Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Robert Dupuy

Professeur d'arts graphiques, Bagnolet (93)
Date de l'interview : 18/03/2010

Aimer dessiner, s'intéresser au graphisme et être minutieux sont des gages de réussite dans la signalétique et le décor.

Issu du monde de graphisme et du multimédia, Robert Dupuy enseigne aujourd'hui à des élèves de CAP agent d'exécution graphiste décorateur, au lycée Eugène Henaff de Bagnolet. Il présente cette formation.

Quels sont les débouchés du CAP agent d'exécution graphiste décorateur ?

Ce CAP forme des professionnels de la signalétique et du décor, c'est-à-dire des exécutants réalisant des enseignes, des panneaux, des adhésifs pour des vitrines, etc. Les jeunes sortants du CAP sont capables de réaliser un projet à partir d'un cahier des charges.
Le numérique prenant de plus en plus d'importance dans le monde professionnel, le CAP est en cours de rénovation pour coller à cette nouvelle réalité du terrain.

Quelles sont les qualités attendues chez les élèves choisissant ce CAP ?

Aimer dessiner, s'intéresser au graphisme en général et être minutieux sont autant de gages de réussite pour les jeunes dans cette voie. Observer les publicités et l'architecture peut aussi les aider à avoir un oeil aiguisé.
La manipulation de produits et les techniques de peinture demandent un travail de précision. Et la place grandissante de l''nformatique implique aussi un attrait pour le maniement de la souris !

Qu'apprennent les jeunes durant les 2 années de formation ?

A côté des matières générales (français, histoire-géo, maths...), les jeunes développent de véritables compétences professionnelles. Très rapidement, ils apprennent les bases. Un effort important est fait sur l'acquisition d'une méthodologie de travail, sur la connaissance des matériaux et des techniques. Cela leur permet d'être plus rapidement opérationnel.
En infographie, par exemple, nous travaillons d'abord sur la découverte de l'ordinateur (ses composants, son fonctionnement) puis progressivement abordons des logiciels de création graphique. J'envisage aussi de les initier à la retouche d'image, car ce type de logiciel est de plus en plus utilisé dans le secteur. L'apprentissage de la découpe d'adhésifs à partir d'un ordinateur fait aussi partie du programme.
Le travail en infographie (réalisation de maquette) trouve naturellement son aboutissement en atelier de tracé ou les projets sont réalisés en grandeur nature ou bien en sérigraphie sous une forme imprimée.
En atelier de tracés, on aborde en premier le tracé de lettres et de figures géométriques, les différentes méthodes de report de visuels (mise au carreau, rétro projection...) puis la peinture au pinceau, pour se pencher ensuite sur des techniques plus complexes comme la peinture au pistolet.

Quelles relations les jeunes ont-ils avec le monde de l'entreprise ?

Les stages ne sont pas obligatoires, mais nous les conseillons vivement. Les jeunes en reviennent souvent plus autonomes, avec une capacité de réflexion plus grande. C'est très formateur pour eux.
Au lycée, nous les incitons à faire un stage d'1mois par an et les aidons parfois à trouver une entreprise qui leur offrira leur première expérience.
Venant moi-même du secteur privé, j'essaye un maximum de faire un lien entre les cours, les séances en atelier et les attentes du monde du travail.

Les jeunes filles sont-elles nombreuses dans ce CAP ?

Cette année, nous ne comptons qu'un tiers de garçons ! Il faut dire que l'an passé, lors des journées portes ouvertes et durant des mini-stages, nous avons su montrer les atouts de cette formation aussi bien aux jeunes gens qu'aux jeunes filles. Et il faut croire que l'on a été entendu ! La seule différence, au final, sera dans les missions à accomplir en entreprise : les pros au " physique léger " ne seront pas envoyés sur des chantiers avec des enseignes lourdes à porter. Sinon, en atelier ou chez le client, chacun peut trouver matière à s'épanouir.