Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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  • Les métiers de la communication visuelle et des industries graphiques

15/12/2004 à 17h00 - Les métiers de la communication visuelle et des industries graphiques

Publicités, enseignes, logos, flyers... La communication visuelle est omniprésente dans notre quotidien. Pour découvrir les différents métiers de ce secteur, connaître les formations les plus adaptées et les perspectives d'emploi, retrouvez les échanges qui ont eu lieu entre les internautes et nos deux invités.

Les invités

Richard Navez - Responsable formation à la fédération de l'imprimerie et de la communication graphique

Jean-Pierre Guérin - Manager pédagogique au sein de l'école de l'image des Gobelins

Question :

Piaf : Quelle différence entre le bac pro Production graphique et Production imprimée ? Quels en sont les débouchés ?

Réponse :

Richard Navez : Ces bacs pros correspondent à des métiers différents. Le bac pro Production graphique correspond aux métiers du prépresse : mise en page, intégration des textes et images, contraintes typographiques... Le titulaire d'un bac Production graphique va préparer un document afin de permettre son impression. Ce technicien est hautement qualifié, il réalise une production en autonomie complète en utilisant des outils évolués. Le bac pro Production imprimée est la seconde étape dans la réalisation d'un imprimé : le tirage du document. Ce professionnel doit gérer un outil industriel, en général une presse offset. Il y a de nombreux réglages à faire afin de reproduire le document tel que celui-ci a été conçu. Passer d'une étape de production numérique à un document matérialisé nécessite de savoir régler sa machine, de doser ses encres, afin d'avoir un imprimé conforme à la demande du client.

Question :

Zoé : Quels sont les métiers qu'on trouve dans les imprimeries ?

Réponse :

Richard Navez: On a 4 familles de métiers, qui suivent les étapes successives de réalisation d'un imprimé. La première : la relation avec le client. Concevoir un imprimé conforme à sa demande. C'est la partie commerciale. Seconde étape : la conception graphique, le prépresse. Concevoir le document sur informatique, en intégrant toutes les données délivrées par le client : photo, textes, mise en page. 3e étape : l'impression du document. 4e étape : le façonnage. D'un document imprimé à plat, on doit obtenir un support conforme aux souhaits du client : reliure, pliure... Ces 4 étapes sont intimement liées les unes aux autres, voilà pourquoi on parle de chaîne graphique.

Question :

Capleton : Le secteur est-il un secteur qui embauche beaucoup ?

Réponse :

Richard Navez : Non, notamment sur les métiers du prépresse, car beaucoup d'opérateurs ont déjà été recrutés. Nous avons de gros besoins dans les métiers de l'impression et du façonnage. En revanche, les industries graphiques recrutent des techniciens hautement qualifiés, au vu des machines employés, particulièrement techniques et coûteux. Quand on recrute quelqu'un, on lui confie non seulement une machine, mais aussi un client. Dans notre secteur, on peut prévoir des recrutements à hauteur de 2 000 personnes tous les ans.

Question :

Superstar : Quels métiers peut-on faire sans diplôme dans une imprimerie ?

Réponse :

Richard Navez : On commence alors au bas de l'échelle. Le vrai niveau demandé par les entreprises est le bac pro. Néanmoins, beaucoup des chefs d'entreprise ont un parcours d'autodidacte, sans avoir à la base une formation très poussée. On peut commencer au bas de l'échelle et gravir les échelons. En général, on commence par un poste de conducteur, de margeur, avant de rejoindre un poste de production en autonomie. Sur les métiers du prépresse, compte tenu des évolutions technologiques et des outils informatiques employés, on est obligé d'avoir un diplôme professionnel du type bac production graphique.

Question :

Naztasja : Et avec un bac pro Commerce, on peut commencer dans l'imprimerie ?

Réponse :

Richard Navez : Notre secteur a besoin de commerciaux. Il y a des emplois pour des jeunes qui ont une formation commerciale, bien que le secteur soit davantage tourné vers des profils de technico-commerciaux. Chez nous, le commercial doit en effet bien appréhender les demandes du client et imaginer les conditions de la fabrication du document du client. Il y a de belles opportunités de carrière dans les fonctions commerciales : le produit imprimé est à forte valeur ajoutée.

Question :

Birem : Faut-il mettre à jour ses connaissances techniques en permanence ?

Réponse :

Richard Navez : Oui, c'est obligatoire du fait des évolutions technologiques qui s'imposent au secteur. L'arrivée du numérique impose aux opérateurs de suivre ces évolutions. Pour cela, il existe en plus de la formation initiale, la formation continue, mise en oeuvre par les entreprises et les organisations professionnelles. Un opérateur doit avoir de bonnes bases techniques et théoriques. Toute sa vie, celui-ci bénéficiera de formations pour continuer à réaliser les travaux imprimés qui lui seront confiés.

Question :

Noémie77 : L'imprimerie n'est-il pas un secteur très masculin ? Trop peut-être ?

