Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Pascale Pombourcq

Présidente de l'APMEP et professeur de maths en lycée, Montauban (82)
Date de l'interview : 01/11/2007

Le métier d'enseignant est de plus en plus difficile, mais aussi de plus en plus varié.

Enseignant actuellement à des élèves de terminale S et en BTS comptabilité et gestion des organisations, Pascale Pombourcq nous parle de son métier avec recul.

Quel est votre rôle au sein de l'APMEP ? Quelles sont les missions de cette association ?

Membre du bureau national de l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP) depuis 1999, j'ai été élue présidente de l'association en juin 2006. L'activité de l'APMEP comporte deux volets : un volet politique qui est rempli par le bureau et le comité national et un volet pédagogique avec la publication de brochures destinées aux enseignants de mathématiques.

Comment jugez-vous la place des mathématiques dans l'enseignement secondaire français ?

Elle se dégrade lentement depuis plus d'une dizaine d'années. La rupture s'est faite au début des années 90 lors de la réforme des terminales scientifiques. Le passage de la terminale C à la terminale S a fait perdre une heure et demie de mathématiques pour les élèves qui font la spécialité maths et trois heures et demie pour les autres. La diminution des horaires s'est fait sentir au collège également. En l'espace d'une dizaine d'années, un élève entre la sixième et la terminale aura perdu presque deux années d'enseignement de mathématiques !

Le groupe de mathématiques de l'Inspection générale expérimente la mise en place d'une épreuve pratique de mathématiques au bac S. De quoi s'agit-il ?

L'inspection générale souhaite créer une épreuve au bac S calquée sur ce qui se fait déjà en physique et SVT. Ce serait une épreuve du type travaux pratiques. Les élèves auraient à leur disposition pour répondre à la question posée, la calculatrice mais aussi tous les moyens informatiques qu'ils souhaitent : tableur, logiciel de géométrie dynamique... Cette épreuve interviendrait pour 4 points dans la note finale de maths au bac.

Quel est votre parcours ? Comment êtes-vous venue à l'enseignement ? Quelle est la place des femmes dans l'univers des maths ?

Je savais quand j'étais élève que je ne voulais pas être professeur de mathématiques ! Pour autant, pour payer mes études, je donnais des cours particuliers et j'adorais ça. Ce sont les aléas des mutations de mon mari qui m'ont conduite à passer l'agrégation et donc à devenir prof. Heureusement l'univers des maths s'est un peu féminisé, à mon époque, j'ai passé mon DEA en 1981, il était très masculin ! Les filles sont désormais légèrement majoritaires en terminale S. Mais à quand une médaille Fields féminine (prestigieuse récompense en mathématiques, comparable au Prix Nobel) ?

Parlez-nous de votre activité de professeur de mathématiques au quotidien ?

Le métier d'enseignant est de plus en plus difficile, mais aussi de plus en plus varié. Ce n'est pas le même métier d'enseigner en sixième et d'enseigner en terminale S. Au lycée même, faire cours en terminale S et faire cours en terminale STG ne se fait pas de la même façon. Je ne voulais pas être prof parce que je ne voulais pas répéter toute ma vie la même chose. J'ai pourtant l'impression de ne jamais me répéter : les élèves ne sont jamais les mêmes, ils ont tous des réactions différentes face aux notions enseignées. La même notion n'est donc jamais présentée tout à fait de la même façon.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans votre pratique ?

J'ai pris conscience en enseignant au collège de l'impossibilité pour certains élèves de suivre un cours. Les difficultés qu'ils rencontrent dans leur vie familiale, parents au chômage, qui divorcent... les rendent indisponibles pour tout apprentissage. C'est un constat assez déprimant. Certains enfants ne font pas exprès "d'exploser" à l'école, ils n'ont pas le choix !

Qu'aimez-vous le plus dans votre métier ?

La liberté.

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes désireux de devenir enseignants en maths ?

Paradoxalement, peut-être de ne pas devenir prof trop jeune. Je leur conseillerai d'aller faire autre chose avant, pour quitter au moins quelques années le milieu de l'école. J'appliquerai ce conseil à tous les profs, pas seulement les profs de maths. Et pour les profs de maths en particulier, il faut s'intéresser aux applications des mathématiques dans la vie de tous les jours.