Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

12/05/2004 à 17h00 - Les métiers de la santé

Les professions médicales et paramédicales recrutent ! Découvrez les métiers porteurs, les parcours de formation adaptés et les perspectives de carrière à travers les échanges qui ont eu lieu entre les internautes et nos deux invitées.

Les invités

Emmanuelle Quillet - Directrice d'hôpital

Sandrine Monot - Infirmière

Question :

<P>Enigma : Quelles sont les différentes étapes du concours d'infirmier ? Existe-t-il quelques astuces pour le réussir facilement ? Faut-il obligatoirement avoir la nationalité française pour le passer ?</P>

Réponse :

Sandrine Monot : On présente d'abord un dossier d'inscription. Nous sommes ensuite convoqués pour un écrit, qui peut être commun à différentes écoles. Il faut avoir la moyenne de 10/20 à ce concours pour être convoqué à l'oral, qui est individuel. Il faut avoir la moyenne pour être recevable, mais c'est un concours, donc ce sont les meilleur(e)s qui sont reçu(e)s...&nbsp; A propos d'astuces, l'écrit comprend un test psychotechnique. Des ouvrages consacrés à ce type de test peuvent aider à la préparation. L'écrit comprend aussi des questions d'ordre sanitaire et social sur l'actualité de l'année.

Emmanuelle Quillet : Il y a actuellement 30 000 places par an aux concours de 1ère année en institut de formation en soins infirmiers (IFSI). C'est plus de places qu'auparavant, donc plus de chances ! La nationalité française n'est pas obligatoire. Par contre, pour être ensuite titularisé à l'hôpital public, il faut être français ou ressortissant de l'Union européenne.

Question :

Gaufim : On parle souvent de pénurie d'infirmières... Mais est-ce aussi le cas pour les autres professions médicales ?

Réponse :

Emmanuelle Quillet : Le mot pénurie n'est pas forcément très adapté, mais il y a des besoins de recrutement important dans d'autres métiers, par exemple, manipulateur en électroradiologie médicale, kinésithérapeute, et d'une manière générale, de nombreux médecins spécialistes (gynécologie obstétrique, chirurgie, anesthésie...).

Question :

Pupuce95 : Est-ce que la filière SMS est une bonne voie, comme la S, pour travailler dans le milieu médical par la suite ?<BR>Pollux : Faut-il absolument un bac S pour faire ensuite des études dans la médecine ?

Réponse :

Sandrine Monot : Je suis un bon exemple : j'ai fait un bac économique et social (ES). On m'avait découragée en me disant que les concours étaient difficilement accessibles aux candidats bacheliers de la série générale. La filière générale permet d'avoir une bonne culture. Mais il est nécessaire de préparer le concours tout seul. Alors que la filière SMS comprend une option qui permet de préparer l'ensemble des concours paramédicaux en même temps que la préparation du bac.

Emmanuelle Quillet : Oui, beaucoup de candidats viennent de la filière SMS. C'est la plus spécialisée pour la préparation des concours, mais les filières générales offrent aussi une bonne culture, et il existe des préparations spécialisées.

Question :

Pierre : Pour être médecin urgentiste, faut-il faire plus d'études qu'un médecin libéral ?

Réponse :

Emmanuelle Quillet : Médecin libéral, c'est un mode d'exercice, ce n'est pas une spécialité. Il y a des médecins libéraux qui sont des spécialistes. A l'hôpital, les médecins qui assurent les urgences sont, soit des internes en cours de formation, soit des médecins de diverses spécialités. Et il existe maintenant une spécialisation qui s'appelle la CAMU (Certificat d'aptitude à la médecine d'urgence). D'une manière générale, l'urgence tend de plus en plus à être considérée comme une spécialité.

Question :

Caro : Le nombre de places en études de médecine augmente-t-il ? Quelles sont les spécialités où il y a les plus gros besoins ?

Réponse :

Emmanuelle Quillet : Oui, le nombre de places augmente. Le ministre vient d'annoncer que le numerus clausus va passer de 5 700 à 7 000 et il devrait continuer d'augmenter. Il y a des besoins presque partout, mais on peut citer principalement gynécologie-obstétrique, anesthésie réanimation, pédiatrie, chirurgie, ophtalmologie...

Question :

James : Quelles études faut-il suivre pour devenir aide-soignant ?

