Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Valérie Busnel

Apprentie agenceuse de cuisines et salles de bain, Paris (75)
Date de l'interview : 01/04/2007

Il n'est pas nécessaire d'être bricoleur pour être agenceur de cuisines et salles de bain, mais il faut avoir l'esprit logique.

Déçue par le peu de perspectives professionnelles en tapisserie d'ameublement, son premier métier, Valérie Busnel s'est passionnée pour un nouveau métier porteur qui lui permet d'allier technicité, goût pour la décoration et sens commercial.

Quel est votre parcours ?

J'ai d'abord suivi une formation complète en tapisserie d'ameublement. En Bretagne, j'ai préparé au lycée professionnel un double CAP : garniture de siège (en 2 ans) puis couture d'ameublement (en 1 an). Je suis ensuite venue à Paris pour suivre en apprentissage le bac pro tapissier d'ameublement à l'école Grégoire Ferrandi. J'ai rencontré des difficultés pour trouver un maître d'apprentissage puis un travail que j'ai occupé un an. En tapisserie, les débouchés se font rares, car la clientèle pouvant s'offrir des rideaux sur mesure ou la réfection d'un fauteuil Louis XV est de plus en plus réduite.

Comment est née l'idée de suivre la formation de vendeuse-agenceuse ?

En choisissant par goût le métier de tapissière, je ne m'attendais pas à rencontrer tant de difficultés d'insertion professionnelle et des salaires si peu attractifs. Avec plus de maturité, j'ai alors repensé à cette formation spécialisée, également dispensée à l'école Grégoire Ferrandi.
Tout en offrant de bons débouchés (60 annonces pour 15 élèves !) et la possibilité de mieux gagner ma vie, cette réorientation me permettait de rester dans le domaine de la décoration.

Quelle est la sélection pour cette formation ?

Le bac ou le niveau bac est exigé, mais sans condition de série. La sélection, outre les épreuves de culture générale, de français et de maths, repose principalement sur l'épreuve de vision dans l'espace (dessin en perspective et exercices de représentation spatiale). Ensuite, l'entretien oral avec le professeur principal de la formation permet de cerner nos motivations. Quelque 150 candidats se présentent à ce concours qui offre actuellement 15 places par an.

Vous avez du rechercher un maître d'apprentissage ?

Je n'ai rencontré aucune difficulté : les employeurs, face à une clientèle en hausse et un réel besoin de vendeur décorateur qualifié, ont tout intérêt à prendre des jeunes en apprentissage.

En quoi consiste votre formation ?

Elle a lieu une semaine par mois et elle est essentiellement théorique. Contrairement au métier de tapissier, il ne s'agit pas ici d'un métier manuel mais d'une profession de conception et de vente. La majeure partie de l'apprentissage à l'école est axée sur l'agencement des cuisines et des salles de bain ainsi que sur la réalisation de plans technique (plomberie, électricité). Tous ces travaux sont réalisés à la main, mais il faut savoir que la majorité des cuisinistes réalisent leurs plans grâce à l'informatique. Cependant le fait de les réaliser à la main permet une meilleure compréhension technique. Une sensibilisation à la décoration est aussi abordée.
On nous enseigne également les techniques de vente (comment faire découvrir le produit au client, lui présenter le projet, connaître son budget ?). Pour progresser, nous faisons beaucoup de jeux de rôle.

Quelle est votre journée-type en entreprise ?

Nous ne sommes que deux, le responsable du magasin et moi. Je reçois la clientèle.
Lors d'un 1er contact, je fais découvrir le produit au client, il revient ensuite avec les dimensions de sa cuisine. Il faut compter 7 à 10 jours pour réaliser les plans du projet à lui soumettre. Une fois le projet signé, je me rends chez lui pour prendre les mesures réelles au laser puis envoie la commande à la fabrication. Une fois le mobilier fabriqué et livré aux clients, mon travail n'est pas terminé pour autant, car nous sommes aussi maître d'œuvre.
Lorsque notre artisan poseur réalise le montage de la cuisine, je me dois de suivre le bon déroulement du chantier.

Quelles sont vos relations avec les clients ?

La partie la plus difficile du métier est de les questionner sur leur budget, alors que cette information est primordiale pour faire une proposition adéquate... Délicat aussi parfois d'avoir à poser des questions sur la vie privée des clients : combien sont-ils à table ? Comment cuisinent-ils ?.... Il s'agit pourtant de bien connaitre leur mode de vie afin que le projet puisse leur correspondre. Cela vient avec l'expérience.
La clientèle est ici exigeante, elle consacre un budget important (en moyenne 30 à 40 000 euros) à ce projet et attend qu'il soit à la hauteur de son rêve.

Quelles sont les qualités requises pour ce métier ?

Il est avant tout indispensable de posséder une bonne vision dans l'espace. Il s'agit d'avoir la capacité de travailler à partir de plans, et d'imaginer une cuisine ou une salle de bain réalisées et réalisables.
Il faut aussi aimer la décoration et le contact avec les gens. Il n'est pas nécessaire d'être bricoleur, mais il faut avoir l'esprit logique et surtout être à l'écoute de son client.

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes souhaitant entreprendre cette formation ?

Si vous pensez posséder les qualités requises, n'hésitez plus et lancez vous dans cette formation, mais sachez qu'il vous faudra un maximum d'investissement afin de la mener à bien. Mais croyez moi, vous ne serez pas déçus, vous allez découvrir un métier aux multiples facettes qui le rendent passionnant et, pour ne rien vous cacher, un métier où vous pourrez gagner très bien votre vie, sans craindre le chômage.

Quels sont vos projets après cette formation?

J'ai comme projet de continuer à travailler afin d'acquérir le plus d'expérience possible, car il faut compter 4 à 5 ans pour maîtriser correctement le métier et j'aimerais à terme pouvoir ouvrir mon magasin.