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20/10/2010 à 17h00 - Les métiers des mathématiques

Vous adorez les stats, la géométrie dans l'espace et les maths en général ? Participez à ce chat pour découvrir tous les débouchés possibles !

Les invités

Véronique Slovacek-Chauveau - professeur de maths et vice-présidente de l'association Femmes et mathématiques

Marc Basselier - Gestionnaire de fonds et formateur au sein de la Société française des analystes financiers

Question :

Modérateur : un premier mot avant de répondre aux questions des internautes ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : Bonjour, je suis ravie d'être avec vous. Je suis professeur de mathématiques, très impliquée dans le milieu associatif. Nous sommes 2 à répondre et nous espérons vous satisfaire dans nos réponses.

Marc Basselier : Bonjour à tous, je suis très content de participer à ce chat qui est une première pour moi n'hésitez pas à poser toutes les questions que vous souhaitez et j'essaierai de répondre aussi précisément que possible à toutes vos demandes.

Question :

kika : Quels sont les métiers en lien avec les mathématiques ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : Les métiers vers lesquels on peut se diriger après des études de mathématiques sont très variés et de plus en plus nombreux. Le domaine des statistiques est très porteur d'emplois. Actuellement, un secteur se développe beaucoup, c'est celui des biomathématiques, par exemple pour le décryptage du génome humain. En biomathématiques, on utilise les maths pour modéliser. C'est un secteur très riche et très porteur.

Marc Basselier : Au niveau de la finance, comme ailleurs, la complexité des produits exige aujourd'hui des process qui font place à beaucoup de rigueur. Les mathématiques ont une place très importante dans beaucoup de métiers de la banque et de l'assurance. Les métiers concernent essentiellement la structuration de produit, l'analyse des marchés et la recherche fondamentale.

Véronique Slovacek-Chauveau : Quand on parle d'études de mathématiques, on pense aux métiers de professeur ou de chercheur, mais les débouchés sont beaucoup plus larges. On peut faire de la météorologie, de l'astronomie. Avec des outils d'aide à la décision, on cherche à optimiser. Il y a aussi tout le secteur des télécommunications, des images numériques ou encore la cryptologie pour sécuriser les échanges via Internet.

Question :

bijou : Gestionnaire de fonds, c'est le même métier que Jérôme Kerviel ? ;-)

Réponse :

Marc Basselier : Dans les métiers de marché, on distingue les gérants de portefeuilles ou d'OPCVM, qui investissent sur le long terme dans les différents actifs financiers, et les traders, qui jouent plutôt un rôle d'intermédiation ou de spéculation sur le court terme. Jérôme Kerviel était un trader pour le compte propre d'une banque, un gérant de fonds est un investisseur pour le compte d'un client externe. Néanmoins dans les deux métiers on fait appel à des méthodes relativement similaires, l'analyse et la modélisation mathématique.

Question :

dingdong : Quels sont les objectifs de votre association ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : L'association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP) fête ses 100 ans cette année. Parmi les objectifs de cette association : pouvoir réfléchir sur les contenus des programmes de mathématiques, réfléchir à la pédagogie liée aux mathématiques de l'école primaire à l'enseignement supérieur. C'est un lieu de rencontre et d'échanges très riche. Chaque année, les journées de l'APMEP ont lieu au début des vacances de la Toussaint dans une région différente. Pour le centenaire, elles auront lieu à Paris.

Question :

nouha : Pourquoi avoir choisi l'assurance après vos études ?

Réponse :

Marc Basselier : Je n'ai pas choisi l'assurance, j'ai choisi de suivre une filière dans laquelle je pouvais continuer à faire des mathématiques. A l'époque, l'assurance était un secteur qui répondait à ce souhait, ce qui est toujours vrai aujourd'hui.

Question :

matheux : En quoi se sert-on des maths dans la banque ou l'assurance ? Est-ce que tout n'est pas calculé par les machines ?

Réponse :

Marc Basselier : Les métiers sont effectivement très informatisés, et certaines stratégies d'investissement sont directement traitées par les machines. Néanmoins, les modèles utilisés par ces machines sont créés par des analystes quantitatifs qui mettent au point des modèles basés presque exclusivement sur de la modélisation mathématique. Les marchés financiers évoluent à très grande vitesse, et il est nécessaire de faire évoluer, d'optimiser en permanence ces modèles. Ce n'est pas parce que les machines exécutent les calculs qu'il n'y a pas de travail humain et intellectuel derrière.

Question :

dingdong : Cooptez-vous des femmes pour trouver 1 stage ou 1 job ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : L'association Femmes et mathématiques étudie la place des femmes dans le milieu mathématique et organise des rencontres de jeunes mathématiciennes avec des mathématiciennes confirmées. Ses adhérentes interviennent aussi dans les établissements scolaires pour montrer aux jeunes, filles et garçons, que les femmes peuvent faire des maths! Nous sommes parfois sollicitées pour trouver un stage pour une jeune faisant des études de maths. Ce n'est pas très fréquent, mais nous essayons d'y répondre.

