Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

15/03/2006 à 17h00 - Les métiers du journalisme

Le métier de journaliste recouvre des réalités professionnelles variées. Pour connaître les différentes façons d'exercer et les spécialités qui recrutent, et découvrir les formations les plus adaptées, retrouvez les échanges qui ont eu lieu entre les internautes et nos deux invités.

Les invités

Fabrice Jouhaud - Directeur du CFJ

Julien Brun - Journaliste télé et radio

Question :

Ataki : Bonjour, je vais finir mes études et je me pose plein de questions quant à mon avenir. J'ai toujours été passionnée par le métier de journaliste car l'aventure et le voyage m'attirent. Mes questions : est-il difficile de devenir un journaliste renommé ? Comment cette vocation vous est-elle venue ? Adolescent , pensiez-vous devenir journaliste ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Devenir journaliste renommé, ce n'est pas un but en soi. Qu'avez-vous fait comme études ? Julien Brun : Pour ce qui est de la vocation, j'ai eu la chance de savoir très tôt ce que je voulais faire. Adolescent, j'avais déjà envie de devenir journaliste et j'ai suivi un cursus classique : économie, journalisme... J'ai eu également la chance de suivre des stages en télévision, et j'ai su que je voulais suivre cette voie. Fabrice Jouhaud : Cela m'est venu avec la pratique. Quand j'ai découvert le métier comme correspondant local à Paris Normandie, à l'âge de 20 ans.

Question :

David : Quel est le niveau d'études pour être journaliste et quel est le bac idéal ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Il n'y a pas de bac idéal. Le niveau d'étude pour intégrer une école est en général bac + 2 au minimum. Julien Brun : Il faut aussi savoir qu'il n'existe pas de cursus parfait, et que pour devenir journaliste, il n'est pas indispensable de faire d'école de journalisme. C'est incontestablement un plus, mais en aucun cas une obligation. Ceci étant dit, les journalistes ayant des parcours "atypiques" sont de plus en plus rares et le fait de sortir d'une école de journalisme aide beaucoup, notamment pour trouver des stages dans des entreprises de presse. Fabrice Jouhaud : Au CFJ, nous avons en majorité des étudiants qui ont fait de l'histoire, des IEP (Sciences-Po), que ce soit à Paris ou en province, des étudiants en droit, en économie, en lettres... Mais aussi des gens qui ont suivi HEC ou des cursus scientifiques. C'est très varié. Nous avons aussi des gens qui n'ont pas le bac.

Question :

Claire : Je suis en seconde et rêve de devenir journalste, quelle orientation conseillez-vous ? Je suis plutôt bonne dans toutes les matières, et compte suivre un bac S bien que toutes les séries me soient ouvertes. J'avais pensé ensuite intégrer Sciences Po puis une école de journalisme... Qu'en pensez-vous ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Ce n'est pas une mauvaise idée. En plus, tu peux multiplier les expériences, en radio locale, en presse locale, cela te sera utile.

Question :

Marine G. 59 : J'ai dit à mes parents que je voulais devenir journaliste, ils m'ont dit de m'entraîner à faire un journal du quartier, des interviews, etc. Mais comment je peux apprendre ? Quelles sont les formations à suivre pour devenir journaliste, et est-ce qu'il faut être bon en maths ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : C'est une très bonne idée de la part de tes parents ! Julien Brun : Moi aussi, j'ai eu envie de faire des journaux lorsque j'étais au lycée. J'ai pu ainsi commencer à ''travailler'' dès mon adolescence. Pour ce qui est des débuts, tes parents ont raison, c'est sur le terrain que tu pourras appréhender le mieux le métier. Pour ce qui concerne les maths, je te rassure (ou pas), ce n'est pas un élément déterminant dans ce métier, à moins de se spécialiser ensuite dans le journalisme scientifique. Fabrice Jouhaud : Il existe 12 écoles reconnues en France. Une école reconnue par la Convention collective des journalistes permet à ses diplômés d'être considérés, dès leur sortie du cursus, comme des journalistes à part entière, et donc d'être rémunérés comme tels. Beaucoup de formations non reconnues et souvent très chères sont des pièges, puisqu'après 3 ans d'études, les diplômés ne sont pas pris en compte par les entreprises de presse et sont souvent contraints à multiplier les stages gratuits ou à tenter les concours des écoles reconnues.

Question :

Louffi : J'aimerais devenir journaliste sportif, quelles sont les particularités de cette branche ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Il n'y en a pas en particulier. Il faut bien sûr connaître le sport, tout comme un journaliste politique connaît la politique.

