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Mise en conformité des ascenseurs : les ascensoristes font face

La nécessaire mise en conformité des ascenseurs anciens booste-t-elle l’emploi dans le secteur ? Réponse nuancée de Jean-Luc Detavernier, délégué général de la Fédération des ascenseurs.


31 décembre 2010 : c’est la date avant laquelle les copropriétaires devront avoir fait réaliser la première phase de travaux de mise en conformité des ascenseurs de leur immeuble.

 

La loi « Sécurité des ascenseurs existants », votée en 2003 après une série d’accidents dramatiques, impose en effet de nouvelles obligations en matière de sécurité, d’entretien des installations et de contrôle technique des ascenseurs. Un calendrier de mise en conformité du parc ancien, avec des échéances en 2010, 2013 et 2018, a été institué.

 

En France, le secteur des ascensoristes ne regroupe que 150 entreprises (fabricants, installateurs, prestataires de maintenance) et 20 000 salariés, dont 3 000 techniciens de modernisation et 10 000 techniciens de maintenance. On estime à 500 000 le nombre d’ascenseurs directement concernés par les travaux de mise aux normes. Les ascensoristes pourront-ils faire face ?

 

« La hausse des besoins liée à la mise aux normes a déjà été pris en compte par les entreprises, explique Jean-Luc Detavernier, délégué général de la Fédération des ascenseurs. Les propriétaires ont commencé à faire réaliser les travaux de mise en conformité début 2006, ce qui a engendré un surcroît d’activité en 2007 et 2008. Au cours de ces 2 années, nous avons recruté 2 000 personnes par an, contre 500 auparavant. Cette évolution correspondait aussi à la nécessité de renouveler une classe d’âge qui partait à la retraite. »

 

Mais en 2008, est arrivée la crise économique, avec les conséquences que l’on sait sur l’immobilier neuf et la capacité des ménages à financer des travaux. « Notre activité a connu un net ralentissement et nos besoins ont diminué. Nous n’avons recruté que 1 000 collaborateurs en 2009, et probablement un peu moins en 2010. Aujourd’hui, nous ne recrutons plus que pour combler les départs à la retraite », souligne Jean-Luc Detavernier.

 

Suite à la loi sur la mise en conformité des ascenseurs, la profession a créé, en partenariat avec l’Education nationale, une MC technicien ascensoriste. Ce diplôme se prépare en alternance, en un an après un bac pro électrotechnique, mécanique, ou maintenance des équipements industriels. En Ile-de-France, où la moitié des recrutements de techniciens ascensoristes sont effectués, 8 établissements proposent ce cursus.

 

Très appréciée des entreprises, cette formation n’est cependant plus la valeur refuge qu’elle a pu être il y a 3 ou 4 ans. Par conséquent, le contrat en alternance n’est plus systématiquement suivi d’une embauche.

 

« Les entreprises sont davantage qu’autrefois à la recherche des meilleurs éléments. Elles veulent des jeunes qui ont une vraie velléité pour ce métier. Pour être recruté, il faut avoir suivi de façon assidue la formation et être recommandé par le tuteur », prévient Jean-Luc Detavernier.

 

Pour autant, l’avenir de la profession n’est pas sombre. Si le secteur ne bénéficie pas aujourd’hui de la charge de travail espérée, les travaux de mise en conformité restent à faire. Les ascensoristes ont donc l’assurance d’être bien occupés dans les prochaines années. Pour ceux que cette profession tente, Jean-Luc Detavernier met en avant un autre atout qui garantit l’emploi dans le futur : « L’activité des ascensoristes ne pourra jamais être délocalisée. »

 

Patricia Holl

 

Jean-Luc Detavernier a été interrogé par téléphone le 5 novembre 2010.

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