Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Lydie Gumery

Directrice pédagogique du groupe ISIPCA, Versailles (78)
Date de l'interview : 01/09/2007

Six à huit mois après leur sortie, le taux d'insertion des jeunes diplômés, grâce à l'expérience acquise en apprentissage, est de 88 %.

Lydie Gumery dresse un panorama des formations proposées à l'ISIPCA, Institut supérieur international du parfum de la cosmétique et de l'aromatique alimentaire.

Quelle est la spécificité de l'ISIPCA ?

Cet établissement unique en France et à l'étranger est de renommée internationale. Il accueille de nombreux étudiants étrangers. Il forme des spécialistes du développement de produit, de l'évaluation, du contrôle qualité, du marketing, et du management.
L'ISIPCA compte 360 élèves dont 95 % de filles, soit 240 diplômés par promotion.
Ses liens avec l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines qui valide la délivrance des diplômes d'Etat (licence pro et masters) sont très étroits. Avec 80 % d'intervenants issus du secteur professionnel, l'école propose un enseignement en adéquation avec les besoins de l'entreprise. Celui-ci concerne les techniques de formulation des parfums, des produits cosmétiques et des arômes alimentaires, l'éducation sensorielle olfactive, gustative et tactile, les matières premières, la chimie et les techniques d'analyse.

Quelles sont les formations proposées et leurs débouchés ?

Dans le domaine technique, la formation de préparateur en parfum, cosmétique et aromatique alimentaire (après un bac pro industriel, un bac STL ou un bac S) est tournée vers des postes de préparation en laboratoire et en pilote de production.
La licence pro en sciences et technologies spécialités parfumerie, cosmétique ou arômes alimentaires recrute des DUT, BTS ou L2 en chimie, biochimie ou agroalimentaire et forme des techniciens supérieurs en contrôle analytique, en qualité, en développement de produits et en analyse sensorielle.
Le master pro en sciences et technologies spécialités parfumerie, cosmétique ou arômes alimentaires prépare en 2 ans, à l'issue d'une L3 de chimie, biochimie ou agroalimentaire, à des postes d'encadrement et de création de produits.
Le domaine marketing est principalement illustré par le master pro management international de la parfumerie, de la cosmétique et de l'aromatique alimentaire. Il s'agit d'un master pro en administration et gestion des entreprises géré en partenariat avec l'université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines et l'EPSCI, école professionnelle du groupe ESSEC. L'admission se fait directement en M2 et s'adresse à des diplômés d'une école de commerce, d'ingénieur ou d'un M1 en gestion, marketing, finance, chimie, biologie.
Le domaine international a vu le jour pour répondre à la fois aux exigences nouvelles du secteur et aux étudiants étrangers de plus en plus nombreux. Ainsi la formation EFCM (european fragrance and cosmetic master) apporte à des titulaires de bac + 3 issus d'une filière scientifique une forte expertise technique et marketing business. La maîtrise de l'anglais courant est ici impérative.
Enfin, le domaine commercial avec le BTS management des unités commerciales, le BTS esthétique et la formation d'animateur conseiller en parfum et beauté s'adresse à des bac + 2 et est tourné vers la vente ou la représentation de marque au sein de la grande distribution spécialisée.

Quels sont les profils recherchés ?

Nous recherchons avant tout des profils passionnés par le domaine. La sélection s'opère dans un 1er temps sur dossier (900 déposés par an !). Des tests écrits sous la forme notamment de QCM sont ensuite proposés. La phase de sélection la plus importante est l'entretien oral avec le jury qui comprend des industriels cherchant à détecter un potentiel. Il s'agit d'un véritable entretien de pré-embauche.

Quelle est la place de l'apprentissage ?

Elle est devenue progressivement centrale, il a fallu d'abord gagner la confiance des entreprises. En dehors de l'EFCM, toutes les formations sont actuellement proposées en apprentissage. Les savoir-faire et savoir-être de ce domaine ne peuvent en effet se transmettre que grâce à une relation privilégiée avec un tuteur. Les candidats de nationalité étrangère peuvent néanmoins suivre ces formations sous statut scolaire en payant les frais de scolarité.

Quelle est l'insertion professionnelle des diplômés ?

Entre 6 et 8 mois après leur sortie de l'école, le taux d'insertion des jeunes diplômés, grâce à l'expérience acquise en apprentissage, est très bon. L'apprentissage leur donne aussi confiance en eux et leur permet de proposer les compétences acquises à d'autres entreprises.

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes attirés par ce domaine ?

Je leur conseillerais d'être avant tout des consommateurs avertis, à savoir : utiliser un produit en regardant son packaging, sa composition, sa provenance, la publicité qui lui est associée, lire la presse spécialisée, s'intéresser à la mode...

S'agit-il d'un secteur florissant ?

C'est un secteur à la fois florissant et passionnant; les filières y sont très spécialisées, les métiers évoluent, ont de nouvelles contraintes, notamment légales (tester les allergènes). Le marché ouvert à l'international est aussi très vaste car chaque continent possède des goûts spécifiques. Les jeunes optent plus facilement pour le parfum et les cosmétiques, plus visibles que les arômes pourtant très porteurs. De même la parfumerie fonctionnelle (hygiène, ambiance...) moins connue que la parfumerie fine (les parfums) offre pourtant des débouchés considérables.

Propos recueillis par Annie Poullalié