Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Julien Sabatier

Chargé de communication de la vie associative, Créteil (94)
Date de l'interview : 01/03/2010

Travailler dans une association environnementale demande beaucoup d’investissement. Le militantisme est un moteur.

Titulaire de plusieurs diplômes de 3e cycle en environnement, Julien Sabatier travaille pour Nature & Société, une association de protection de la nature et de l'environnement.

Qu'est-ce que Nature & Société ?

Nature & Société est une association militante qui agit pour une meilleure connaissance de l'environnement et de ses enjeux. Elle organise des animations scolaires (projets autour de l'eau, des déchets, du bruit, du jardin...), des actions de terrain visant à rendre le citoyen acteur de son environnement (éco-rallyes, nettoyages de sites, relevés de qualité de l'eau,..), des ateliers nature et des sorties familiales de découverte de la nature en Ile-de-France. Nous sommes six salariés, entourés d'une soixantaine de bénévoles.

Quel est votre rôle dans cette association ?

J'ai trois grandes fonctions. Tout d'abord, je m'occupe du développement de la base militante. Concrètement, je trouve de nouveaux bénévoles, je cherche comment les mobiliser et les fidéliser, je mets en adéquation leurs savoir-faire et nos projets. Je m'occupe également d'une partie de la communication de l'association, de la conception d'affiches et de brochures, de la redynamisation du site web, en passant par la recherche de partenaires financiers. Mon objectif, c'est que l'association soit plus présente et plus identifiable sur la scène environnementale. Enfin, je développe de nouveaux projets. Actuellement, je travaille par exemple sur un projet d'ateliers vidéo au service de la sensibilisation à l'environnement.

Finalement, vous travaillez loin de la nature...

Pas du tout et c'est ce qui rend ce travail vraiment intéressant : je peux aussi participer aux actions que j'ai initiées. Par exemple, dans le cadre de la "Nuit de la chouette", qui a lieu mi-mars, j'organise une course d'orientation dans la forêt. Et au printemps, je suis à bord des péniches lors des croisières pédagogiques que nous organisons pour les scolaires. Mon travail de conception ne me coupe pas du terrain.

Quelle est votre formation ?

Après une maîtrise de biologie générale et géologie option environnement, j'ai fait un 3e cycle sur les risques industriels et le management environnemental à l'IHIE, Institut Hygiène industrielle et environnement. Par la suite, j'ai complété cette formation initiale par des cursus au CNAM, l'un dans le domaine de la toxicologie industrielle, l'autre dans celui du management de la santé. J'ai, pour finir, validé un DIU d'éthique en santé.

Sur quels types de compétences repose votre métier ?

Avant tout sur le relationnel, que ce soit vis-à-vis des salariés et des bénévoles de l'association, des enseignants, des institutionnels ou encore des autres associations avec lesquelles nous travaillons, ou pourrions travailler. C'est un métier qui exige aussi de la créativité car on passe beaucoup de temps à trouver des idées ou à développer de nouveaux projets. Enfin, il faut être très organisé car on fait plein de choses en même temps et on ne voit pas tout de suite l'effet de nos actions. On travaille plutôt sur le moyen et long terme.

Qu'est-ce qui vous plaît dans ce travail ?

L'autonomie dont je bénéficie. Dans le milieu associatif, on vous fait confiance. Vous croyez à quelque chose, vous êtes là pour cela et on vous laisse libre d'agir. D'accord, je gagne deux fois moins que dans le privé, mais je m'éclate.

Faut-il forcément être un militant de l'environnement pour travailler dans une association environnementale ?

Il faut au moins se sentir très concerné, c'est un aspect essentiel. Je pense que si on n'est pas militant, on perd le plaisir de faire les choses, ou bien on est déconnecté des réalités. C'est un métier qui demande beaucoup d'investissement et le militantisme est un moteur.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes que l'environnement attire ?

De ne pas se limiter aux informations données par les conseillers d'orientation. L'environnement est une discipline transversale qui a des liens avec la santé, la sociologie, l'éducation, l'économie... C'est un secteur qui englobe à la fois des métiers très spécifiques, comme ingénieur HSE, et d'autres beaucoup plus polyvalents, comme le mien. Pour découvrir l'étendue des possibilités, je recommande de faire beaucoup de stages, y compris des stages non-imposés dans le cursus, dans des domaines variés. Il y a tellement de manières d'y arriver...