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Les parcours scolaires des immigrés et de leurs descendants au cœur d’une enquête

Hausse du niveau de diplômes et avantage scolaire des filles : c’est ce que conclut l’enquête « Trajectoires et Origines » après l’étude des parcours scolaires des immigrés et de leurs enfants.


Objectif de l’enquête « Trajectoires et origines : enquête sur la diversité des populations en France » menée conjointement par l’INED (1) et l’INSEE (2) : améliorer la connaissance des trajectoires sociales et conditions de vie des migrants et de leurs descendants dans la société française pour aider à lutter contre les discriminations liées à l’origine.

 

Les entretiens ont été réalisés entre septembre 2008 et février 2009 auprès de 21 000 personnes constituant 3 groupes : les immigrés ; les descendants d’immigrés ; les natifs de France métropolitaine dont aucun parent n’est immigré, composant la « population majoritaire ». L’éducation figure parmi les aspects de la vie sociale examinés, avec le logement, la santé, la citoyenneté, etc.

 

Les résultats révèlent que les niveaux de diplôme des immigrés montent. Ainsi, parmi les immigrés de 18 à 60 ans arrivés en France avant 1974, 76 % ne sont pas ou peu diplômés (3) et 11 % sont diplômés du supérieur. En revanche, parmi ceux arrivés après 1998, on ne compte plus que 40 % de pas ou peu diplômés alors que 34 % d’entre eux sont certifiés de l’enseignement supérieur. Ces évolutions sont attribuées aux progrès de l’éducation dans les pays d’origine ainsi qu’à la sélection des migrants sur le plan scolaire.

 

L’enquête s’est également intéressée aux parcours et expériences scolaires des enfants d’immigrés ayant effectué toute leur scolarité en France. Premier constat : ils sont plus nombreux à sortir sans diplôme du système éducatif que la population majoritaire (13 % contre 8 %). Ce taux varie fortement selon le pays de naissance des parents : de 27 % pour les descendants d’immigrés originaires de Turquie à des taux proches de la population majoritaire pour ceux d’Espagne et d’Italie.

 

De plus, dans le secondaire, ils sont moins souvent orientés vers les filières générales. Une des originalités de l’enquête « Trajectoire et Origines » est de s’intéresser également au vécu de l’orientation. Conclusion : les descendants d’immigrés éprouvent un sentiment d’injustice face à l’orientation, qu’ils attribuent à des discriminations ethno-raciales.

 

Autre enseignement de l’enquête : l’avantage scolaire des filles d’immigrées sur les garçons. En effet, dans presque tous les groupes d’origine, les filles sortent moins souvent du système scolaire sans diplôme que les garçons et sont généralement plus diplômées qu’eux.

 

Enfin, transparaît la réussite des descendants de familles originaires d’Asie du Sud-Est. Au collège et au lycée, ils sont beaucoup plus nombreux que dans la population majoritaire à être orientés vers les filières générales (61 % contre 44 %). Ils se distinguent également par la proportion importante de diplômés du 3e cycle ou d’une grande école.

 

Solène L’Hénoret

 


(1) Institut national d’études démographiques

(2) Institut national de la statistique et des études économiques

(3) Titulaires du Certificat d'études primaires ou du Diplôme national du brevet