Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

26/01/2005 à 17h00 - Les métiers du droit

Les possibilités de travailler dans le secteur juridique sont nombreuses pour ceux qui ont suivi des études supérieures de droit. Pour connaître les métiers phares, les cursus porteurs et les différents modes d’exercice, retrouvez les échanges qui ont eu lieu entre les internautes et nos deux invités.

Les invités

Maître Olivier Schmitt - Avocat

Philippe Théry - Directeur de l'IEJ de l'université Paris II

Question :

Tibo : Bonjour, je suis jeune juriste, j'ai manqué 2 fois l'entrée au concours CFPA, et me retrouve aujourd'hui au chômage. L'ennui, c'est que l'année passée à préparer un examen n'est pas validée, ce qui fait que mon 3e cycle obtenu en 2003 n'est pas valorisé. Y a-t-il des réflexions sur la validation d'un an passé à l'IEJ ?

Réponse :

Philippe Théry : Il y a des réflexions sur la validation dans le cadre de la réforme sur la validation des mastères. Les IEJ sont en principe des instituts de préparation, qui ne dispensent pas de diplôme. Je ne vois pas pourquoi votre diplôme aurait perdu de la valeur. Maître Olivier Schmitt : A votre place, je retenterais l'examen une 3e fois.

Question :

Lawgirl : Qu'est ce qu'un IEJ ? A quoi cela prépare-t-il ?

Réponse :

Philippe Théry : Les IEJ sont des instituts d'études judiciaires. Ils sont installés dans des facultés de droit. Ils préparent à l'école du barreau et aux concours de la magistrature. Certains IEJ préparent aussi d'autres concours, pour être commissaire de police ou élève officier de gendarmerie. Certains IEJ sont assez petits, d'autres plus importants, comme celui que je dirige qui compte près de 3000 étudiants.

Question :

Titmarine : Est-ce dur de rentrer en IEJ ?

Réponse :

Philippe Théry : Il n'y a aucun examen pour entrer dans une faculté. L'IEJ ne délivre pas de diplôme : on s'inscrit pour préparer certains concours. Il suffit de retirer un dossier : c'est la difficulté majeure. En général, il y a autant de place que nécessaire. La seule difficulté, c'est lorsqu'on souhaite s'inscrire dans un autre IEJ que là où on a suivi ses études. C'est particulièrement vrai à Paris.

Question :

Stephany : Bonjour, je suis une lycéenne en 1ere S et je voulais savoir s'il était préférable de faire une prépa ou une fac. Que me conseillez-vous ?

Réponse :

Maître Olivier Schmitt : Il n'y a pas de préparation spécifique. Je conseille un cursus classique : études de droit, pour avoir la base juridique la plus solide possible, en particulier en droit des obligations, et on finit par se spécialiser. Philippe Théry : Il n'y a pas de préparation juridique. En revanche, nous accueillons très volontiers à l'université des étudiants qui ont fait des prépas, scientifiques ou littéraires. Nous les apprécions car ils ont des méthodes de travail qui sont très utiles à l'université.

Question :

Jessica : Est-il vrai que l'entrée en mastère en région parisienne n'est possible qu'à partir d'une mention bien ?

Réponse :

Philippe Théry : Non, c'est inexact. Il est vrai que pour les étudiants qui rentrent en 2e année de mastère, il y a une sélection. Elle se fait en fonction du dossier universitaire. Dans ce cadre, une mention ''bien'' est assez appréciée... Mais nous sommes loin de ne prendre que des étudiants qui auraient une mention bien.

Question :

Tibo : Je souhaite retenter le concours une 3e fois, mais la réforme est passée, je vais avoir 28 ans, et je vais me marier. Aujourd'hui, j'ai envie d'un peu de concret, et j'ai aussi l'impression d'avoir perdu un an...

