Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Bertrand Pariat

Graphiste salarié, Paris (75)
Date de l'interview : 01/12/2004

Graphiste depuis bientôt 10 ans, cela me plaît toujours autant ! Je me défini comme un artisan de la communication visuelle.

Graphiste salarié d'une petite entreprise, Bertrand Pariat évoque son parcours de formation et son évolution professionnelle. Aujourd'hui comme hier, la passion de la création le fait avancer.

Depuis quand êtes-vous attiré par le graphisme ?

Depuis toujours, j'ai aimé dessiner et aussi faire de la musique. Après mon bac A3, j'ai donc visé l'entrée à l'Ecole supérieure des arts graphiques à Paris. L'ESAG ne peut se faire qu'après un an d'atelier préparatoire au sein de l'école elle-même. C'est une année où il y a beaucoup de cours de dessin et d'histoire de l'art, autrement dit les bases. L'élève peut ensuite se présenter à l'ensemble des concours d'admission des écoles d'art, publiques et privées, françaises ou étrangères, ou tenter le concours de l'ESAG. J'ai donc tenté ce dernier concours et ai suivi les quatre années d'études (2 sections possibles : communication visuelle et architecture intérieure). Ceci dit, si un élève réussit à être dans les dix meilleurs de l'année préparatoire, il ne fait que 3 ans d'études ensuite... et cela a été mon cas.

Trouve-t-on facilement un emploi à la sortie ?

Même si l'ESAG ne prépare pas à un diplôme reconnu par l'Etat, son nom est très coté chez les professionnels des arts graphiques. Pour autant, ma recherche d'emploi s'est révélée difficile. Je suis en effet sorti de l'ESAG en 1994, à un moment où l'informatique appliquée à la communication visuelle venait juste de faire une entrée triomphale dans le monde du travail, mais pas encore à l'école. Je n'étais donc absolument pas préparé à utiliser les outils demandés, comme X-Press (logiciel de mise en page) par exemple. Je sais qu'entre temps, la formation a beaucoup changé et que ce problème a été résolu.

Vous travaillez comme graphiste aujourd'hui. Quel a été votre parcours professionnel ?

J'ai appris à utiliser X-Press et les autres logiciels nécessaires en travaillant à mon compte, de 1994 à 1998. J'étais inscrit à la Maison des Artistes et j'ai trouvé assez rapidement une agence de conseil en communication qui cherchait un graphiste indépendant. En 1998, cette agence m'a embauché et j'y suis toujours ! C'est une petite entreprise qui travaille pour certaines entreprises du domaine du luxe. Je réalise des illustrations, des documentations commerciales, des cartes de détaillants : comme on dit dans le métier, je fais de "l'éxé", de l'exécution.

Quels sont les aspects positifs et négatifs de votre métier ?

Bientôt 10 ans dans le même secteur, et cela me plait toujours ! Comme c'est un métier créatif, les journées se suivent mais ne se ressemblent pas : chaque commande est singulière. Parfois, lors de réunions avec le client, il y a une discussion animée pour trouver les bons visuels.
Par contre, il faut savoir bien gérer son stress, car les "charrettes" sont nombreuses. Les clients croient que je possède une baguette magique, or ce n'est pas le cas et le temps est toujours trop court !

Quelles sont vos perspectives d'avenir ?

Dans l'entreprise où je suis, qui est petite, il n'y a pas de possibilité d'évolution. Dans le domaine, un graphiste peut devenir directeur artistique. C'est un poste où il faut avoir des qualités d'artiste, de commercial et de manager. Mais je ne me sens pas prêt pour cela. Je pense plutôt élargir mes compétences vers le multimédia, pour manier de nouveaux outils graphiques comme l'animation en Flash par exemple. Quel que soit cependant mon chemin, je resterai toujours un peu l'artisan de la communication visuelle.