Question :

salva : Bonjour, on dit souvent que les traders ont fait des maths. Vous en pensez quoi ?

Réponse :

Marc Basselier : Aujourd'hui, il est relativement difficile d'intégrer rapidement un poste de trader sans avoir une formation soutenue en mathématiques et en finance. Cela n'a pas toujours été le cas. Dans les années 80, les traders ne sortaient généralement pas des grandes écoles. On peut considérer que les exigences des banques sont aujourd'hui au-dessus des compétences requises, néanmoins compte tenu de la responsabilité que peut avoir un trader sur des résultats d'une banque, cela fait partie de la réalité du marché.

Question :

quantin : Pour faire une prépa, quelle moyenne en maths/sciences il faut avoir ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : On ne peut pas donner une moyenne à atteindre absolument dans toutes les disciplines scientifiques. Les prépas sont plus ou moins exigeantes, certaines se contentent de la moyenne. Ce qui est important, c'est le travail que l'élève est prêt à fournir et sa motivation.

Marc Basselier : Lorsqu'on arrive en prépa, il faut s'attendre à une chute drastique de sa moyenne en mathématiques ou en physique. Les notes ne sont pas forcément un bon indicateur pour savoir si un élève est capable ou non de réussir les concours préparés. Il s'agit effectivement beaucoup plus de motivation et la pression mise la première année est là pour s'assurer que c'est l'étudiant a choisi la bonne voie.

Véronique Slovacek-Chauveau : L'offre de classes prépa s'est développée ces dernières années. Elles ne font pas toutes le plein d'élèves. Il reste des places à la rentrée, ce qui explique que même un élève avec des notes autour de 10 ou 11 peut y accéder.

Question :

uuu : Quel est le principal débouché des études de mathématiques ? le professorat ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : 44 % des diplômés en mathématiques ont trouvé un emploi dans le secteur études et recherche et développement. 20 % vont en informatique.  Dans le secteur études et recherche et développement, la plupart se dirigent vers des études socio-économiques et statistiques. Contrairement aux idées reçues, l'enseignement n'est pas le principal débouché.

Question :

salva : Est-ce que les matheux sont les futurs ingénieurs informaticiens que tout le monde s'arrache dans les entreprises ?

Réponse :

Marc Basselier : Les mathématiques sont effectivement de plus en plus liées aux activités de l'informatique. Dans une société comme Amazone, où on encourage le double diplôme, la plupart des employés sont spécialisés en informatique et en statistiques. Dans les SS2I (sociétés de services informatique) les process utilisés font également de plus en plus appel à des modèles mathématiques. L'informatique étant intégrée aux métiers auxquels elle s'applique, son utilisation au sein de l'entreprise nécessite d'autres compétences, voire mathématiques.

Véronique Slovacek-Chauveau : Les statistiques jouent un rôle de plus en plus important. Pour le faire savoir, l'Unesco a déclaré la journée du 20 octobre 2010 "Journée Internationale de la Statistique".

Question :

damien : Il parait que les Français sont les meilleurs du monde en maths. Est-ce vrai ? et si oui pourquoi ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : On ne peut pas dire qu'on est les "meilleurs". On est "très bons", preuve en est sur quatre médailles Fields décernées cette année, deux étaient attribuées à des Français.

Marc Basselier : En France, nous avons une culture mathématique extrêmement forte dans notre enseignement. Les classes préparatoires en mathématique sont d'un niveau excellent sur le plan mondial, et il est vrai que c'est un des atouts du système scolaire français. Néanmoins, sur le plan universitaire, les anglos-saxons nous rattrapent souvent.

Véronique Slovacek-Chauveau : Mais la communauté mathématique s'inquiète de la baisse du niveau de connaissances au lycée. En effet, le nombre d'heures de maths dont a bénéficié un lycéen en terminale S, même spécialité maths, tend à baisser. Du coup, les étudiants se sentent moins compétents pour affronter l'enseignement supérieur et beaucoup se détournent des filières scientifiques.

Question :

blaisepascal : Est-ce qu'il faut faire beaucoup de stages ?

Réponse :

Marc Basselier : Dans le contexte de marché actuel, il faut faire de plus en plus de stages. Aujourd'hui dans les marchés financiers l'embauche directe d'un jeune sans stage préalable reste exceptionnelle. Le stage permet de s'assurer que le collaborateur, au-delà de ses compétences, techniques, répond aux exigences relationnelles et comportementales de l'entreprise d'accueil.

