Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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  • Les métiers de demain en Ile-de-France

14/02/2007 à 17h00 - Les métiers de demain en Ile-de-France

Région vectrice d’emplois, l'Ile-de-France est particulièrement ouverte aux professionnels de la communication, de l'informatique, de la recherche, du tourisme, des transports et du commerce. A travers les échanges qui ont eu lieu entre les internautes et nos deux invités, découvrez tous les métiers porteurs du territoire francilien et les perspectives d’emploi à l’horizon 2015.

Les invités

Frédéric Lainé - Chargé d'études au sein de l'OREF Ile-de-France

George Asseraf - Président de la commission nationale de la certification professionnelle

Question :

Spidy : Que faites-vous dans votre travail ?

Réponse :

Frédéric Lainé : Je suis statisticien chargé d'études. Je suis chargé d'étudier la relation formation / emploi en Ile-de-France, l'insertion des jeunes, et l'évolution de l'emploi dans les métiers, en Ile-de-France. Il est important de s'appuyer sur des chiffres pour ne pas travailler que sur des données qualitatives ou des présupposés. Les chiffres sont des données objectives, qui servent d'appui à la décision. Je suis en détachement au sein de l'OREF Ile-de-France, un organisme qui dépend à la fois de la région et de l'Etat. George Asseraf : J'ai 3 fonctions qui se chevauchent et se complètent : inspecteur général de l'administration, de l'Education nationale et de la recherche, donc j'inspecte des établissements et je travaille sur des thèmes particuliers comme, par exemple, la lisibilité des diplômes de l'enseignement supérieur. Je suis également Président de la Commission nationale de la certification professionnelle, commission qui élabore le répertoire national des certifications professionnelles. Et enfin, je suis Président du Comité d'orientation du groupe "Prospectives des métiers et des qualifications" (PMQ) au Centre d'analyse stratégique, qui a succédé à l'ancien Commissariat général au Plan.

Question :

Priscille : Selon vous, quels sont les métiers en essoufflement dans les années à venir et ceux qui seront le plus porteurs ?

Réponse :

George Asseraf : Ce qui risque de disparaître : les emplois non qualifiés, notamment dans le champ industriel (métallurgie, automobile...). Les métiers les plus porteurs : dans l'informatique, dans le secteur tertiaire avec une polarisation, c'est-à-dire le développement d'emplois très qualifiés et d'emplois peu qualifiés, notamment dans les services à la personne. D'une manière générale, les besoins sont ceux d'emplois très qualifiés notamment parce qu'il faut remplacer les départs en retraite de plus en plus nombreux avec ce que l'on appelle le "papy boom" (nés après 1945) et pourvoir aux créations d'emplois qui sont liées au développement de certains secteurs. Par exemple logistique, tourisme, informatique, Rercherche et développement.

Question :

Mehdi : Est-ce qu'il y a plus de chômage en Ile-de-France qu'ailleurs en France ?

Réponse :

Frédéric Lainé : Le taux de chômage est un peu plus faible en Ile-de-France que dans les autres régions. Mais au début des années 1990, ce taux était vraiment inférieur : la situation se resserre donc. Le ralentissement économique des années 2000-2003 a fortement touché la région ; le taux de chômage des cadres a ainsi progressé depuis ces années là.

Question :

Toutouyoutou : Les filières littéraires ont-elles un avenir ? Vers quel genre de métier peuvent-elles amener, à part devenir prof ?

Réponse :

George Asseraf : Ces filières auront de l'avenir si les modes de recrutement des entreprises changent, notamment si elles prennent en compte les compétences acquises au cours des études littéraires pour les utiliser par exemple dans le champ des ressources humaines, mais aussi dans d'autres domaines comme ceux de la médiation qui sont appelés à se développer.

Question :

Greg : On dit que l'informatique va beaucoup recruter, mais plutôt sur quels types de postes ?

Réponse :

Frédéric Lainé : On pense qu'il va effectivement y avoir une augmentation de la demande en informatique, même si le rythme devrait être moindre que celui qu'on a connu dans les années 1990. Les besoins des entreprises sont plus orientés vers des profils de techniciens (maintenance, réseau...) plutôt que de cadres. Les recrutements se tournent plus vers la maintenance que le développement. Mais il reste des éléments d'incertitude, par exemple, à propos de l'ampleur des délocalisations que nous connaîtrons dans ce domaine.