Réponse :

Maître Olivier Schmitt : No comment. Je comprends. On ne peut pas vous forcer à passer un concours... Philippe Théry : Difficile de vous donner un conseil en particulier. Si vous voulez devenir avocat, le seul conseil, c'est de vous représenter à l'examen, même si ses modalités seront plus lourdes l'année prochaine.

Question :

Stephany : Et pensez-vous qu'un bac ES aurait été une meilleure orientation qu'un bac S ? Aurai-je plus de difficultés ?

Réponse :

Maître Olivier Schmitt : Il n'y a aucune contre-indication pour faire du droit ! Ce qui compte, en revanche, c'est d'avoir un réel goût pour l'écriture, d'aimer lire... Philippe Théry : La majorité des étudiants ont un bac L. Mais on peut faire du droit avec n'importe quel bac, y compris avec des bac STT (anciennement G). Je connais au moins deux personnes qui sont avocats, qui ont à l'origine un bac G. C'est un des avantages de l'université : il n'y a pas de sélection. Au goût de l'écriture, j'ajouterais le goût de l'argumentation. Les solutions juridiques font toujours appel à une grande part de nuance.

Question :

Titmarine : Trouve t-on facilement du travail dans le droit ?

Réponse :

Philippe Théry : On connaît à peu près les débouchés dans les professions judiciaires institutionnelles, comme dans la magistrature, le barreau... Les autres professions (le notariat, les huissiers, les commissaires priseurs...) offrent moins de débouchés. Les vrais débouchés résident dans les entreprises. Maître Olivier Schmitt : Le marché du travail a tendance à se restreindre un peu... Moi, le conseil que je donnerais, c'est : si vous avez envie de faire quelque chose, faites-le, ne vous posez pas trop de questions. Que sera le marché dans 5 ou 10 ans ? Nous ne savons pas. Le système français est suffisamment ouvert pour permettre la réorientation de gens qui sont ouverts et bien structurés intellectuellement.

Question :

(...)

Réponse :

Philippe Théry : Autre chose : beaucoup d'étudiants sortent des facs de droit et font des métiers qui ne sont pas complètement juridiques. La formation en droit est considérée comme une formation ''à tout faire''. Les capacités, générales ou intellectuelles, acquises à la fac de droit peuvent servir dans de nombreux domaines.

Question :

Boule : Ne pensez-vous pas que les études de droit sont de plus en plus dévalorisées ? Il n'y a qu'à voir le nombre de juristes au chômage !

Réponse :

Maître Olivier Schmitt : Il ne faut pas faire le lien entre les 2, je crois. Philippe Théry : On pourrait dire aussi que peuvent devenir juristes tous ceux qui le veulent, mais cela n'assure pas de débouchés à tout le monde. La société actuelle a besoin de beaucoup de juristes. Mais cela ne veut pas dire qu'il y aura des débouchés pour tout le monde... Pour l'école de la magistrature, on peut savoir combien on aura besoin de magistrats à l'avenir. Mais ce n'est pas le cas dans les autres domaines du droit. Maître Olivier Schmitt : Impossible de quantifier les besoins de juristes en entreprise, par exemple, dans les années à venir. Même s'il est certain que la fonction juridique est nécessaire dans toute société. Philippe Théry : Ce ne sera pas une tendance éternelle, mais pour le moment notre société a tendance à se judiciariser.

Question :

Superstar: Faut-il avoir de la mémoire ? On doit apprendre des textes de loi par coeur ?

Réponse :

Philippe Théry : Il n'y a pas d'enseignement dans lequel la mémoire soit inutile ! Il n'y qu'un seul enseignement dans lequel il ne faille que de la mémoire, c'est l'anatomie... Comme dans toutes les disciplines, la mémoire est très utile. Mais il est faux de dire qu'on apprend des textes par coeur. La qualité majeure d'un étudiant en droit, comme dans les autres disciplines, c'est la réflexion. Je cite toujours cette formule de Guitry : "il ne sert à rien d'apprendre ce qu'il y a dans les livres, puisque ça y est !". Il faut surtout apprendre "où chercher". Maître Olivier Schmitt : J'ai été passionné par le droit tout de suite, dès le début de mes études. L'intérêt stimule la mémoire ! Elle est un outil indispensable, qui doit être entretenu.

