Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Philippe Ponceblanc

Architecte d'intérieur libéral, Neuilly-sur Seine (92)
Date de l'interview : 01/04/2007

Aujourd’hui, l’architecte d’intérieur doit compter trois ou quatre ans avant d'envisager de s'installer à son compte.

Spécialisé dans le haut de gamme, Philippe Ponceblanc réalise et suit des projets d'aménagement intérieur pour une clientèle de particuliers. Dans son métier multifacettes , il a une préférence pour la planche à dessin et l'expression créatrice.

Quel est votre parcours de formation ?

Je suis diplômé de l'école Boulle où j'ai suivi un cursus complet depuis la fin du collège.
Je souhaitais m'inscrire dans cette école, dont je connaissais la réputation d'excellence. N'ayant pas été sélectionné en BT agencement, j'ai opté pour le BEP en menuiserie/ ébénisterie. Deux ans plus tard, j'ai pu préparer le BT agencement.
Cette base de formation, en prise avec le bois et ses mécanismes d'assemblement m'est énormément utile dans ma pratique d'architecte d'intérieur.
J'ai ensuite préparé le BTS architecture d'intérieur (agencement de l'environnement architectural). Le DSAA architecture d'intérieur (bac + 5 obligatoire aujourd'hui) n'existait pas encore et je me suis lancé dans la vie active. Mon BTS assorti de 5 ans d'expérience m'a donné le titre d'architecte d'intérieur.

Quels ont été vos débuts professionnels ?

J'ai débuté en free-lance pour un cabinet, à Rodez , où j'avais effectué un stage. Après 1 an et demi seulement, j'ai ouvert mon propre cabinet avec un collègue. C'était il y 20 ans et le contexte était beaucoup plus facile, surtout en province. J'ai aussi bénéficié du réseau de mon collègue déjà implanté dans la région. Cette expérience a duré 10 ans puis je suis venu m'installer à Neuilly, cette fois-ci en libéral. J'ai progressivement opté pour une clientèle non plus de bureaux, de commerce ou d'entreprises, mais uniquement de particuliers. J'ai du me constituer une nouvelle clientèle dans une période au départ peu favorable (début 1990), mais aujourd'hui ça marche bien, grâce aussi à mon implantation à Neuilly.

Décrivez-nous une journée-type de votre emploi du temps ?

Au cours d'une même journée, je dois jongler parmi plusieurs univers : les chantiers, les rendez-vous avec les entreprises, les devis, les nouveaux projets... Mes activités sont donc très variées.
J'ai une préférence pour le travail créatif à la planche à dessin et l'élaboration de nouveaux projets. J'ai abandonné le travail sur ordinateur qui ne laissait pas assez de place à l'émotion que viennent chercher les clients.
Mais le travail est aussi administratif (rédaction des compte-rendus de chantiers...) et comporte de la gestion (chiffrage des travaux...). Il faut aussi consacrer beaucoup de temps au suivi des chantiers et cela suppose un goût pour le management, qui ne s'apprend pas à l'école.

Comment naît un projet ?

Les clients m'arrivent beaucoup via internet et ayant pris connaissance de mon site, ils connaissent déjà mon travail et les univers plutôt épurés que je suis susceptible de créer pour eux.
Il est donc rare qu'un "avant projet sommaire" ne soit pas suivi de sa réalisation, c'est la cas à 80 %.
Je consacre en général 1 h à un premier rendez-vous chez un particulier. J'ai besoin de le connaitre, de savoir comment il vit, pour être en mesure de lui faire une proposition de transformation, qui lui ressemble. Il faut savoir faire rêver la clientèle par des projets qui donnent une nouvelle configuration à leur espace de vie. Les clients sont très demandeurs de conseils (exploitation de l'espace, choix des couleurs, des matériaux, optimisation de leur espace), c'est la valeur ajoutée de mon métier, sinon il ferait directement appel à un entrepreneur. Ils recherchent une identité visuelle.

Comment se porte actuellement la profession ?

La profession se porte bien, après un passage difficile dans les années 90. L'architecture d'intérieur est aujourd'hui à la mode. Bien sûr le marché est plus tendu et la clientèle plus exigeante. Aujourd'hui, il faut compter 3 ou 4 ans avant d'envisager de s'installer à son compte. Il est nécessaire, auparavant, d'avoir appris dans un cabinet le suivi complexe de chantier.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune voulant devenir architecte d'intérieur ?

Je lui dirais de s'accrocher et d'aller voir au-delà de sa formation, souvent trop théorique, en visitant des chantiers, des entreprises. Je reçois beaucoup de jeunes en stage et je constate qu'ils n'ont aucune notion de suivi de chantier et de relations clientèle.

Propos recueillis par Annie Poullalié