Question :

San : Vos missions débouchent-elles sur la création de diplômes de nouveaux métiers ?

Réponse :

George Asseraf : Oui, selon les cas. Et si ça ne débouche pas directement, j'y contribue. Un des exemples que je peux donner concerne un métier de l'hôtellerie et du tourisme qui, s'il n'est pas nouveau en soi, constitue pour autant une innovation puisque le diplôme est construit en commun avec d'autres pays européens.

Question :

Ollivier : Quelles sont les entreprises qui recruteront les informaticiens de demain (type, profil). Car l'informatique est un vaste milieu.

Réponse :

Frédéric Lainé : Il n'y a pas que les grandes entreprises : les PME sont elles aussi amenées à embaucher dans l'informatique. On sait qu'un informaticien ne fait pas toute sa carrière dans la même entreprise : on peut commencer dans une SSII, et évoluer ensuite dans une entreprise traditionnelle. Quant aux métiers, on peut préciser qu'il y a des métiers qui ne requièrent pas que des compétences techniques, comme webmaster par exemple. Enfin, les informaticiens peuvent évoluer vers des postes comme technico-commerciaux ou chargé de clientèle : il n'y a pas qu'un profil d'informaticien, et son insertion dans l'entreprise peut être très différente.

Question :

Opale : Le métier d'infirmière sera t-il beaucoup "demandé" lors des prochaines années ?

Réponse :

George Asseraf : Oui, absolument. On manque déjà d'infirmières. Et les métiers de la santé en général. On a des difficultés à recruter aujourd'hui des aides-soignantes par exemple. Il ya aussi des métiers de la santé qui sont appelés à se développer dans les domaines de l'aide sociale et sanitaire, en raison du vieillissement de la population (on vit plus vieux et il y a plus de personnes qui vieillissent).

Question :

Aztec : En 1re S, tout le monde me parle de maths sup/maths spé, mais ça mène à quelles écoles et quels métiers, concrètement ?

Réponse :

George Asseraf : C'est un cycle de préparation à des concours qui permettent d'entrer dans des grandes écoles, qu'il s'agisse de grandes écoles (de type polytechnique, Centrale) et d'écoles d'ingénieurs. Frédéric Lainé : Il y a bien sûr les métiers d'enseignants : il y aura de forts besoins dans ce domaine, à cause de départs à la retraite massifs des enseignants. Vos études peuvent être liées à une formation complémentaire, comme dans l'informatique, où les besoins seront importants. Pourquoi pas statisticien ? George Asseraf : Les fonctions exercées au plus haut niveau de l'entreprise sont très souvent celles d'encadrement, d'expertise, de Recherche et développement. Frédéric Lainé : Les concours de la fonction publique ont souvent des épreuves de maths importantes : Insee, Trésor public... Ce sont des métiers qui vont continuer à recruter dans les années à venir.

Question :

Une maman du sud ouest : Et que pensez-vous des métiers dans le bâtiment ?

Réponse :

George Asseraf : Ce sont des métiers "en tension" c'est-à-dire des métiers qui sont difficiles à pourvoir. On ne trouve pas des qualifications nécessaires, à presque tous les niveaux d'activité. Ce sont des métiers qui ont sans doute encore une image négative alors que des conditions de travail, bien que difficiles, se sont fortement améliorées.

Question :

Louloute : Facile de trouver un poste de statisticien ?

Réponse :

Frédéric Lainé : Il y a deux voies de recrutement : dans le public, avec l'Insee, les agences d'urbanisme, les observatoires régionaux de l'emploi, la direction des services statistiques des ministères. Ou dans le privé : essentiellement dans les banques, les assurances, les instituts de sondage. Egalement dans la biologie, avec la biostatistique. Statisticien fait partie des métiers en développement, souvent à la charnière de plusieurs domaines : informatique, économie...

Question :

Warda : Qu'est-ce que la R et D ?

Réponse :

George Asseraf : C'est un domaine qui concerne la recherche et le développement. Par exemple, il permet de trouver de nouveaux matériaux, de nouveaux alliages, de nouveaux moyens, de les produire et les développer pour améliorer la productivité dans les entreprises. C'est par exemple les chercheurs en recherche et développement qui ont développé le téléphone portable et toutes ses fonctionnalités... alors que ça n'existait pas il y a encore quelques années ! C'est encore les améliorations sur les voitures qui sortent aujourd'hui et dans lesquelles on multiplie des sources de sécurité (airbag, électronique...).