Question :

Superstar : A quoi ressemble une journée d'avocat ?

Réponse :

Maître Olivier Schmitt : Il n'y a pas deux journées identiques. Dans le droit public où j'exerce, j'ai la chance d'avoir une grande diversité et de clientèle et de problèmes soulevés. C'est aujourd'hui pour moi le principal intérêt de mon métier. Il n'y a pas de routine. Philippe Théry : Il peut y avoir des habitudes dans des cabinets, comme des réunions ou autres. Mais ce peut être le seul point fixe qu'il y a dans une journée d'avocat... Maître Olivier Schmitt : Sociologiquement, c'est un milieu très riche : vous rencontrez des juristes, des ingénieurs, des hommes d'affaires, des techniciens, des ''monsieur-tout-le-monde''... Autre avantage : en droit public, on peut plaider dans toute la France. On se déplace souvent. On a beaucoup d'expertise. L'ouverture à la concurrence des anciens monopoles (télécoms par exemple) a élargi le champ d'investigation de la profession.

Question :

Pauline : Question personnelle : étant actuellement en 2e année de chinois à l'INALCO, je souhaite me diriger vers le droit tout en continuant mes études de chinois. Quand je parle de mes ambitions, autour de moi tout le monde me félicite, cependant certains me disent que de faire du droit international est très vague. Je me demande alors quel DESS me serait le plus adapté. Et quels métiers s'offriraient à moi ? Merci.

Réponse :

Philippe Théry : Je ne suis pas sûr que ce soit le droit international qui réponde le mieux aux goûts de cette jeune fille. Elle pourrait trouver un intérêt juridique dans des cabinets d'affaires franco-chinois. Des entreprises installées en Chine recherchent aussi des juristes. Le droit qui s'impose alors, c'est le droit des affaires, qui est nécessairement international. Pratiquer une langue étrangère est certainement un atout dans ce contexte. Vous pouvez vous orienter vers un DEA de Droit des affaires, ou certains DESS spécialisés, qui vous permettront d'exploiter au mieux vos connaissances. Maître Olivier Schmitt : Le développement économique est fort avec la Chine, donc c'est un plus de maîtriser cette langue. Il faut rester sur une formation assez générale, selon moi. Plus la culture est large, plus on a de chances ensuite de se spécialiser. Mais se spécialiser trop tôt, c'est une erreur. Philippe Théry : On peut aussi évoquer des débouchés dans des chambres de commerce, ou des institutions qui s'occupent des activités commerciales bilatérales.

Question :

Superstar : Vous travaillez avec une assistante pour préparer vos dossiers ? Si oui c'est quelqu'un qui a une formation en droit ou juste une secrétaire ?

Réponse :

Maître Olivier Schmitt : On a évidemment besoin d'un(e) assistant(e) quand on est avocat, en raison de nombreux déplacements, des réunions, de la gestion des rendez-vous, de l'agenda, de certaines recherches... La formation n'est pas nécessairement juridique. On recherche surtout des gens qui font preuve de bon sens et de grandes facultés d'adaptation. En d'autres termes, la fonction principale de l'assistant(e) est de gérer l'ensemble des contingences matérielles et logistiques d'un cabinet d'avocat. La fonction de collaborateur (trice) est, elle, différente, puisqu'il s'agit d'une fonction strictement juridique. En général, celui-ci est avocat (beaucoup plus rarement, juriste salarié).

Question :

ET : Droit public ou privé ? A quel moment du cursus choisir ?

Réponse :

Philippe Théry : En réalité, les études sont maintenant organisées de telle façon qu'il y a très peu de choix jusqu'à la licence. C'est ensuite que les étudiants choisissent, en première année de Mastère. C'est pour moi une bonne chose. Ce qu'on peut dire, c'est q'œil y a des connaissances de droit privé qui sont absolument indispensables aux publicistes (juristes de droit publics) et que l'inverse est aussi vrai.

