Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Arnaud Bramat

Fondateur de l'agence AéroTraduction, Fontainebleau (77)
Date de l'interview : 01/03/2009

La traduction est un métier de l'écrit, où la maîtrise du français est tout aussi importante que celle des langues étrangères.

Diplômé de l'ISIT et auteur d'un dictionnaire russe-français-anglais des sigles et abréviations en usage dans le domaine aérospatial, Arnaud Bramat a très vite fait le pari de créer son agence de traduction spécialisée en aéronautique, spatial et défense.

Quel est votre parcours ?

Passionné d'aviation mais littéraire dans l'âme, je ne pouvais pas devenir pilote. J'ai donc choisi les études de langues par défaut car j'étais plutôt doué dans ce domaine. J'ai suivi la formation de traducteur-terminologue français-anglais-russe à l'ISIT, Institut supérieur d'interprétation et de traduction) et à l'INALCO, Institut national des langues et civilisations orientales.

Quels ont été vos débuts professionnels ?

L'activité de traduction est de plus en plus externalisée par les entreprises auprès d'agences. Les postes de traducteurs salariés sont donc devenus rares et il faut rapidement se positionner en tant que traducteur indépendant.
Maîtriser uniquement les langues ne suffit plus : il est nécessaire d'avoir une spécialisation. J'ai choisi de développer mes compétences linguistiques dans mon domaine de prédilection : l'aérospatial. Ce secteur étant très étroit, c'était un pari risqué, mais je m'en porte plutôt bien ! Aujourd'hui, je suis à la tête d'une agence atypique (car ultra spécialisée) qui traite directement avec les principaux donneurs d'ordres du secteur (Dassault, EADS...). AéroTraduction compte 2 traductrices salariées à temps plein et dispose d'un réseau d'une cinquantaine de traducteurs indépendants à travers le monde, à qui je sous-traite environ la moitié de mon volume d'affaires.

Quels types de prestations proposez-vous ?

Je propose des prestations haut de gamme de traduction rédactionnelle, où la TAO (traduction automatisée par ordinateur) n'a pas sa place. Je travaille à l'ancienne : toutes nos traductions sont systématiquement relues et révisées par une tierce personne. Pour une microstructure comme la mienne, parvenir à fidéliser des grandes entreprises du secteur de l'aérospatial, qui est très fermé, demande beaucoup de crédibilité et de perfectionnisme. Je me suis progressivement éloigné de la traduction technique pure (spécifications techniques, brevets d'invention, etc.) pour approcher celle beaucoup plus enrichissante de la communication multilingue (traduction de communiqués de presse, de revues de presse et de journaux d'entreprise) qui est en en plein essor.

Quelles sont les qualités requises pour réussir dans ce métier ?

Le métier de traducteur est une activité intellectuelle avant tout solitaire et sédentaire. Il implique d'aimer travailler de longues heures devant son ordinateur. Les contacts avec les clients se font, eux aussi, de plus en plus par mails. La traduction est un métier de l'écrit, où la maîtrise du français est tout aussi importante que celle des langues étrangères. Une extrême rigueur est exigée dans la rédaction. Enfin la persévérance est de mise pour se faire une place.

Avez-vous des conseils à donner à de futurs traducteurs ?

Je leur conseillerais de se spécialiser dans 1 ou 2 domaines porteurs, voire 3 lorsqu'ils sont connexes, comme les miens. Cette spécialisation est indispensable car un CV de traducteur généraliste aura beaucoup de mal à retenir l'attention d'une agence de traduction. L'important est de se tourner vers un domaine que l'on aime, quel qu'il soit : il existe toute sorte de "niches" possibles pour travailler. Un effort personnel d'autoformation afin d'acquérir une expertise particulière doit venir compléter un master ou un diplôme d'école. Les duos gagnants sont le droit et l'anglais ou la finance et l'anglais. La mondialisation des échanges oblige les entreprises à communiquer dans plusieurs langues, et avant tout en anglais. Le métier de traducteur, peu sensible aux effets de la crise, a de beaux jours devant lui.
Enfin ce métier, en permettant le télétravail, offre une immense liberté géographique !