Question :

Thouraya : Je suis en 4e et je voulais savoir s'il y a des stages pour les moins de 16 ans pour devenir journaliste ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Oui, le stage dit ''de 3e'' d'une semaine, en observation.

Question :

Laetitia : Comment commencer à faire des piges ?

Réponse :

Julien Brun : La première chose à faire, c'est de prendre contact avec les rédactions qui peuvent exister dans ta région. Ensuite, et sans doute plus important, il faut proposer des sujets à ces rédactions, afin qu'elles aient envie de travailler avec toi.

Question :

Welshfroggy : Bonjour, je suis en passe d'être diplômée de Sciences Po Grenoble et je compte faire une préparation pour tenter les concours des écoles de journalisme l'année prochaine. Mis à part la prépa en master, que me conseillez-vous ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Même si dans ton entourage universitaire on t'encourage à faire cette année de préparation, un diplôme de Sciences-Po Grenoble est déjà bien suffisant pour tenter les concours. Rien ne dit que tu ne les auras pas dès cette année. Et surtout, il ne faut pas se fier aux réglements qui disent que les concours ne peuvent être passés que deux fois : c'est à ça que servent les dérogations !

Question :

Maya : Sur quels critères les étudiants sont-ils admis à l'IUT de Bordeaux et au CFJ ? En quoi consiste le concours d'entrée ? Comment s'y préparer ? Russ : En quoi consistent les concours d'entrée dans les écoles, et comment les réussir ? Peut-on s'y préparer ?

Réponse :

Julien Brun : Pour ce qui est de Bordeaux, les choses ont changé cette année. On pouvait passer le concours dès le bac jusqu'ici. Ce n'est plus le cas. L'IUT a d'ailleurs changé de nom et l'épreuve sera ouverte à minimum bac + 2. Je ne suis donc pas vraiment capable de dire exactement à quoi ressemble le concours de Bordeaux aujourd'hui (je suis sorti de cette école il y a maintenant huit ans). Fabrice Jouhaud : Pour le CFJ, une session d'épreuves écrites avec un questionnaire d'actualité portant sur les 6 derniers mois, 120 questions à peu près, une épreuve de français, une d'anglais, une épreuve de synthèse de dossier, une épreuve de sujet d'actualité (un sujet au choix parmi 6 propositions qui portent sur la politique, le sport, l'économie, etc.). Il y a également un court questionnaire de culture générale, puis des oraux avec notamment l'épreuve d'enquête et de reportage (tirage au sort d'un sujet le matin, rédaction d'un article le soir entre 20 h et 22 h).

Question :

c : J'ai vu sur le net que 20 % des journalistes seulement avaient fait une formation de journaliste. Quelles sont les autres possibilités ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : C'est sans doute vrai, si on prend en compte les statistiques générales sur les 36.000 cartes de presse actuellement délivrées. Cependant, depuis quelques années, les choses évoluent : il devient quasi indispensable d'être passé par une école sauf dans les médias spécialisés, professionnels et d'entreprise. Julien Brun : La meilleure voie si l'on ne passe pas par une école, c'est de toute façon de ''mettre les mains dans le cambouis'' et de commencer à travailler directement, même à un petit niveau.

Question :

Delphinx : Les débouchés sont-ils surtout à Paris ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Non. Surtout avec le développement des télés locales. De plus, la PQR a une population active vieillissante : beaucoup de journalistes vont partir à la retraite dans les 5 ans à venir (la PQR, c'est la presse quotidienne régionale, avec des journaux comme Ouest-France, l'Est Républicain, le Courrier Picard, la Nouvelle République). Julien Brun : Il faut seulement savoir que toutes les rédactions nationales sont à Paris. Mais en aucun cas, il ne faut penser que Paris est la seule ville dans laquelle on peut pratiquer ce métier.

Question :

Farid : De nos jours, un journaliste peut-il vraiment exercer sa fonction librement ? Et parler des sujets qu'ils souhaitent ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Oui, le journaliste peut proposer ce qu'il veut. Par contre, il n'est pas garanti que sa hiérarchie accepte tout ce qu'il propose. Julien Brun : Pour la première question : oui, dans la majorité des cas. Ceci dit, il est vrai qu'une entreprise de presse est aussi soumise à certaines pressions parfois et que des tensions peuvent exister entre les différentes entités qui la composent.

