Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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11/02/2004 à 17h00 - Les métiers et formations agricoles

Plus de 200 000 élèves, apprentis et étudiants suivent une formation agricole. Pour découvrir les principaux cursus proposés, connaître les domaines porteurs et la diversité des métiers du secteur, retrouvez les échanges qui ont eu lieu entre les internautes et nos deux invités.

Les invités

André Quillevéré - Proviseur du CFA La Bretonnière

Sonia Lurienne - Ancienne élève de LPA devenue fleuriste

Question :

Rémi : J'ai 15 ans, je suis en 3e et j'aimerais travailler dans l'agriculture : dois-je intégrer tout de suite un lycée agricole ou faut-il mieux faire un lycée général puis m'orienter vers des formations agricoles supérieures ?

Réponse :

André Quillevéré: Les deux sont possibles. Il faut mieux intégrer une seconde générale et technologique dans un lycée agricole, ou une seconde professionnelle orientée vers la production agricole. Si vous rentrez en seconde générale et technologique en lycée agricole, vous suivrez une option particulière qui s'appelle écologie agronomie territoire et citoyenneté, qui permet ensuite d'intégrer une première et une terminale STAE (Science et technologie agronomie et environnement).

Question :

Fleurette : Question pour Sonia : Pourquoi avoir choisi le métier de fleuriste ? Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Réponse :

Sonia Lurienne : Le métier de fleuriste est une passion avant tout ! Il y a beaucoup d'inconvénients (pas d'horaires fixes, pas de vacances, pas de jours de congés, on travaille dans le froid et debout...) , mais les avantages sont nombreux : on crée ce qu'on ressent, et puis il y a les parfums, le contact avec la clientèle pour offrir du bonheur ! Mais on est là aussi dans les moments difficiles, il faut savoir les consoler...

Question :

Elize : Faut-il vraiment un bac pour devenir agriculteur ?

Réponse :

André Quillevéré : Il faut un bac pour obtenir les aides et les conseils techniques pour devenir agriculteur. Le mieux est de préparer un bac professionnel dans un lycée agricole, pour préparer la spécialité, soit animale, soit végétale, et apprendre également les éléments de gestion et d'économie d'entreprise pour préparer son métier d'agriculteur.

Question :

Salim : Quel diplôme faut-il pour avoir une ferme ? Le diplôme est obligatoire ?

Réponse :

André Quillevéré : Le diplôme minimum est celui du bac professionnel Conduite et Gestion de l'exploitation agricole (CGEA). Et il existe aussi des formations pour adultes, soit pour se reconvertir soit pour approfondir ses connaissances dans le cadre d'un brevet professionnel agricole. Ces brevets professionnels se préparent dans les centres de formation professionnels pour adultes associés aux lycées agricoles. Ces diplômes sont nécessaires mais non obligatoires pour obtenir les subventions préalables à l'installation, les prêts bonifiés pour l'achat du matériel, des animaux, la location des terres et pour simplement avoir le droit d'exploiter.

Question :

Laurant : Est-ce que ça rapporte bien, le métier de fleuriste, et avez-vous eu du mal à créer vote boîte ?

Réponse :

Sonia Lurienne : Un débutant gagne environ 1 000 euros nets par mois, et ensuite, en créant son entreprise, les deux premières années il n'y a pas de revenu fixe, puis on peut espérer 1 500 euros à 2 000 euros nets mensuels. J'ai commencé par un BEP production horticole, en 3 ans, en apprentissage. Puis un CAP de fleuriste en un an, en apprentissage toujours et en gardant mon emploi chez ce même fleuriste, en étant fleuriste qualifiée. Puis j'ai créé mon entreprise il y a un an, suite à de nombreuses recherches auprès de l'ANPE, la chambre des métiers.... Cela a été difficile. Les démarches sont compliquées. La chambre des métiers m'a beaucoup aidée. C'est par là qu'il faut commencer les recherches.

Question :

Bottes_en_caoutchouc : Les agriculteurs peuvent-ils vivre sans les aides de l'Etat ou de l'Europe ? Comment motiver les jeunes quand on sait que la précarité est souvent leur avenir dans le secteur ?

