Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Caroline Subra-Itsutsuji

Traductrice indépendante, Paris (75)
Date de l'interview : 01/03/2009

Un bon traducteur doit inlassablement perfectionner son art, à commencer par cultiver sa langue maternelle, vers laquelle il traduit.

Traductrice indépendante (italien-anglais vers le français), Caroline Subra-Itsutsuji revient sur son choix de métier et évoque ses débuts.

Comment est né votre amour de la langue italienne ?

Tout est parti d'un coup de foudre. Férue de cyclisme à l'adolescence, je dévorais la presse transalpine afin de nourrir ma passion. Je m'appuyais sur de maigres connaissances en latin pour décrypter les coupures de journaux. Au lycée, l'introduction de l'italien dans ma scolarité m'ouvrait enfin soudain les portes d'un univers linguistique, d'une culture et d'une civilisation dont je ne sortirai plus jamais. Des chroniques de La Gazzetta dello sport, je me prenais naturellement d'amour pour les textes de Boccace, du Tasse et de Buzzatti.

Avez-vous suivi une formation professionnelle en traduction ?

Les chemins d'accès aux métiers de la traduction sont pluriels et je fais partie des professionnels qui n'ont pas suivi la "voie royale", c'est-à-dire l'intégration d'un master 1 puis d'un master 2 en traduction après la licence.
J'ai appris mon métier "sur le tas" en écoutant scrupuleusement les conseils éclairés de collègues réviseurs. Aujourd'hui, je ne ressens aucune carence particulière dans l'exercice de ma profession. En revanche, j'envie mes futurs confrères, qui ont la chance de disposer d'un large éventail de masters en traduction ultra-professionnalisants.
Si j'ai contourné le cursus initial spécifique aux traducteurs, je ne peux pas échapper à la formation professionnelle continue : en traduction, les outils de travail évoluent à une vitesse grand "V" et ne pas les assimiler fait inévitablement de vous un traducteur en retrait.

Quand avez-vous décidé d'opter pour la profession de traductrice ?

C'est elle qui m'a choisie ! En 2001, j'ai intégré les effectifs d'une société de veille et de traitement de l'information qui me donnait l'opportunité de solliciter au quotidien mes compétences rédactionnelles, mes connaissances de l'italien, de l'Italie, ainsi que ma passion pour l'actualité. Je faisais mes premiers pas de traductrice-veilleuse. Trois années plus tard, réalisant que traduire était devenu pour moi une nécessité, j'adhérais à la Société française des traducteurs (SFT) et je démarrais une activité de traductrice indépendante, en parallèle de mon emploi salarié. Mon portefeuille clients consolidé, je démissionnais en 2007 pour voler de mes propres ailes et vivre de mon métier-passion.

Avez-vous un ou des domaines de spécialisation ?

Je traduis quasi exclusivement dans les domaines de la presse et de la communication (adaptation à un lectorat francophone de consumer magazines et de revues internes d'entreprise, traduction de communiqués de presse, etc.) et de la mercatique (campagnes publicitaires, outils promotionnels, etc.). Mes interventions sporadiques dans le secteur de l'édition (traduction d'ouvrages de littérature jeunesse) ne font pas de moi une traductrice littéraire.

Comment débute-t-on dans ce métier ?

Un apprenant en traduction effectue ses premiers pas dans la profession grâce à l'étape obligatoire du stage en entreprise. Certains masters pros vont même jusqu'à proposer une année d'apprentissage en alternance (master 2 Pro ILTS, à Paris- Diderot, par exemple). Aucun itinéraire ne ressemble à un autre et le statut d'indépendant n'est pas incontournable.
J'ai personnellement fait mes débuts sous un statut salarié, avant d'opter pour un mode d'exercice indépendant. J'ai bénéficié des conseils de la SFT. Décrocher ses premiers contrats, cela s'apprend : se tenir en permanence à l'affût d'un prospect potentiel, communiquer sur soi et son activité pour mieux vendre ses prestations, se construire un bon réseau clients, faire preuve d'inventivité au quotidien pour se démarquer de la concurrence, et surtout, s'enfuir de son bureau de temps en temps !

Avez-vous des conseils à donner à de futurs traducteurs ?

En traduction, il n'y a pas de mystère, plus on pratique, mieux on traduit ! Quel que soit son mode d'exercice, indépendant ou salarié, le traducteur professionnel doit inlassablement perfectionner son art, à commencer par cultiver sa langue maternelle, vers laquelle il traduit.
Tout au long de son parcours, rien n'est jamais acquis. L'humilité est son principal ami et sa passion pour les mots, les différentes cultures et les hommes, les moteurs de son métier. J'oubliais un ingrédient important : la curiosité !

Propos recueillis par Annie Poullalié