Question :

Maya : Faites-vous des stats sur les diplômés du CFJ ? Trouvent-ils tous du travail et dans quel délai ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Oui, nous réalisons des statistiques sur les diplômés. Nous garantissons à 100 % de nos diplômés un CDD d'au moins 2 mois à leur sortie de l'école. Au niveau statistiques de placement, sur les 49 diplômés sortis en juin 2005, 24 se sont orientés vers la presse écrite, 17 vers la télévision, et 8 vers la radio. Aujourd'hui, une quinzaine sont en CDI (Métro, agence Dow Jones, Auto-Plus, 20 minutes, BFM TV... ), une quinzaine sont en CDD (Capital, VSD, RFI, Europe 1, France 2, France 3, l'Equipe, Libé, Le Monde...), les autres sont pigistes permanents pour une douzaine d'entre eux (revenus mensuels entre 1.200 et 3.000 euros). Au final, aucun d'entre eux n'est sans travail.

Question :

Moufti : Le journaliste est un témoin, mais doit-il être impartial comme l'avocat ?

Réponse :

Julien Brun : Cela dépend du média pour lequel le journaliste travaille. L'impartialité est certainement souhaitable de manière générale, mais la presse d'opinion existe également. Et heureusement. L'important, c'est surtout l'honnêteté intellectuelle. Pour ce qui est de la comparaison avec l'avocat et sa supposée impartialité, je ne suis pas sûr d'y souscrire nécessairement.

Question :

kéké33 : Quel est le salaire d'un journaliste ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : De 1.000 à 50 000 euros ! La moyenne est de 2 600 euros brut. Julien Brun : C'est évidemment fonction de l'entreprise de presse pour laquelle on travaille. Il ne faut pas penser qu'on va faire fortune, mais il faut aussi se dire qu'on pourra généralement vivre correctement de ce métier au bout de quelques années.

Question :

Laure : Bonjour ! Je voudrais savoir plusieurs choses sur le journaliste : en quoi consiste ce métier ? Que fait-on ? Dans quelles conditions matérielles ? Dans quels lieux ?

Réponse :

Julien Brun : Malheureusement, ma réponse ne sera pas très complète, car il est extrêmement difficile de décrire ce métier. On peut être journaliste en étant reporter de guerre en Irak, présentateur de journaux radio, correspondant de presse, commentateur de foot, etc. Le métier que tu feras, si tu deviens journaliste, sera celui que tu te seras choisi, en fonction des opportunités qui te seront offertes ou que tu sauras trouver. Fabrice Jouhaud : Il n'y a pas un métier, mais plusieurs. On peut travailler pour un site internet à partir de dépêches d'agence et ne pas bouger du bureau ; on peut être aussi reporter détaché à l'international et passer la moitié de son temps à l'étranger.

Question :

Maya : Quelles sont les perspectives d'évolution dans ce métier ? Et y a-t-il une véritable place pour les femmes ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Oui, il y a une vraie place pour les femmes dans ce métier. Elles sont d'ailleurs de plus en plus nombreuses, même si on constate qu'au niveau des postes à responsabilité, elles sont souvent moins nombreuses. Les perspectives d'évolution sont réelles, mais cela signifie souvent moins écrire ou moins partir en reportage.

Question :

Gunji : Quelles sont, à votre avis, les qualités nécessaires pour être un bon journaliste ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Il faut être humble, curieux, débrouillard, malin, ne pas avoir peur d'exprimer des idées même si on sait qu'elles sont ''stupides'', et surtout savoir s'adapter.

Question :

Lucien : Depuis 5 ans il y a une multiplication des affaires autour de la presse : ''Les soldats du CFJ'', Le Monde, le journal de Pujadas, Outreau... Ces dérives font-elle du mal au métiers de journaliste ?

Réponse :

Julien Brun : Incontestablement, elles font du tort à la profession d'un point de vue public, car elles décrédibilisent partiellement la fonction de journaliste. Mais c'est, je pense, un mal pour un bien, car elles amènent les journalistes, parfois, à réfléchir un peu plus et mieux à leur métier. Fabrice Jouhaud : A mon sens, ces affaires font du bien car elles obligent les journalistes à remettre en cause leur omniscience. Concernant le livre sur le CFJ, qui m'a beaucoup fait rire à sa sortie, je me suis appuyé sur certaines critiques justifiées pour faire évoluer la scolarité. Je pense sincèrement qu'aujourd'hui François Ruffin ne pourrait plus écrire ce genre de bouquin. Julien Brun : Il ne faut pas se cacher derrière sa carte de presse. Il y a incontestablement des choses à changer dans la manière dont on procède pour travailler.

Question :

Laetitia : Comment se fait le travail en agence de presse ?

Réponse :

Fabrice Jouhaud : Dans une agence de presse, l'information vient tout le temps du terrain. Elle est recoupée systématiquement par un relecteur qui valide l'ensemble du texte. L'article est ensuite diffusé à tous les abonnés.
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