Réponse :

André Quillevéré : Les aides européennes viennent compenser les prix des produits agricoles. En effet, pour garantir un prix relativement bas à la consommation pour les ménages, depuis 1960, la politique agricole commune a varié dans le mode d'aide aux producteurs. La précarité n'existe que par la variation des prix. Or justement, les aides compensatoires accordées par l'Europe permettent d'atténuer cette précarité. La plus grande difficulté pour devenir agriculteur consiste dans la mise en oeuvre de moyens très importants, et le retour sur investissement des moyens est relativement long. Je pense que la précarité est aujourd'hui atténuée largement par ces aides compensatoires, à condition que le jeune agriculteur soit suffisamment ouvert aux conseils des Centres de gestion et des Chambres d'agriculture. Il faut aussi prendre en considération les aléas climatiques et les épidémies éventuelles, qui surviennent chez les animaux. Pour faire face à ces aléas, la formation technique agricole est indispensable.

Question :

Souris_verte : Quels sont les horaires de travail d'un fleuriste ?

Réponse :

Sonia Lurienne : Je faisais 11h-15h et 16h-20h,quand j'étais apprentie et employée ; en tant que chef d'entreprise, un jour d'approvisionnement à Rungis, on commence à 3 heures un matin jusqu'à 12h30, puis 14h-20 heures ! Le jour de la Saint-Valentin, c'est même 1 heure du matin - 22 heures ! Il faut préparer la boutique, les prix, les commandes, accueillir la clientèle... et préparer les bouquets d'avance.

Question :

Cyril : Bonjour. Je suis jeune citadin, avec une formation initiale dans le commerce (BTS), et n'ai pas de parent proche dans le monde agricole. Est-il possible de se reconvertir pour prendre une exploitation agricole ? Quelles sont les formations ? Y en a-t-il en Ile-de-France?

Réponse :

André Quillevéré : Vous pouvez suivre un BTS en Gestion d'entreprise agricole. Cette formation s'appelle le BTS ACSE Analyse et conduite des systèmes d'exploitation. Cette formation est possible par la voie initiale au lycée agricole de Brie-Comte-Robert ou par l'apprentissage au Centre d'enseignement zootechnique de Rambouillet à la Bergerie Nationale. Ce BTS donne le droit d'exploiter et vous pourrez bénéficier des aides et conseils pour l'installation.

Question :

Cyril : Ok merci, je chercherai les coordonnées sur les pages jaunes.

Réponse :

André Quillevéré : Voici l'adresse : Lycée Bougainville, Domaine de Sansalle, Brie Comte Robert dans le 77.

Question :

Catwoman : La vie de famille est-elle possible quand on est agriculteur ou même fleuriste ?

Réponse :

Sonia Lurienne : Il faut vraiment que le conjoint soit conciliant ! Dans la majorité des cas des fleuristes, le conjoint quitte son métier pour travailler dans la boutique. C'est une organisation à trouver dès le départ. C'est pire qu'un médecin ou une infirmière ! Nous, on va à deux à Rungis. On travaille à deux, on se complète.

Question :

...

Réponse :

André Quillevéré: Les chaînes de distribution préfèrent employer des technico-commerciaux. Des jeunes qui ont d'abord suivi une formation horticole puis fait de la vente, ou le contraire, en jardinerie animalerie. Il faut savoir qu'il y a une forte demande de recrutement dans le secteur de la commercialisation en jardinerie animalerie.

Question :

Souris_verte : Vous vous fournissez forcément à Rungis ?

Réponse :

Sonia Lurienne : A Rungis principalement, surtout en hiver. Mais de mars à décembre, je travaille avec les producteurs de la région, de Seine-et-Marne ou du 94, qui sont les rosiéristes, les producteurs de jacinthes, et fleurs coupées variées.

Question :

Roro : Pour André, c'est quoi la zootechnie ?

Réponse :

André Quillevéré : C'est l'étude scientifique des pratiques de productions animales. Nous étudions donc l'anatomie des animaux, la physiologie, l'alimentation, la reproduction, le soin et les bâtiments d'élevage, d'un point de vue de leur conception et des matériaux.

Question :

Roro : On a une idée des salaires moyens des exploitants agricoles en Ile-de-France ? Sont-ils privilégiés par rapport à d'autres régions ?

Réponse :

André Quillevéré : Le revenu des exploitants agricoles est très variable selon les productions et selon les années. Par rapport aux autres régions, les exploitants francilliens sont davantage orientés vers les grandes cultures, sur des domaines assez importants, aux alentours de 150 hectares. Par contre les élevages sont peu représentés. Il y a autant de différence de salaire chez les exploitants que dans l'ensemble des professions rencontrées sur le territoire. Cela va du SMIC à des revenus très importants. C'est trop variable pour donner des chiffres précis.

Question :

Caro17 : Les femmes sont-elles de plus en plus nombreuses à vouloir devenir exploitantes ?

