Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

19/10/2005 à 17h00 - Les métiers de l'assurance

Malgré la crise, le secteur de l’assurance continue à recruter de façon importante. Pour connaître les formations les plus adaptées, les profils recherchés et les perspectives d'emploi à moyen terme, retrouvez les échanges qui ont eu lieu entre les internautes et nos deux invités.

Les invités

Frédéric Danneker - Responsable du recrutement pour le Groupe Azur-GMF

Norbert Girard - Chargé de mission à l'Observatoire des métiers de l'assurance

Question :

Tav75 : Votre Observatoire, il sert à quoi ?

Réponse :

Norbert Girard : Bonjour. L'Observatoire est un outil de prospective, qui sert à éclairer l'ensemble des acteurs de l'assurance (directions générales, DRH, organisations syndicales, salariés, étudiants...) sur les métiers de l'assurance en général, l'évolution des profils de compétences nécessaires, les formations pour travailler dans ce secteur. C'est pourquoi nous publions régulièrement des données statistiques et des analyses à caractère socio-démographique. Le tout est consultable et téléchargeable gratuitement à partir de notre site Internet www.metiers-assurance.org

Question :

Kamila : A quel poste débute un étudiant venant juste d'avoir son BTS assurance ?

Réponse :

Norbert Girard : A la base. Frédéric Danneker : Conseiller en assurance, mais essentiellement à des postes de gestionnaires sinistres. Norbert Girard : Avec un BTS commercial, c'est 4 fois sur 5 dans un métier commercial, et avec un BTS assurance, c'est 2 fois sur 3 dans un métier de gestionnaire contrat.

Question :

Quentin : Quelles qualités faut-il pour être un bon assureur ?

Réponse :

Norbert Girard : Les savoir-être ou les compétences comportementales sont de plus en plus recherchées, en plus des savoirs et savoir-faire traditionnels. Par exemple, en indemnisation, il ne suffit pas de connaître les règles juridiques pour appliquer le contrat, il faut aussi tenir compte de l'environnement dans lequel se trouve l'assuré, et prendre en compte une dimension "affective". Frédéric Danneker : Le sens du service client est au coeur du métier d'assureur. Il fait la différence, au-delà des compétences techniques. Un exemple : pour la fonction commerciale, l'assureur est dans une démarche de conseil qui suppose au préalable de bien écouter le client et donc de faire du sur-mesure.

Question :

Mickael : Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier ? N'est-ce pas parfois ennuyeux ?Pierre : L'assurance, comme ça, ça ne fait pas rêver... Comment vous avez eu envie d'y entrer ?

Réponse :

Norbert Girard : Pour parler franc, c'est vrai que l'assurance a souvent une image poussiéreuse, et on y arrive en général par hasard (sauf atavisme familial). En réalité, l'assurance vit depuis quelques années une révolution historique de ses métiers et de la manière d'organiser l'activité. Frédéric Danneker : Ce qui me plaît, c'est justement de devoir s'adapter à des besoins et à des comportements clients qui évoluent. Aujourd'hui, le client d'un assureur est plus exigeant, compare davantage les prix et les services... C'est donc loin d'être un métier routinier. Norbert Girard : Moi j'y suis venu par hasard, et j'ai découvert un monde de services, avec le véritable sentiment d'une utilité sociale... De plus, le secteur offre une variété de métiers, de possibilités d'évolution, de formations continues... En fait, pour s'ennuyer dans l'assurance, il faut vraiment le vouloir ! Frédéric Danneker : Ce qui m'a intéressé et m'intéresse encore dans la démarche d'un assureur, c'est qu'il ne fait pas du "one shot" mais qu'il a vocation à inscrire sa relation dans la durée avec son client.

Question :

Anaïs : Combien d'employés représente le secteur en France ?

Réponse :

Norbert Girard : Le secteur compte environ 240 000 personnes, si on inclut les intermédiaires (agents généraux, courtiers) et des fonctions support telles que l'expertise. Si on ne compte que les salariés des sociétés d'assurance, ils sont environ 140 000.

Question :

Dring : Le secteur de l'assurance propose-t-il actuellement beaucoup d'emplois ?

Réponse :

Norbert Girard : Oui ! Comme beaucoup d'autres professions, le secteur va être particulièrement marqué par les départs du papy boom. Dans les 10 prochaines années, un salarié sur trois partira à la retraite, soit environ 40 000 personnes dont 42 % de cadres. Même si tous les départs ne seront pas remplacés, cela va créer un appel d'air important et des possibilités d'évolution interne.

Question :

Teddy : Frédéric, racontez-nous une de vos journées type ?