Question :

Miki : Que pensez-vous du secteur du tourisme, on pourrait penser que celui-ci est en déclin ?

Réponse :

Frédéric Lainé : Non, c'est un secteur en expansion, surtout en Ile-de-France. Par contre, la qualité de l'insertion professionnelle est parfois délicate : dans les métiers du tourisme, on vit souvent une certaine forme de précarité. Les jeunes embauchés sont parfois déclassés : avec un BTS, on peut se retrouver hôtesse d'accueil. Derrière le terme ''tourisme'', il existe une très grande diversité de métiers, depuis les interprètes jusqu'à l'accueil, en passant par l'hôtellerie.

Question :

Biosciences : Malheureusement, il est très difficile pour un jeune diplômé d'une grande école d'accéder au domaine R et D, comment voyez-vous dans les années à venir, le recrutement d'ingénieurs et de docteurs en sciences ?

Réponse :

George Asseraf : Il y a beaucoup d'entreprises qui développent cette dimension de recherche et développement car c'est une façon pour elles de rechercher à innover en permanence et donc de faire face à la concurrence nationale et mondiale. Pouvez-vous préciser votre domaine de spécialité ?

Question :

Biosciences : Sciences de la Vie, Biotechnologies.

Réponse :

George Asseraf : C'est un domaine nouveau. Il y a sans doute 2 façons d'y accéder : l'une en cherchant à entrer dans un laboratoire de type CNRS par exemple, l'autre est de viser de grandes entreprises, par exemple dans les domaines alimentaires, de l'environnement, pharmaceutique qui développent de gros travaux de recherche.

Question :

Bond: Quelle est la particularité de l'Ile-de-France en matière de compétences recherchées ?

Réponse :

Frédéric Lainé : C'est une région très ouverte sur l'international. Des compétences dans la maîtrise des langues sont recherchées. C'est également une région à fort potentiel technologique, ce qui nécessite de la part de ses habitants la maîtrise des technologies de l'information et de la communication. Enfin, c'est une région où les fonctions commerciales et marketing sont développées. On a besoin de personnes ayant des compétences dans les domaines relationnel/commercial.

Question :

Ecina : Qu'en est-il du métier d'infographiste ?

Réponse :

Frédéric Lainé : Cela fait partie des métiers qui continueront à être recherchés. L'une des particularités de l'Ile-de-France, c'est d'avoir un grand nombre d'entreprises dans la communication : le métier d'infographiste sera toujours recherché. Attention cependant, il peut y avoir un risque de chômage dans ce métier.

Question :

Miki : Les métiers de la distribution ne sont pas mis en évidence. Pensez-vous que ce secteur prendra de l'importance dans les 15 prochaines années ?

Réponse :

George Asseraf : Les métiers de la distribution ne sont pas en voie de disparition ! On est plutôt dans des emplois de commerce comme caissiers, cadres commerciaux ou représentants.

Question :

Toniok : Et en ce qui concerne les postes d'ingénieur chimiste ?

Réponse :

George Asseraf : Le problème est que la chimie est un secteur en difficulté. On peut s'interroger sur ses perspectives d'avenir et sur les possibilités d'insertion des chimistes. Il reste que la dimension "recherche" dans la chimie maintiendra encore des emplois très qualifiés.

Question :

Hélène : On entend beaucoup dire que les services à la personne vont beaucoup recruter, mais ce sont surtout des emplois à temps partiel, peu qualifiés... Merci pour les perspectives ! Femme de ménage à vie, génial...

Réponse :

Frédéric Lainé : Effectivement, on prévoit beaucoup de perspectives de recrutement dans ce secteur d'ici 2015. Pour l'instant, ce sont, en effet, souvent des emplois à temps partiel et peu rémunérés. Un des objectifs des politiques publiques actuellement est de professionnaliser ces métiers et d'établir des carrières professionnelles. Le métier d'aide à domicile, par exemple, auprès des personnes âgées, requiert de nombreuses compétences : relationnel, santé... et pas seulement de savoir faire le ménage !
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