Réponse :

Sonia Lurienne : Chez les fleuristes, il y a de plus en plus d'hommes. Dans les écoles, 90 % des élèves sont des hommes. Notre ancien livreur est devenu fleuriste, sans aucun diplôme, il a appris en regardant les autres travailler, et il est devenu excellent !

André Quillevéré : Les femmes sont aujourd'hui reconnues de la même manière que les hommes comme exploitantes agricoles. Autrefois, l'agriculture familiale était surtout tenue par les hommes. Les conjointes n'avaient aucun statut. Depuis une dizaine d'années, les femmes ont obtenu le statut d'Associée d'exploitation, dans le cadre des groupements agricoles d'exploitation en commun ou dans le cadre de sociétés agricoles.

Question :

Bertrand : M. Quillevéré, quelles sont les sections et les filières proposées dans votre lycée ?

Réponse :

André Quillevéré : Il y a quatre sections dans mon lycée. Tout d'abord : collège agricole en quatrième et troisième technologiques agricoles. Ensuite, lycée professionnel agricole, qui accueille deux sections. Une en production agricole végétale et animale et l'autre en service de secrétariat accueil, avec l'option d'initiation au métier d'auxiliaire vétérinaire. Ces deux BEP mènent vers des baccalauréats professionnels correspondants. Troisième possibilité d'accueil : elle concerne le CFA (Centre de formation d'Apprentis), dans lequel les jeunes sont accueillis à partir de quinze ans, en classe préparatoire à l'apprentissage, et ensuite à partir de seize ans, ou à la fin d'une classe de troisième de collège, nous les préparons au CAP au BEP puis au Bac dans quatre domaines. Premier domaine, la production agricole et l'utilisation des matériels. 2e : la production horticole, florale et légumière. 3e : les travaux paysagers en jardins et espaces verts. Et enfin, le commerce en jardinerie animalerie. Dernier domaine d'accueil : le lycée d'enseignement général et technique agricole. Les jeunes entrent en seconde générale et préparent ensuite un baccalauréat science et technologie de l'agronomie et de l'environnement. Il comporte quatre disciplines prioritaires : les sciences physiques, les sciences et vie de la terre, les sciences économiques et l'histoire et la géographie.

Question :

Cyril: Merci pour l'adresse ! J'ai une question pour Sonia. Combien de temps faut-il pour passer d'employé fleuriste à gérant d'une boutique de fleurs ? Il y a des aides pour monter sa propre structure ?

Réponse :

Sonia Lurienne : Pour la première question, c'est comme on veut ! Il faut quand même avoir les épaules bien solides et une certaine expérience. Moi je l'ai fait au bout de 3 ans, parce que je travaillais chez un des meilleurs fleuristes de Paris, ce qui permet d'acquérir plus vite l'expérience nécessaire. Pour la 2e question, il existe une aide à la création d'entreprise, mais il n'y a plus de sous dans la caisse, donc ça ne sert plus à rien d'essayer ! En revanche, on peut obtenir une exonération de charges, qui concerne l'Urssaf, l'Utim et l'organique, selon les caisses de retraite qu'on choisit, pour une période d'un an. Mais, pour l'obtenir, il faut faire une demande de dossier qui n'est pas évident à remplir. On peut se faire aider par un consultant de la chambre des métiers. Il faut être très patient, car on obtient la réponse qu'à la fin de la première année d'activité. Et pendant ce temps là, on paye les charges ! On se fait rembourser ensuite.

Question :

Greg : Combien ça coûte de monter sa propre exploitation ? Les banques prêtent-elles de l'argent facilement pour s'installer dans le secteur agricole ?

Réponse :

Sonia Lurienne : Pour connaître le montant nécessaire, il faut pouvoir évaluer ses besoins en investissement. On peut obtenir un prêt à l'Etat auprès des banques, où le remboursement commence seulement une année après. Tout dépend aussi si vous reprenez une boutique ou si vous créez votre propre entreprise.

Question :

...

Réponse :

André Quillevéré: Les chaînes de distribution préfèrent employer des technico-commerciaux. Des jeunes qui ont d'abord suivi une formation horticole puis fait de la vente, ou le contraire, en jardinerie animalerie. Il faut savoir qu'il y a une forte demande de recrutement dans le secteur de la commercialisation en jardinerie animalerie.

Question :

Purée de nousautres : Est-ce que ceux qui sont dans les grandes chaînes de magasins de fleurs, ils ont le CAP ou ils sont seulement vendeurs ?

Réponse :

Sonia Lurienne : Je crois qu'ils recrutent avec un CAP.
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