Réponse :

Frédéric Danneker : Je travaille en RH, c'est-à-dire que je suis amené fréquemment à recruter en externe comme en interne, aussi bien des commerciaux que des gestionnaires de contrats ou des managers. De plus en plus, dans nos recrutements, nous proposons à nos candidats, au-delà des entretiens, des mises en situation qui leur permettent de démontrer ce qu'ils peuvent faire et ce qu'ils sont. Cela nous permet de nous éloigner un peu des CV...

Question :

meline77 : Y a-t-il beaucoup de femmes dans l'assurance ?

Réponse :

Norbert Girard : Oui. Aujourd'hui, elles représentent plus de 56 % des effectifs. De plus, 40 % des cadres sont des femmes, ce qui est largement supérieur aux autres branches professionnelles, où la moyenne se situe à 27 %. Il s'agit là d'une tendance lourde d'évolution. Je peux même préciser qu'il n'y a pas de discrimination sexiste à l'embauche. Frédéric Danneker : A ma connaissance, le secteur est très féminisé. Au sein d'Azur GMF, il y a plus de 70 % de femmes dans nos effectifs. Je suis donc très bien entouré ! Norbert Girard : Pour plus de précisions, je vous invite à consulter sur le site de l'Observatoire l'étude que nous avons publiée en décembre 2004 sur la place des femmes dans l'assurance, et d'ici quelques jours, une autre étude complémentaire sur l'égalité, la mixité et la diversité.

Question :

Jerome : Je suis en terminale ES, j'hésite sur mon orientation à venir. Quelles sont les formations les plus cotées dans votre secteur ? Plutôt des BTS/DUT ou plutôt les études longues ?Dring : Quels sont les diplômes appréciés par les pros ?

Réponse :

Norbert Girard : Soit vous optez pour une filière longue dans le domaine des statistiques, de l'économétrie, de l'actuariat... c'est-à-dire dans la finalité d'un bac +5. Soit vous optez pour une filière courte, BTS NRC (négociation relation client) ou BTS assurance, qui pourront être complétés par la suite en fonction de vos centres d'intérêt. Frédéric Danneker : Pour un job de conseiller clientèle, un bac +2 commercial est suffisant. Ensuite, pour travailler sur la conception ou la tarification des produits, une formation en bac +4 ou bac +5 en stats, économétrie est recherchée. Norbert Girard : On recrute plus de BTS commerciaux que de BTS assurance, mais ce qui est certain, c'est qu'avec un BTS d'assurance ou une licence professionnelle d'assurance on est quasiment assuré de trouver rapidement un poste. Frédéric Danneker : Pour la protection juridique qui se développe fortement dans l'assurance, les juristes jeunes diplômés sont recherchés (à partir de bac + 4). Norbert Girard : Il existe aussi une école professionnelle de branche : le groupe ENASS, qui prépare aux métiers de l'assurance, accessible à partir du bac. Pour plus d'infos, on peut consulter leur site : www.enass.fr A noter encore : à la rentrée prochaine, l'ENASS compte ouvrir un BTS NRC avec une option assurance. Il n'y a pas de présélection à l'entrée pour les BTS, dans la mesure où la formation est dispensée en alternance, dans le cadre de contrats de professionnalisation, c'est-à-dire pour partie en entreprise.

Question :

Mickael : Est-ce un métier où il y a beaucoup de déplacements à l'extérieur, ou beaucoup de "paperasse" à traiter du genre fonctionnaire ?

Réponse :

Frédéric Danneker : Globalement, on a 2 types de populations commerciales : un sédentaire en agence, et l'autre plus itinérante qui se rend près du client (particulier, entreprise ou administration). Donc ceux qui veulent se déplacer peuvent y trouver leur compte. Quant à la paperasse, nous faisons des efforts pour la réduire. Par exemple, les gestionnaires de sinistres qui travaillaient hier essentiellement sur dossiers, traitent aujourd'hui avec nos clients le plus souvent par téléphone. Norbert Girard : Cela dépend du métier. Un tiers des effectifs sont des commerciaux, mais le métier de commercial change et n'est plus seulement itinérant. Il y a beaucoup de chargés ou de conseillers de clientèle qui travaillent "assis", dans des agences, des bureaux ou des plateformes de services.

Question :

Marc : Y a-t-il une limite d'âge pour s'orienter vers l'assurance ?

Réponse :

Frédéric Danneker : Non, aucune. L'assurance gagnera l'avenir à intégrer des professionnels venant d'autres horizons. Norbert Girard : Il n'y a pas plus de limite d'âge que dans les autres secteurs. Il est toujours intéressant d'intégrer des personnes qui ont pu connaître des expériences plurielles auparavant.

