Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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31/03/2004 à 17h00 - Bien choisir sa prépa

Mauvaise ambiance, bizutage incontournable, forte pression… On entend dire toutes sortes de choses à propos des classes prépas. Mais qu’en est-il réellement ? Pour le savoir, retrouvez les échanges qui ont eu lieu entre les internautes et nos deux invités.

Les invités

Norbert Perrot - Enseignant de prépa

Jean-Claude Philippe - Elève-ingénieur à l'Ecole des Mines

Question :

Steph : Comment fait-on pour intégrer une prépa ? Y a t il un concours ou un bon dossier suffit-il ?

Réponse :

Norbert Perrot : On intègre une classe prépa selon son dossier. La procédure est nationale. Pour cette année, la procédure d'inscription est close. Mais il existe une '' session de rattrapage'', le 13e voeu, mais qui ne permet pas de choisir son lycée. Il faut un ''bon'' dossier, mais cela ne veut pas forcément dire 18/20 de moyenne générale...

Question :

Jérémy : Pour Jean-Claude Philippe : Quelle moyenne aviez-vous en terminale ? Et ensuite, en prépa ?

Réponse :

Jean-Claude Philippe : J'ai eu mention assez bien au bac S, et j'ai quand même réussi à intégrer une bonne école ! Ma moyenne devait tourner autour de 12-13 en terminale. En début de prépa, autour de 6-7, puis ça a progressé pour atteindre 12 ou 13, voire plus selon les matières. Les barèmes n'ont rien à voir entre le lycée et la prépa.

Question :

Isa : Pour Jean-Claude Philippe : Au lycée, saviez-vous déjà ce que vous vouliez faire comme études ? Qui vous a orienté vers une prépa ?

Réponse :

Jean-Claude Philippe : Je savais déjà que je voulais devenir ingénieur. Par tradition familiale, je savais que la prépa était un bon moyen. Sur mes trois frères et soeurs, deux sont ingénieurs, et mon père aussi.

Question :

Olivier : Y a-t-il beaucoup d'élèves qui abandonnent en cours d'année à cause de la pression ? Les profs essayent-ils souvent de vous faire craquer ?

Réponse :

Norbert Perrot : Non ! Cela n'est pas vrai, on essaye plutôt de les encourager ! D'autant plus qu'en septembre 2002, 2 000 places n'ont pas été pourvues dans les écoles d'ingénieurs... Evidemment, il y a toujours des élèves qui abandonnent en cours d'année, mais cela ne représente pas une grande proportion. Pour devenir ingénieur, il y a un certain nombre de compétences à acquérir, du travail à fournir. Donc il est normal que parmi les élèves, certains n'aient pas le courage de s'y atteler.

Jean-Claude Philippe : On est encadrés. On est un peu pressurisés par la masse de travail, mais c'est plus facile à mon avis d'être encadré comme ça plutôt que d'être livré à soi-même à la fac. Les abandons, il y en a toujours un ou deux... Si on ne se met pas au travail dès les premiers mois, on est très vite dépassé. Mais c'est une minorité. Pour ma part, j'étais parti en début d'année de maths sup 36e sur 40 en physique, et j'ai fini 1er ou 2e en fin de maths spé.

Norbert Perrot : Il a fini par prendre la craie quand le prof avait des défaillances en fin d'année !

Question :

Fly : Faut-il forcément faire deux années de prépa avant de passer les concours des grandes écoles ?

Réponse :

Norbert Perrot : Oui, sauf un concours spécifique pour ce qu'on appelle les ''petites mines''.  Ce sont quatre écoles qui recrutent en fin de première année. Nous incitons les élèves à passer ces concours.

Jean-Claude Philippe : Cela permet de se jauger.

Question :

Haribo_girl : Ca coûte cher de faire une prépa ?

Réponse :

Norbert Perrot : Cela ne coûte pas plus que les frais de scolarité du lycée. En général, les profs travaillent avec des polycopiés, il n'y a pas de livres à acheter.

Question :

Betsen : Pour Norbert Perrot : Les profs de prépas ont-ils des diplômes supérieurs aux profs de collèges ou de lycée ?

Réponse :

Norbert Perrot : Oui, normalement. Ils sont tous agrégés et ont fait une thèse. Un agrégé n'enseigne pas au collège...

Question :

Robun : Question générale : La prépa est-elle un moyen de sélectionner, de donner un type de démarche intellectuelle, ou de donner vraiment les clés qui vont ouvrir à la vie professionnelle ?

Réponse :

Norbert Perrot : Une démarche intellectuelle, effectivement. Mais les prépas préparent aussi à la vie professionnelle.

Jean-Claude Philippe : En arrivant en école après une prépa, on sent bien que les classes prépas nous ont formés à être rapides, efficaces, à avoir des méthodes de travail pour intégrer beaucoup de données.

Question :

Jorn : Pour Jean-Claude : Vous arrivez à survivre à l'école des Mines ? Le rythme de travail n'est-il pas trop intensif ?

Réponse :

Jean-Claude Philippe : Comme dans toute école d'ingénieur, on sait allier travail et loisirs. Donc on survit très bien ! En prépa, j'arrivais aussi à me ménager mon samedi soir... Je travaillais en moyenne 3 heures par jour et le dimanche, en plus des cours.