Réponse :

Sandrine Monot : Pour être aide-soignant, il faut passer un concours, au même titre que pour être infirmier. Les études d'aide-soignant se font d'ailleurs dans les écoles d'infirmières (IFSI). C'est le même système de concours, avec un écrit et, pour les candidats retenus, un oral. Pour devenir infirmier, un bac est indispensable. Alors que pour devenir aide-soignant, c'est un BEP sanitaire et social qui est requis pour se présenter au concours. La formation dure un an.

Question :

 Aline62 : Quelle évolution de carrière après le métier d'aide-soignant ?

Réponse :

Emmanuelle Quillet : A l'hôpital, il existe des possibilités de promotion professionnelle qui permettent aux aides-soignants de passer le concours d'infirmier dans des conditions adaptées. Un quota de place leur est réservé. La prise en charge par l'hôpital permet d'être rémunéré pendant les trois années d'études.

Question :

Robun : Bonjour à tous. Il y a dix ans, il y avait officiellement trop de médecins en France, et l'on décourageait ceux qui voulaient entreprendre des études de médecine. Aujourd'hui, on parle d'une pénurie à venir. Peut-on entreprendre de telles études en ayant un minimum de visibilité quant aux débouchés qu'elles fournissent ?

Réponse :

Emmanuelle Quillet : La question est justifiée. Il y a eu une mauvaise appréciation de la politique à mener en matière démographique. Aujourd'hui, le numerus clausus repart à la hausse et il va y avoir de réels débouchés. En revanche, une question reste ouverte, qui est celle de l'installation. Beaucoup conviennent aujourd'hui qu'il faut orienter l'installation des médecins là où il y a de réels besoins. Ce qui signifie, que d'ici quelques années, les jeunes médecins n'auraient plus forcément la même liberté d'installation d'aujourd'hui.

Question :

Robun : Avec le papy-boom qui s'annonce, la gérontologie est-elle une spécialisation d'avenir ?

Réponse :

La gérontologie n'est pas une spécialité en soins infirmiers. Par contre, il existe une spécialité au niveau médical : gérontologue ou gériatre.

Question :

SID : Pourquoi a tu choisi ce métier ?

Réponse :

Sandrine Monot : Sur le plan personnel, je m'intéressais plus aux carrières sanitaires et sociales, pour le contact avec les autres et pour l'importance des débouchés qu'elles présentaient. Etre infirmière me permettait de penser qu'à l'avenir, je pourrais changer de service, de spécialité : être infirmière puéricultrice, anesthésiste, de bloc opératoire, ou encore en médecine du travail... Ce métier offre beaucoup d'expériences différentes. La formation d'infirmier est une base. A chacun d'explorer la voie qu'il préfère...

Question :

Sofia07 : Pas trop dur le boulot ?<BR>Christelle : Ton métier est-il dur ?

Réponse :

Sandrine Monot : Je travaille au service du réveil central à l'hôpital Lariboisière. Comme tout travail, il a ses avantages et ses inconvénients. Il y a des jours pas faciles, mais d'autres très sympathiques. Il faut savoir que l'on choisit ce métier, comme tout autre métier. Je n'aurais pas pu travailler dans un bureau, c'est un choix.

Question :

Vivi : Le métier d'infirmière est-il bien payé ?

Réponse :

Je gagne 1 420 euros bruts, sans les primes. Nous avons un bac + 3, reconnu bac + 2 et payé bac + 1...

Question :

Seringuette : Le métier d'infirmier semble très féminisé. Quelle est la répartition hommes/femmes dans cette profession ?

Réponse :

Emmanuelle Quillet : 87% de femmes, 13 % d'hommes. Les hommes sont donc les bienvenus !

Question :

Mutant : Quel est le rôle d'un directeur d'hôpital ?<BR>Pierrot : Ca fait quoi, un directeur d'hôpital ? Il a quel diplôme ?

Réponse :

Emmanuelle Quillet : Dans un hôpital, le rôle du directeur, comme de l'administration en général, c'est de faire en sorte que l'ensemble du personnel médical et soignant puisse exercer son métier au service des malades de la manière la plus efficace possible. Le directeur d'hôpital n'est pas un médecin, c'est un gestionnaire qui reçoit une formation spécifique à l'Ecole nationale de la santé publique à Rennes : 27 mois de formation après un concours de niveau ENA, un peu moins difficile, mais on y accède avec les mêmes diplômes. Pour ma part, j'ai fait Sciences-Po Paris. Notre rôle est un peu celui d'un chef d'orchestre : il faut être attentif aux questions de personnels, de finances, aux conditions d'accueil des patients... Il faut faire preuve de stratégie, en collaboration avec les médecins pour développer les activités. De plus en plus, nous travaillons en réseau ce qui signifie que l'hôpital travaille avec la médecine de ville, les cliniques... Les qualités nécessaires pour exercer ce métier sont la capacité d'anticipation, de négociation, une bonne maîtrise technique au plan financier notamment, et une bonne compréhension de l'environnement.

