Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Pierre Desmet

Directeur du master pro (M2) marketing de l'université Paris-Dauphine, Paris (75)
Date de l'interview : 01/05/2009

70 % des diplômés de la dernière promotion ont trouvé du travail avec un niveau de rémunération équivalent à celui des diplômés des grandes écoles.

Professeur agrégé et docteur en sciences de gestion, Pierre Desmet dirige le master professionnel 2 (M2) mention marketing et stratégie spécialisation marketing à l'université Paris-Dauphine.

Quel est l'objectif de ce master ?

Bénéficiant d'une forte reconnaissance professionnelle (Syntec Etudes Marketing et Opinion, Union des Annonceurs, Electronic Business Group, grandes entreprises), ce master forme aux métiers du marketing et des études chez l'annonceur, dans la distribution, les médias ou les sociétés d'études. Généraliste en marketing, il offre 2 composantes complémentaires, très appréciées des recruteurs : la gestion marketing (management, organisation, créativité, lancement de nouveaux produits, e-marketing, nouvelles tendances du marché) et les études (panels, outils statistiques, méthodologie, analyse qualitative et quantitative).

Quelle est la place de la professionnalisation ?

Elle est centrale. Pour réussir, les étudiants doivent avoir travaillé sur des problématiques et été mis en situation dans les entreprises. Au cours de la formation qui dure 15 mois, ils ont tout d'abord à effectuer une mission longue pour une entreprise qui débouche sur la rédaction d'un mémoire. Suit un stage d'application rémunéré de 6 mois (de juillet à décembre), qui fait l'objet d'un rapport de stage.
La mission en entreprise, qu'ils doivent trouver par eux-mêmes, correspond à un exercice pédagogique pratique (par exemple : l'étude de la faisabilité des modifications de coffres chez Renault). Concernant le stage d'application, de nombreuses offres d'entreprises sont directement proposées aux étudiants. Enfin de nombreux professionnels interviennent dans les cours et les séminaires.

Quels sont vos critères de sélection ?

S'agissant d'un M2, nous avons la possibilité de sélectionner les étudiants. Ils doivent être titulaires d'un M1 (50 % sont diplômés de Dauphine) ou d'un diplôme d'école de commerce ou d'ingénieurs. Nous accueillons en outre des étudiants étrangers (11 nationalités différentes !). Tous doivent être bilingues français-anglais (certains cours étant dispensés en anglais). Un an d'expérience en entreprise (stages longs) est de plus exigé. Les candidats réalisent un mémoire de préinscription sur une thématique d'actualité imposée, par exemple : "Comment évaluer la valeur d'une marque ?". Enfin ils produisent leurs notes et rédigent une lettre de motivation sur leur projet professionnel. Ce travail d'introspection nous apprend beaucoup sur eux. Sur 300 dossiers valides, j'en retiens une centaine. Un entretien d'admission, réalisé en partie en anglais, me permet ensuite de mieux appréhender la motivation, la qualité de l'expression et le niveau d'anglais des candidats et d'en sélectionner 1 sur 3. Les étudiants retenus sont en moyenne âgés de 23 ans et il s'agit de filles à 70 %.

Quelle est l'insertion professionnelle des diplômés ?

Très bien classé dans les palmarès des formations en marketing (voir le site : www.mastermarketingdauphine.com), ce master concurrence les meilleures écoles de commerce. Dans la période de crise actuelle, il continue d'offrir une insertion satisfaisante, 3 mois après leur sortie (décembre 2008), 70 % des diplômés de la dernière promotion ont trouvé du travail avec un niveau de rémunération équivalent à celui des diplômés des grandes écoles.

Quelles sont les tendances du marché ?

Aujourd'hui les diplômés ont tendance à préférer les postes d'assistants chefs de produit (65 %) à ceux de chargés d'études junior (35 %) pour des raisons salariales et de perspectives de carrières (chef de produit, de marques, de portefeuille de marques...), même si la concurrence est rude pour intégrer les grands groupes. Dans le domaine des études, les postes concernent davantage l'interface client (brief, analyse, présentation), car le traitement des bases de données (panels distributeurs) est de plus en plus délocalisé, notamment vers l'Inde. Les chargés d'études travaillent sur les attentes des consommateurs, sur le développement et le positionnement des produits.

Quelles sont les évolutions majeures ?

Internet a radicalement modifié les techniques d'enquêtes : aujourd'hui les gens se parlent sur la toile et le recueil de ces données intéresse les chargés d'études. Pour le marketing, c'est la relation avec le client qui a totalement changé. Les nouvelles possibilités de gestion de la relation clientèle sur Internet (e.CRM) permettent de suivre de plus près le consommateur et surtout de mesurer l'efficacité des actions de fidélisation, ce qu'exigent de plus en plus les entreprises.

Des conseils à donner aux jeunes ?

Dans cet environnement mouvant, les jeunes doivent surtout apprendre à apprendre, savoir poser un problème, se cultiver, savoir capter l'information et être capables de la digérer, se montrer créatifs et surtout être ouverts sur le monde extérieur.