Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Marcelle Epaminondas

Gérante de la SARL Gwaflor Exotique, Noisy-le-Grand (93)
Date de l'interview : 01/03/2010

L’aspect commercial de mon activité de gérante en fleurs exotiques me plaît énormément car j'aime beaucoup le contact avec les autres.

Après 20 ans d'une carrière de comptable, Marcelle Epaminondas a décidé de renouer avec les fleurs de sa Guadeloupe natale et créé sa société de grossiste en fleurs exotiques.

Comment est né votre projet ?

Il y a 4 ans, j'ai renoncé à mon poste de secrétaire comptable, fonctionnaire de l'Office des eaux et forêts, pour me lancer avec un ami, propriétaire d'une plantation à la Guadeloupe, dans la création d'une entreprise de grossiste en fleurs exotiques. Mon objectif était de faire connaître ces produits en métropole. Je connais bien l'univers des fleurs pour avoir aidé, lorsque j'étais étudiante, mes grands-tantes, les premières fleuristes à la Guadeloupe. De même lorsque cet ami venait à Paris pour présenter ses fleurs au Salon de l'agriculture ou à la Foire de Paris, je prenais des congés pour l'aider. C'est de là qu'un projet commun est né.

Pouvez-vous nous raconter les étapes de votre création d'entreprise ?

L'entreprise existe donc depuis 4 ans mais avec beaucoup de difficultés. J'ai du en effet très vite me séparer de mon associé devenu trop ''gourmand'' (souhait d'un salaire). Je me suis alors tournée vers d'autres producteurs de fleurs en Côte-d'Ivoire, mais la guerre a éclaté. Mon principal client de Rungis, à qui je fournissais initialement des fleurs de la Guadeloupe, a alors accepté de devenir mon fournisseur car il a des contacts avec des producteurs camerounais.
N'étant plus grossiste, j'ai fait beaucoup de salons professionnels dans toute la France. Et pour renouer avec mon projet initial, je me suis mise en quête d'autres producteurs guadeloupéens. Malheureusement l'ouragan Dean de l'été 2007 a ruiné tous mes efforts. Si je n'avais pas décidé d'élargir mon activité à la vente de punchs exotiques, j'aurais du déposer le bilan. Mais je suis une battante, je crois en mon projet.

Comment s'était passée votre création d'entreprise ?

Comparée à ces difficultés majeures, les démarches de création d'entreprise m'ont paru à la fois simples et rapides. J'ai bénéficié d'un accompagnement du service économique de ma ville et facilement du dispositif ACRE destiné aux demandeurs d'emploi car mon dossier était solide. Ce dispositif permet notamment une exonération des charges sociales la première année. Je regrette par ailleurs de ne pas avoir bénéficié du soutien d'associations de femmes que j'avais pourtant sollicitées.
Le diagnostic de mes compétences en gestion a montré que je n'avais pas besoin de suivre une formation... il est vrai que je suis titulaire d'un BTS en comptabilité ! Ma formation et mon expérience de comptable m'ont donc été bien utile, même si je n'ai plus le temps de faire ma propre comptabilité.

Comment avez-vous financé votre projet ?

Sans apport personnel, la banque ne vous prête rien. Dans mon cas, la solidarité familiale a joué et j'ai ainsi pu bénéficier d'un prêt bancaire pour l'achat d'un véhicule indispensable. Actuellement, je suis gérante non salariée de mon entreprise. Idéalement j'aurais besoin d'un local faisant à la fois office d'entrepôt et de show-room pour exposer mes produits.

Que retirez-vous de cette aventure ?

C'est évidemment un grand changement de vie : je suis passée d'un statut de fonctionnaire à celui d'indépendante exerçant seule. J'équilibre juste mes frais (participer à un salon est très cher, surtout en région parisienne), mais je mise sur l'avenir. Je commence d'ailleurs à avoir quelques articles positifs dans la presse locale. La dimension commerciale de ma nouvelle activité me plaît énormément car j'ai toujours aimé le contact avec les autres. J'aime aussi beaucoup les fleurs et j'ai su saisir l'occasion qui s'est présenté à moi.

Quel conseil auriez-vous envie de donner à des jeunes ?

Qui ne tente rien n'a rien !