Question :

ET : L'apparition des nouvelles techniques informatiques ces dernières années a-t-elle facilité la pratique de votre profession ?

Réponse :

Philippe Théry : D'un point de vue matériel, cela a simplifié l'exercice de nombreuses professions. C'est un outil puissant et utile (quelquefois asservissant...). Maître Olivier Schmitt : C'est un outil incomparable mis à la disposition du juriste, parce qu'aujourd'hui on est joignable partout, à tout moment. Il ne faut pas oublier que nous sommes une profession commerciale, et que la concurrence est vive. Cela exige sans doute beaucoup plus de réactivité, mais sans que la rigueur ou la qualité du travail en souffre. Philippe Théry : Les machines n'ont pas le même sens dans l'activité de conseil ou dans l'activité judiciaire, où l'informatique n'a pas tellement pénétré. Il y a un grand avenir pour l'informatique dans la procédure, même si les professions ne sont pas encore prêtes à ce que les ordres de procédures puissent être transmises par le Net plutôt que par un huissier... L'informatique est aussi pour les étudiants un outil indispensable : Internet offre un accès étonnant aux sources : textes de loi, décisions de la cour européenne des droits de l'homme, décisions du Conseil d'Etat...

Question :

stephany: Quelles facs pourriez-vous me conseillez ?

Réponse :

Philippe Théry : Dans la région parisienne, la répartition est gérée par un système qui s'appelle Ravel. A partir d'une pré-inscription, réalisée dans l'année du bac, ce système dirige les étudiants vers les différentes universités parisiennes, en fonction de critères géographiques. Donc on ne choisit pas sa faculté. Les facs parisiennes, souvent demandées par les étudiants de province, ne sont accessibles qu'à ceux qui ont passé leur bac dans l'académie de Paris. Les étudiants provinciaux ne peuvent entrer qu'en licence. En Ile-de-France, la situation est plutôt satisfaisante dans l'ensemble. Certaines sont certes meilleures que d'autres, mais dans l'ensemble c'est plutôt bien.

Question :

Boule : Quels sont les débouchés avec un bac + 4 / + 5 en droit social ? Est-il possible de travailler à la sécurité sociale avec ce cursus ?

Réponse :

Philippe Théry : Le droit social et la sécurité sociale, ce n'est pas tout à fait la même chose. Le droit social inclut aussi le droit du travail par exemple. C'est une spécialité très recherchée car le droit social est devenu indispensable au fonctionnement des entreprises. Cette spécialité a connu un grand développement ces dernières années. Les juristes jouent un plus grand rôle maintenant pour les décisions qui touchent l'avenir de l'entreprise que par le passé. Maître Olivier Schmitt : Il y a une vraie demande aujourd'hui en droit social, en cabinets et en entreprises. On intègre beaucoup plus les juristes dans le processus décisionnel, alors qu'avant on les saisissait après-coup, en cas de problème.

Question :

Superstar: Combien y'a d'IEJ en région parisienne ?

Réponse :

Philippe Théry : Il y a environ une dizaine d'IEJ dans la région.

Question :

Robun : Existe t-il des ''niches'' peu exploitées dans les métiers du droit (droit d'auteur, droit des nouvelles technologies par exemple) ?

Réponse :

Philippe Théry : Ce sont des niches où on se presse ! Mais où les débouchés sont limités. Droit d'auteur : ça ne représente pas grand-chose. Dans les médias, c'est aussi limité. Maître Olivier Schmitt : Il y a 2 secteurs qui sont à mon avis très porteurs : le droit public et le droit de l'environnement. Environnement au sens large : amiante, traitement des déchets, alimentation, eau... Philippe Théry : Il y a maintenant des 3e cycles consacrés à ces domaines.
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