Norbert Perrot : Il est souhaitable que le travail soit régulier. C'est toute la difficulté des élèves qui arrivent en prépa, qui ne sont pas habitués à un rythme régulier...

Question :

Zoé : Les prépas scientifiques recrutent-elles beaucoup de filles ? Passe-t-on un entretien ? Comment se déroule la sélection ?

Réponse :

Norbert Perrot : On ne passe pas d'entretien, la sélection se fait sur dossier. Les prépas scientifiques souhaitent accueillir de plus en plus de filles. Pour le moment, nous avons entre 20 et 30 % de filles dans les filières les plus féminisées.

Jean-Claude Philippe : Dans ma promo, sur 91 élèves, il y a 21 filles.

Question :

Betsen : Pour Jean-Claude : Quel métier souhaites-tu faire après les Mines ?

Réponse :

Jean-Claude Philippe : J'aimerais travailler sur le terrain, sur des chantiers de génie civil ou autre, et traiter de problèmes qui me permettent d'utiliser toutes les compétences généralistes que j'ai acquises dans mes études. Globalement, en sortant de l'école, on peut faire tout type de métier : ingénieur, commercial...

Question :

Jorn : Quel est la taux de réussite aux classes prépa ? Autrement dit quand on y entre, combien a t-on de chances d'aller jusqu'au bout ?

Réponse :

Norbert Perrot : Je ne vais pas dire 100 %, mais une fois que vous êtes rentré en classe prépa, il n'y a pas beaucoup d'abandons.

Jean-Claude Philippe : On est quasi sûr d'avoir une école à la sortie. Elles sont toutes intéressantes, même si elles n'offrent pas toutes les mêmes métiers à la sortie.

Question :

Fly : Quelle est la grande école où le concours est le plus difficile ? X, Mines... ?

Réponse :

Norbert Perrot : Bonne question ! La difficulté d'un concours réside dans le rapport nombre de places/nombre de candidats. Je ne suis pas sûr que ce soit Polytechnique qui soit la plus dure.

Jean-Claude Philippe : Tout dépend du profil de l'élève : j'ai bien réussi Mines et Ponts, et moins bien Centrale, ce qui ne veut pas dire que c'est plus dur, car beaucoup d'autres ont fait l'inverse.

Norbert Perrot : Centrale doit être moins difficile que Mines ou Ponts, car il y a plus de places à Centrale.

Question :

Jorn : Connaissez-vous la proportion entre classes prépas littéraires, commerciales et scientifiques ?

Réponse :

Norbert Perrot : Question difficile... Je crois que les plus nombreux sont quand mêmes les prépas scientifiques, avec environ 17 000 places, ensuite viennent les commerciales, avec 13 000 places... Et ensuite les classes littéraires, avec 7 000 places. Un des grands chantiers du ministère était justement de travailler aux débouchés de ces filières littéraires. Depuis quelques années, les élèves qui ont suivi des prépas littéraires peuvent aller vers le commerce.

Question :

Clash : Quelle est la filière qui offre le plus de débouchés : scientifique, littéraire ou commerciale ?

Réponse :

Norbert Perrot : Il s'agit de la filière scientifique, à coup sûr. Pour consulter les chiffres, connectez-vous à http://www.scei-concours.org

Question :

Dof : Qu'en est-il aujourd'hui du bizutage dans les classes prépa ?

Réponse :

Norbert Perrot : C'est devenu ''bon enfant'' ou ça a disparu.

Jean-Claude Philippe : Cela existe dans certains établissements, mais c'est plus une tradition de corps, avec une ambiance un peu familiale...

Question :

Reno : Pour intégrer une école d'ingénieur, quel type de prépa vaut-il mieux suivre ?

Réponse :

Norbert Perrot : Regardez le rapport places/inscriptions. Par exemple en PT (Physique et Technologie) ce rapport est de 88 %, ce qui veut dire qu'il y a 88 places pour 100 candidats.

Question :

Betsen : Fait-on encore un peu de français ou d'histoire en prépa scientifique ?

Réponse :

Norbert Perrot : On fait deux heures de français par semaine, avec des coefficients très élevés ! Par exemple, à Centrale Paris, le coefficient du français au concours est de 11/61.

Jean-Claude Philippe : Du français, on en fait beaucoup, et ça peut faire très mal dans certains concours ! Mais même si on n'est pas bon, on peut quand même passer au travers, en étant bon dans les matières scientifiques...

Question :

Dof : Henry IV et Louis le Grand sont-elles toujours les références en matières de classes préparatoires ?

Réponse :

Norbert Perrot : Ce sont effectivement de bonnes classes.

Jean-Claude Philippe : Elles font partie des très bonnes classes prépas mais pas plus que d'autres.

Question :

Haribo_girl : Que fait un ingénieur au juste ? Ca marche par spécialité ?

Réponse :

Jean-Claude Philippe : Il vaut mieux, pour démarrer dans la vie active, se spécialiser dans quelque chose, même avec un diplôme généraliste, quitte à élargir son champ d'action après. Un ingénieur, c'est quelqu'un qui essaye de trouver des solutions à des problèmes de tous types, mais avant tout techniques.

Norbert Perrot : C'est la création d'objets techniques qui répondent aux besoins de l'homme.

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