Réponse :

Richard Navez : Non, c'est un secteur où les femmes ont toute leur place. Bien sûr dans les métiers commerciaux et du prépresse, mais aussi en production ou en façonnage. Les environnements des ateliers ont évolué, les machines sont beaucoup plus accessibles.

Question :

Birem : La mise à jour des compétences n'a-t-elle pas pour conséquence de faire disparaître les seniors du secteur ?

Réponse :

Richard Navez : Je ne dirais vraiment pas cela. La profession a choisi d'accompagner les seniors du secteur, qui ont encore de belles années devant eux. Des formations leur sont proposées, parce qu'ils ont un réel savoir-faire et qu'il faut leur permettre de continuer à travailler dans nos entreprises. Notre branche se distingue par ces choix. Nous venons de signer un accord professionnel pour justement soutenir et aider ces salariés à se former.

Question :

Sergio : Combien d'élèves sont formés à Gobelins, l'école de l'image dans la filière IG, chaque année ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : Il y a environ 170 entrants par an, du niveau V au niveau III (BEP, bac pro et BTS).

Question :

Ralph1 : Bonjour je suis directeur artistique, avec plus de 10 ans d'expérience en agence. Comment voyez-vous l'avenir de cette profession, alors que les métiers de la communication graphique sont bouchés, que l'activité depuis près de 2 ans est au ralenti, autant dire sans reprise annoncée, et qu'il se déverse sur le marché chaque année de nouveaux graphistes ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : Bouché, oui et non. L'emploi n'est peut-être plus là où on le cherche, mais dans d'autres branches voisines : agences en tous genres, sociétés difficiles à classer... Richard Navez: C'est vrai pour les directeurs artistiques comme Ralph. Le secteur a évolué. Il s'est fait déposséder de nombreuses tâches en les laissant aux agences de communication, aux donneurs d'ordre... Il y a une évolution qui a fait que la partie créa a échappé au secteur. Les industries graphiques cherchent à récupérer ces travaux, car nous avons de bons atouts pour vérifier l'adéquation entre les souhaits du client et nos possibilités techniques.

Question :

Micky : La France est-elle un pays très créatif en Europe et dans le monde ? Y a-t-il un savoir faire français dans l'industrie graphique ?

Réponse :

Richard Navez : Les industries graphiques en France sont au 3e rang européen derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni. Nous avons un bel outil de production, un beau potentiel. Je crois que nous n'avons pas à rougir de notre savoir-faire, de nos entreprises. Le secteur est composé de petites entreprises, à 80 % elles ont moins de 10 salariés. Il existe aussi de grands industriels qui se positionnent sur les marchés internationaux. Il y a beaucoup de travaux étrangers qui sont confiés à l'industrie française. Jean-Pierre Guérin : On est capables de répondre à tous les besoins dans le domaine de l'imprimerie. La spécificité française est celle-ci : on sait répondre à toutes les demandes, on est " tout-terrain". Si on nous compare aux pays concurrents comme l'Allemagne et l'Angleterre, on a un côté "latin" en plus, avec une petite part de fantaisie ! C'est la " french touch "...

Question :

Babi : Quels sont les diplômes préparés à Gobelins dans votre secteur ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : Cela va du BEP Métiers de la communication et des industries graphiques, deux bacs pros Production graphique et Production imprimée, et un BTS Communication et industries graphiques. On forme aussi des graphistes maquettistes, niveau bac + 2 à l'entrée (il faut avoir fait une école supérieure de dessin ou d'art). On a aussi un contrat de qualification professionnelle texte et image. Tout cela, ce sont des formations initiales. Nous avons aussi tout un catalogue de stages et formations continues pour les adultes. Richard Navez : En complément des formations proposées à Gobelins, il existe aussi une mention complémentaire post-BEP pour les métiers du façonnage. Il existe aussi dans les industries graphiques des licences professionnelles "Gestion de flux numériques", ainsi qu'une formation d'ingénieur des industries graphiques.

Question :

Taraude : Quels sont les métiers les plus en vogue dans la communication visuelle et graphique ? Et quels sont les métiers où il existe des pénuries ? En gros, vers quel métiers se diriger lorsque le graphisme nous intéresse ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : Dans le domaine du graphisme, on ne peut pas parler de pénurie. Beaucoup de formations alimentent tout ce qui est création et graphisme. Nous sommes très centrés sur la production, c'est-à-dire que la partie création pure correspond à très peu d'emplois en réalité. Richard Navez : Nos métiers sont des métiers de technicien, de producteur, beaucoup plus que des métiers de pure créa. Nous recrutons surtout des techniciens capables de mettre en oeuvre beaucoup de matériels et de techniques pour arriver à un produit final.

Question :

Sergio : Les élèves sont-ils en alternance ? Si oui est-ce votre école qui se charge de trouver une entreprise d'accueil ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : On est de 80 à 90 % en alternance. La règle veut que ce soit le jeune qui trouve son entreprise, mais dans les faits nous avons un service d'appui et d'aide pour trouver une entreprise, en s'appuyant sur notre relationnel dans le secteur. On les aide à faire leur CV, à préparer un entretien à relancer, à être efficaces dans leurs recherches...

