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Le compagnonnage français inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO

En novembre 2010, la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO s’est enrichi de 46 nouveaux éléments. Parmi eux, outre le repas gastronomique des Français, figure le compagnonnage.


 

C’est en tant que  « réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier » que le compagnonnage français a été inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

Selon les termes de l’UNESCO(1), le patrimoine immatériel désigne «  les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel. »

 

Le compagnonnage est un système développé depuis plusieurs siècles qui permet à  de jeunes artisans de se perfectionner dans la maîtrise de leur métier en effectuant un « Tour de France ». Attention, ce dernier n’a rien avoir avec la célèbre course cycliste qui tous les étés décerne le maillot jaune au cycliste le plus rapide de la grande boucle !

 

« C’est un héritage symbolique du Moyen-âge, explique  Jean-Michel Mathonière, historien des compagnonnages et fondateur du Centre d’étude des compagnonnages. Pendant 5 à 7 ans, de jeunes artisans qui ont fini leur formation effectuent un Tour de France : ils changent de ville 1 ou 2 fois par an pour trouver de nouveaux employeurs et acquérir ainsi de nouvelles méthodes de travail. »

 

Pendant cette période, après ses journées de travail, le jeune compagnon passe ses soirées en communauté. « Il dîne avec les autres compagnons, puis assiste à des conférences ou des cours du soir. Cette vie communautaire permet la transmission à la fois de savoir-faire professionnels et de savoir-être, des valeurs du métier », complète Jean-Michel Mathonière.

 

Plusieurs corps de métiers sont représentés dans le compagnonnage. Parmi eux, les métiers du bâtiment (tailleur de pierres, serrurier), du textile et du cuir (cordonnier, bourrelier, sellier), du bois, de la forge, de la tapisserie et les métiers de bouche (boulanger, cuisinier).

 

Qu’apporte l’inscription du compagnonnage au patrimoine de l’UNESCO ? Elle devrait permettre d’une part de protéger l’originalité du mode de transmission des savoirs des Compagnons du Tour de France, et, d’autre part, de « rassurer certains parents parfois effrayés par les rites initiatiques et la vie communautaire qu’ils ont tendance à associer à une secte », explique Jean-Michel Mathonière.

 

En effet, pour entrer dans une communauté de compagnons, le jeune doit d’abord être « adopté ». A la fin de son Tour de France, avant de pouvoir lui-même transmettre son savoir, il doit présenter devant un collège de compagnons « une maquette », appelée aussi « chef d’œuvre », ouvrage cumulant les difficultés techniques du métier.

 

Toutes sociétés compagnonniques confondues, environ 1 000 jeunes effectueraient chaque année leur Tour de France.

 

Solène L’Hénoret, le 29/11/10

 

Crédit photographique : Compagnons du Tour de France, fédération compagnonnique

 

 


(1) UNESCO : Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture