette profession pendant 10 ans et cherché en vain des témoignages, des blogs, livres ou films qui y seraient consacrés que cette assistante de service social a décidé d’écrire sur son métier. Valérie Agha a commencé par créer un blog, intitulé Pause Café en hommage à la série des années 80 consacrée à une assistante sociale, incarnée à l’écran par Véronique Jeannot. Aujourd’hui, parallèlement à l’animation de ce blog, Véronique Agha publie un livre sur son quotidien. 

 

A l’origine de son envie d’écrire : « une furieuse envie de raconter les gens que je rencontrais », confie Valérie Agha. Ce livre nous fait donc vivre ses rendez-vous réguliers avec Félicien, en surendettement et qui propose un plan de tomates pour se faire pardonner d’avoir contracté un nouveau crédit, et avec  ses autres « usagers », décrits à la fois avec émotion et ironie.

 

Leurs rendez-vous, souvent retranscrits sous forme de dialogues, ressemblent à des saynètes.  Les mimiques de Félicien, qui répond par un « regard contrit » ou un « sourire gêné » aux reproches que lui adresse l’assistante sociale quand elle apprend qu’il a contracté un nouveau crédit, sont très théâtrales et arrachent un sourire au lecteur, même si la situation de Félicien ne prête pas à sourire.

 

En réalité, au-delà de ces « Chroniques de vies ordinaires » d’usagers des services sociaux, l’intérêt du livre réside dans la description du métier d’assistante de service social. Un chapitre expose ainsi les motifs de rendez-vous : « des problèmes financiers (c’est le plus courant), de logement (c’est régulier et épineux), de santé, administratifs, des soucis liés à son emploi, sa famille et bien d’autres choses (carottes avariées, chien en danger ; enfin, vous comprenez l’idée) ». Précisons que Valérie Agha est assistante sociale du personnel au sein de la fonction publique d'Etat.

 

L’environnement professionnel est également dépeint : « Je travaille en lien avec différents partenaires en fonction de la problématique de la personne ». Sont cités le service des ressources humaines, le médecin de prévention, mais aussi des personnes extérieures comme les associations, mutuelles, banques, sociétés de crédits, cabinets d’huissiers, etc.

 

Valérie Agha distille par ailleurs des conseils très pratiques pour l’exercice de la profession. Par exemple, dans le cadre d’une visite à domicile (ou VAD dans le jargon), elle est formelle : « Si vous n’avez pas d’autre choix que de vous asseoir, ne posez que le bout de vos fesses. C’est un peu fatigant mais d’une part ça muscle, et d’autre part ça limite les dégâts en cas de substances non identifiées présentes sur la chaise. Si on vous propose un café, refusez poliment. Si on insiste, acceptez, mais ne buvez surtout pas. Si vous voyez un cafard passer, ce qui est somme toute fort probable, respirez profondément, ne hurlez pas et surtout ne posez pas votre sac à main au sol ».

 

Au final, un livre plaisant à lire qui permet de se familiariser avec  le quotidien de la profession. Très utile si vous  envisagez de vous lancer dans des études d’assistant(e) de service social !

 

Solène L’Hénoret, le 03/12/10