Question :

Youyou: Quel a été votre parcours pour être responsable de la formation et manager pédagogique ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : Un parcours très chaotique ! 4 ans d'école technique, ensuite 10 ans d'industrie, où j'ai beaucoup bougé, ensuite 15 ans d'enseignement dans le domaine de l'impression, puis 10 ans en tant que manager pédagogique. Richard Navez : Pour ma part, j'ai une formation d'ingénieur chef de projet informatique. Ensuite, j'ai travaillé dans la formation professionnelle dans la métallurgie. Puis dans les unions patronales. Je m'occupe au sein de la Fédération de l'imprimerie des questions de formation, tant pour les jeunes que pour les salariés en poste.

Question :

Pierre : Quelles sont les qualités qu'il faut avoir pour travailler dans le secteur du graphisme et de l'imprimerie ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : Pour le graphisme, la sélection est très difficile (20 candidats pour une place), donc pour entrer dans la formation, il faut déjà pouvoir présenter un book, avoir déjà un bon niveau en dessin. Il faut aussi savoir soutenir ce que l'on montre, savoir se vendre et mettre ses projets en avant. Il faut enfin être passionné et déterminé, car la concurrence est forte.

Question :

Plume : Et pour les métiers techniques ?

Réponse :

Richard Navez : Sur les métiers de production, il faut être passionné de technique : il faut suivre les évolutions technologiques sur chacun des postes qui font que les métiers changent en permanence. Il faut aussi une bonne formation théorique, de sa conception à sa réalisation, en intégrant toutes ces étapes et ces contraintes techniques. Le créatif doit prendre en compte toutes ces données. Nos métiers exigent tous une rigueur technique. Il faut aussi savoir apprécier la colorimétrie d'un imprimé, avoir un sens visuel développé. Non seulement il y a la technique, mais aussi une "patte" artistique. Jean-Pierre Guérin : Rigueur et réactivité sont nécessaires : on ne peut pas laisser sortir un produit avec des défauts. Cela demande une grande autonomie de la part des techniciens et des opérateurs. Ils détectent le défaut et le corrigent. Il faut aussi s'adapter aux changements de goûts des consommateurs. La technique évolue sans arrêt en fonction de cela.

Question :

Jemozone_3: Si on est créatif et que l'on sait gérer des projets clients différents (ex. site Internet, plaquette commerciale, logo, chartre...), quel est le qualificatif d'un point de vue "métier" qui correspond le plus ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : Ce n'est plus un métier mais un ensemble de compétences qu'on retrouve dans plusieurs filières de formation. Les licences pros qui sont en train de se mettre en place peuvent répondre à cette demande. On essaye de répondre à une demande de compétences montante. Plus ça va, plus on demande à un créatif de maîtriser nos techniques mais aussi d'autres compétences (vidéo, multimédia...). On cherche des gens de plus en plus polyvalents. Quelqu'un qui veut évoluer des industries graphiques vers le multimédia a besoin d'une formation complémentaire.

Question :

Juniorkelly : Quelles sont les difficultés que rencontrent les jeunes en formation dans ce secteur ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : Cela dépend du niveau de formation. Les exigences sont différentes. Les difficultés sont celles de tous les jeunes, notamment la fiabilité. Un imprimeur qui doit livrer à telle heure, s'il ne peut pas compter sur son apprenti ou son salarié, il perd des clients. La première difficulté, c'est d'être disponible et présent. On sert des clients, donc il faut parfois être souple sur les horaires. Si on veut résister la concurrence européenne dans nos entreprises, il faut être très réactif et répondre à la clientèle, qui veut toujours être servie vite.

Question :

Romi : Quels sont les clients de l'industrie graphique et de la communication visuelle ? Et quelles sont les structures des entreprises du secteurs ?

Réponse :

Jean-Pierre Guérin : C'est très vaste. C'est la magie de l'imprimé ! On le retrouve partout. Le client, c'est ''monsieur tout-le-monde''. Richard Navez : Nos clients, c'est une question vaste. L'imprimerie de proximité, le livre, l'affiche, l'emballage... L'imprimé est partout au quotidien, donc le client est très divers. En fonction des produits demandés, les entreprises sont différentes. Pour un faire-part, l'imprimeur du coin saura s'adapter à la demande du client. Et dans le cas de l'impression d'un magazine, d'un livre, ou d'un catalogue, d'un imprimé de promotion de Noël, d'autres imprimeurs auront l'outil de production adapté. Il y a une grande variété d'entreprises... Les produits ne sont plus aussi segmentés qu'auparavant. Les évolutions des matériels permettent à des entreprises de taille moyenne de s'adapter à des productions importantes. Les industries graphiques, c'est 8000 entreprises en France, avec 70 000 salariés. A 80 % des entreprises de moins de 10 salariés. Il y a aussi une histoire de segmentation : des sommes de petites unités peuvent former de petits groupes : on assiste à une concentration d'entreprises qui se regroupent pour offrir à leur client une prestation la plus complète possible. Et à côté de cela, on a de grands industriels qui emploient plusieurs centaines de salariés.
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