Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Marie-Hélène Ghysel

Directrice adjointe du laboratoire de toxicologie de la préfecture de Police, Paris (75)
Date de l'interview : 01/06/2008

Les personnels scientifiques de la Police devront être très pointus dans leur domaine en raison des techniques de plus en plus sophistiquées.

Dépendant de la préfecture de police de Paris, le laboratoire de toxicologie fait partie de l'Institut national de la police scientifique (INPS). Sa directrice adjointe, Marie-Hélène Ghysel, nous présente son métier.

Quelles sont les principales activités du laboratoire de toxicologie de Paris ?

Le laboratoire de toxicologie de la préfecture de police de Paris (LTPP) réalise essentiellement des analyses de prélèvements biologiques aux fins de rechercher un toxique : alcool, drogue, médicaments, pesticides... ainsi que des analyses de produits pouvant être des stupéfiants.

Qui demande ces recherches toxicologiques ? 

Nous travaillons surtout pour la police et la justice afin d'analyser des scellés qui peuvent être des éléments d'enquête et ainsi aider à résoudre des affaires délictuelles ou criminelles.

Quels métiers de la police scientifique et techniques sont représentés au LTPP ?

Au sein du LTPP, 26 personnes travaillent. On trouve les postes suivants : 7 ingénieurs de la police scientifique et technique, 3 techniciens, 6 aides techniques, 8 administratifs, 1 chef de service et 1 directeur. En 2008, seul le recrutement d'un ingénieur est prévu.

Quel est votre propre parcours ?

Après des études de pharmacie, j'ai fait une thèse de 3e cycle en toxicologie. La variété du travail proposée, la nécessité de devoir toujours apprendre et la possibilité d'une recherche scientifique permanente ont ensuite motivé mon entrée dans la police scientifique. A l'époque, les postes étaient contractuels. En 1992, le personnel ingénieur est devenu fonctionnaire de la police et a, en fonction de l'ancienneté et des notations, grimpé les échelons vers ingénieur principal puis ingénieur en chef de la police scientifique et technique.

Faut-il être mobile, l'INPS étant une structure nationale ?

Si les candidats réussissent le concours et qu'il n'y a qu'1 ou 2 postes, il faut qu'ils aillent dans le laboratoire qui attend le poste. Cela peut être Lille, Lyon, Marseille, Paris ou Toulouse. S'ils se trouvent bien dans un laboratoire, ce n'est pas nécessaire de bouger, sauf peut-être si on veut une promotion.

Quelles sont vos principales activités au quotidien ?

Il s'agit d'abord d'un travail d'équipe et d'encadrement. Mes activités sont très variées : faire des discussions et interprétation de résultats, relire puis signer des rapports et des documents qualité, résoudre certains problèmes administratifs, répondre à des études, éventuellement écrire des publications, lire de la documentation et des publications scientifiques, aller à des réunions, aller aux assises, parfois participer à des jurys d'examens, des groupes de travail, des congrès, etc. Nous devons aussi travailler dans l'urgence, par exemple, dans le délai de la garde à vue, et assurer des permanences le week-end.

Quelles sont les difficultés et contraintes de votre métier ?

Nous rencontrons des problèmes d'appareillage et il y a toujours beaucoup de travail avec parfois des cas difficiles ou sordides.

Quelles principales qualités requiert-il ?

Ce métier nécessité de la patience, de la minutie, mais aussi d'être curieux et ingénieux.

Quels conseils pourriez-vous donner aux nombreux jeunes attirés par la police scientifique ?

Ils doivent savoir que c'est très difficile de rentrer dans la police scientifique car il n'y a que quelques places par an. Je leur conseillerais de faire des études scientifiques, puis éventuellement un diplôme complémentaire en criminalistique ou en fonction de la matière que l'on a choisie, et aussi de réussir à trouver des stages avec un sujet en relation avec les analyses demandées en criminalistique. A l'avenir, les personnels scientifiques devront être très pointus dans leur domaine pour travailler sur des techniques de plus en plus sophistiquées.