Question :

Philippe Borel : Sentez-vous un nouvel intérêt particulier des élèves pour les mathématiques ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : On trouve toujours des lycéens ou des lycéennes qui s'intéressent aux mathématiques. Pour un prof, c'est très important et intéressant. Mais je ne crois pas qu'il y ait un regain d'intérêt pour les mathématiques. Bien au contraire (voir réponse précédente sur la baisse des connaissances).

Question :

blaisepascal : C'est quoi les qualités qu'on cherche dans ce secteur ?

Réponse :

Marc Basselier : On recherche la rigueur avant tout. Au-delà, on recherche la motivation et l'implication et le dynamisme. Et pour ceux qui ne le savent pas encore, une bonne dose d'anglais.

Question :

sevan : Pourquoi les filles n'aiment pas les maths ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : Une idée reçue encore très partagée est que les filles n'aimeraient pas les mathématiques. C'est un préjugé. Les filles sont tout aussi capables que les garçons de s'intéresser aux maths et d'aimer en faire. Actuellement il y a 46 % de filles en terminale S. Mais après le bac, elles sont moins nombreuses à choisir les filières scientifiques, mis à part la médecine.

Marc Basselier : Mon professeur de mathématiques lorsque j'étais en Math Spé, Major de sa promotion à Ulm, était une femme.

Véronique Slovacek-Chauveau : C'est que notre société leur répète à dose homéopathique mais quasi journalière qu'elles sont moins compétentes en mathématiques que les garçons et que ce n'est pas fait pour elles.

Marc Basselier : Dans les milieux financiers, il est vrai qu'on déplore encore une majorité d'hommes. Cependant la tendance à la féminisation du métier est réelle, même si elle ne réalise pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient. Il n'y a aucune difficulté pour une femme de réussir en mathématiques autre que cette idée reçue.

Véronique Slovacek-Chauveau : Les psycho-sociologues parlent de la "menace du stéréotype" (voir étude de Pascal Huguet et d'autres). Si on est exceptionnellement forte, on fonce et on ne se pose pas de questions. Par contre, quand on a des doutes, les préjugés jouent un rôle négatif sur la réussite des filles.

Question :

khaled : Avez-vous toujours aimé les maths ? depuis l'école ?

Réponse :

Marc Basselier : Khaled, à l'école je n'aimais que les mathématiques. Depuis, j'ai découvert beaucoup d'autres choses, mais mon penchant pour les maths jusqu'à aujourd'hui est resté le même...

Véronique Slovacek-Chauveau : Oui, j'ai toujours aimé les mathématiques. C'était un refuge face à la complication du monde des adultes. Au moins en maths, j'avais l'impression que les choses étaient toujours soit vraies, soit fausses et c'était très rassurant.

Question :

geborth : Dans la crise financière qu'est-ce qui a failli les modèles mathématiques supposés infaillibles ? Ceux qui les enseignent ? Les professionnels qui les utilisent ? Autres ?

Réponse :

Marc Basselier : Excellente question. A mon avis, c'est la mauvaise utilisation de modèles à la base imparfaits. Tout modèle mathématique appliqué à la vie réelle est imparfait. Il ne faut pas perdre de vue les imperfections d'un modèle. Lorsque c'est le cas à tous les niveaux d'un secteur d'activité, cela peut aboutir à des crises aussi importantes que celle de 2008. On continuera à utiliser ces modèles. Compte tenu de la complexité des métiers aujourd'hui il est impensable de faire autrement.

Question :

Ciel : Bonjour, je suis actuellement en 3eme année d'économétrie de Lyon 2 et je souhaiterais intégrer l'ENSAE ou l'ISFA afin de me spécialiser dans l'actuariat, est-ce possible d'intégrer l'une ou l'autre de ces écoles avec ce genre de formation ? si c'est possible en quelle année puis-je intégrer l'une ou l'autre de ces écoles après l'obtention de ma licence économétrie ? merci.

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : Je n'ai pas la réponse. Mais vous pouvez chercher cette information sur le site de la SFdS (Société française de statistiques) dans la rubrique Formation, Métiers. Vous y trouverez des liens vers toutes ces grandes écoles de statistiques. Ce qui me plait dans mon métier, c'est le contact avec les élèves, l'échange humain et le plaisir de transmettre.

Question :

caro : Qu'est-ce qui vous plait à chacun dans votre métier, et ce qui vous plait moins ?

Réponse :

Véronique Slovacek-Chauveau : (Voir ci-dessus) Ce que j'aime moins, c'est les copies à corriger. Mais en même temps, je sais que c'est important pour leur suivi.

Marc Basselier : Ce qui me plaît dans mon métier, c'est qu'il y a quelque chose de nouveau tous les jours. On suit les problématiques économiques mondiales, la matière première est donc extrêmement riche. Le milieu financier et de manière plus générale la vie dans les entreprises aujourd'hui sont des environnements extrêmement difficiles, stressants, toujours exigeants mais parfois pas à la hauteur de ces exigences.

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