Question :

Cyril Legrand : Bonjour, quel poste conseillez-vous à un étudiant actuaire pour démarrer dans le secteur de l'assurance ? NOTA : Je suis déjà bac +5 ingénieur.

Réponse :

Frédéric Danneker : L'accès le plus évident est de prendre un poste de type "chargé d'études statistiques", qui l'amènera à travailler sur la tarification des risques. Norbert Girard : Précision : l'actuariat consiste principalement à calculer les tarifs.

Question :

assu2000 : Recherchez-vous uniquement des profils ''assurance'' ?

Réponse :

Frédéric Danneker : Non. Nous recrutons largement des personnes venant d'autres secteurs d'activité. Norbert Girard : Non. En réalité, seulement 2 salariés sur 3 pratiquent et utilisent des techniques d'assurance. La 3e famille de métiers, en volume, est l'informatique. L'informatique représente près de 8 % des effectifs, en croissance régulière, et sans tenir compte des nombreux prestataires extérieurs qui sont salariés de SSII. On est très friands aussi de statisticiens actuaires, de marketeurs, d'ingénieurs, de diplômés de grandes écoles...

Question :

Demeter : Que voulez-vous dire par professionnels d'autres horizons ?

Réponse :

Frédéric Danneker : Des personnes ayant une expérience dans d'autres domaines que l'assurance. L'idée est de ne surtout pas fonctionner en vase clos.

Question :

Marc : Peut-on se former une fois que l'on travaille dans l'assurance ?

Réponse :

Frédéric Danneker : Bien sûr, la formation est vraiment centrale dans la gestion de nos ressources humaines. Nous allons très au-delà des contraintes légales. A titre d'exemple, nous assurons une véritable formation initiale d'entreprise à tous nos conseillers en assurance. Norbert Girard : C'est sans doute l'un des attraits de la profession. ll y a une véritable culture de la formation dans l'assurance. Pour donner deux chiffres, simplement : l'obligation légale d'investissement formation est de 1,5 % de la masse salariale, alors que la profession consacre en moyenne près de 5 % de sa masse salariale à former ses collaborateurs. Frédéric Danneker : En dehors des formations métiers, Azur-GMF investit fortement dans les formations comportementales (management, communication...). Norbert Girard : C'est pourquoi la branche professionnelle a tenu à mettre en place sa propre école de formation, l'ENASS.

Question :

Cyril Legrand : M. Girard : Quel est le turn over constaté chez les actuaires ? M. Danneker : Quelles sont les perspectives d'embauches d'actuaires pour 2007/2008 chez Azur-GMF ?

Réponse :

Frédéric Danneker : Sur cette période, nous pourrions recruter 4-5 chargés d'études statistiques environ par an. Norbert Girard : Il y a effectivement un début de turn over chez les actuaires, mais qui ne vient pas des entreprises. Avec les nouvelles obligations réglementaires et fiscales, d'autres secteurs recrutent, voire débauchent les actuaires. Pour plus d'informations sur les actuaires, je vous invite à consulter deux études spécifiques sur ce métier : la première publiée en février 2000, et la dernière en décembre 2004, sur www.metiers-assurance.org

Question :

Demeter : Comment se déroule actuellement le recrutement chez Groupe Azur ?

Réponse :

Frédéric Danneker : Un premier entretien avec un interlocuteur RH. Puis un second avec le manager du poste. Eventuellement des mises en situation en complément aux entretiens selon les postes.

Question :

Phil : Quels métiers regroupe le secteur de l'assurance ?

Réponse :

Norbert Girard : Nos métiers sont multiples, variés et souvent mal connus. Là aussi, vous pouvez consulter les différentes études de l'Observatoire, notamment les ROMA qui donnent un panorama plutôt quantitatif des métiers, mais aussi les autres études plus ciblées.

Question :

Quentin : Qu'est-ce qui est le plus dur dans le métier d'assureur ?

Réponse :

Frédéric Danneker : C'est une concurrence de plus en plus vive entre assureurs bien sûr, mais également et de plus en plus avec les banques. Norbert Girard : Je dirais les métiers commerciaux. Parce qu'on se situe dans l'abstrait et l'intangible, face à des événements futurs et aléatoires. Mais assurer une navette spatiale, une centrale nucléaire, ou un chantier TGV exige aussi beaucoup de compétences.

Question :

Dring : Quels sont les métiers qui vont recruter dans les années à venir ?

Réponse :

Frédéric Danneker : Essentiellement les métiers de relations clients (commerciaux, gestionnaires de sinistres, juristes de protection juridique également...). Norbert Girard : Gestionnaires de contrats au sens large, et commerciaux, c'est-à-dire des métiers de contact et de services.
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