Question :

Aline62 : Est ce qu'on est mieux payé quand on travaille la nuit ?<BR>Reji : Combien d'heures travaille les personnes à l'hôpital ? Est-il vrai que parfois les gardes durent plusieurs jours ?

Réponse :

Sandrine Monot : Le travail de nuit est un petit mieux payé du fait qu'on touche une prime horaire de nuit. En général, les infirmières qui travaillent la nuit l'ont choisi. On distingue généralement le travail de jour, de 7 h à 15 h, le travail de garde, de 13 h 30 à 21 h, et la nuit, de 21 h à 7 h. En réanimation, les infirmières travaillent souvent par cycle de 12 heures (8 h à 20 h, 20 h à 8 h) et alternent des cycles de jour et de nuit. Par exemple, trois mois de jour, trois mois de nuit. Pour ma part, je travaille en "grande équipe", ce qui signifie que j'alterne le travail de jour et de garde. Une autre équipe est sur la nuit. A propos des gardes, on ne peut pas travailler plus de 12 heures de suite, et pas plus de six jours consécutifs sans repos, sauf dans le cas d'un plan blanc.

Question :

Pierre : Y a-t-il beaucoup de places disponibles pour faire dentiste, cela va-t-il changer au fil des années ?

Réponse :

Emmanuelle Quillet : A notre connaissance, les places restent globalement stables. La spécialité dentiste n'est pas choisie en priorité par les étudiants qui réussissent le concours de PCEM (passage de 1ère année en 2e). Donc, ça laisse quelque chance...

Question :

Yoyo : Quel est votre meilleur souvenir comme infirmière... et le pire ?

Réponse :

Sandrine Monot : Mon meilleur souvenir en tant qu'infirmière, je crois que c'est quand j'ai assisté à un accouchement. C'était le 14 janvier 2002, ça m'a marquée ! Le pire, c'était en psychiatrie, lorsque j'ai assisté à la mise en isolement d'une patiente dans un but thérapeutique. Fermer la serrure et l'entendre hurler, c'était horrible.

Question :

Funky Women : Est-ce que l'hôpital, c'est comme Urgences, la série télé ?

Réponse :

Sandrine Monot : Parfois ça y ressemble... D'autres fois pas du tout. Urgences, c'est souvent un scénario catastrophe, ajouté aux multiples histoires personnelles des soignants qui y travaillent.

Emmanuelle Quillet : Ce n'est pas toujours aussi agité quand même ! Un service d'urgence peut aussi être calme. La majorité des gens qui viennent aux urgences viennent en fait pour des problèmes qui pourraient être vus par un généraliste. Seulement, ils sont pressés ou inquiets.

Question :

Coquinou : On dit souvent qu'à cause de la pénurie d'infirmière, ce sont des infirmières espagnoles qui font les remplacements... Mais avec la construction européenne, ne peut-on pas souhaiter ce mélange ?

Réponse :

Emmanuelle Quillet : Les infirmières espagnoles ne font pas des remplacements, elles sont recrutées en CDI ou comme fonctionnaires, tout comme les françaises. Leur formation est de la même qualité et la seule difficulté pour elles est d'apprendre le français. Depuis deux ans, plus de 700 infirmières espagnoles ont été recrutées. Et nous espérons que cela puisse continuer. C'est ça l'Europe.

Question :

Emma : Moi je fais un bac ES et je voudrai être infirmière, mais j'hésite à faire une prépa.

Réponse :

Sandrine Monot : Je te conseille de passer le concours en le préparant seule. De t'inscrire dans une filière universitaire en parallèle, par exemple à un DEUG de sciences humaines. Ensuite, si tu échoues au concours, tu pourras t'inscrire à une prépa par correspondance (par exemple avec le CNED), ou dans une école. Mais elles sont très souvent privées et donc très chères. Si possible, continue la filière universitaire en parallèle pour éviter de perdre ton temps en cas d'échec. L'avantage du concours infirmier, c'est qu'il y a deux sessions par an : avril-mai et octobre-novembre. Cela évite d'attendre un an pour repasser le concours.
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