Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Nicolas Froeliger

Responsable du master 2 ILTS de l'université Paris Diderot, Paris (75)
Date de l'interview : 01/03/2009

Nous exigeons des étudiants une parfaite maîtrise écrite et orale du français, ainsi qu'une très bonne connaissance de l'anglais.

Ancien traducteur professionnel, Nicolas Froeliger, maître de conférences à Paris Diderot, nous présente le master professionnel 2 Industrie de la langue et traduction spécialisée (ILTS) qui se déroule en apprentissage.

Comment les étudiants sont-ils sélectionnés ?

Chaque année, nous organisons des tests de présélection (en avril et juin), pour 120 candidats, sous la forme d'épreuves de traduction et de synthèse de documents. Nous demandons également un CV et une lettre de motivation. Un entretien de motivation nous permet éventuellement de valider avec le candidat sa capacité à s'investir dans une formation en alternance.
Une quarantaine d'étudiants (20 places en option Industrie de la langue et 20 en option Traduction spécialisée) venus d'horizons très divers sont retenus. Si beaucoup sont titulaires d'une licence et d'un master 1 LEA, certains ont des profils beaucoup plus atypiques (droit, économie, diplôme d'ingénieurs, etc.).

Quels sont les pré-requis et le profil recherché ?

Nous exigeons une parfaite maîtrise de l'écriture et de l'expression du français, ainsi qu'une très bonne connaissance de l'anglais. Au sein de la formation, nous proposons en outre des cours de traduction à partir de l'espagnol ou de l'allemand et prévoyons d'élargir notre palette de langues, notamment au japonais, au coréen, à l'arabe et au russe, grâce à des partenariats (internes à l'université Paris Diderot ou externes, avec l'INALCO).
Nous recherchons chez nos futurs étudiants la curiosité intellectuelle, une sensibilité aux problématiques de la traduction, qui est un métier de communication, et la conscience de la nécessité des nouveaux outils : ils ne doivent pas être "allergiques" à l'informatique !

Quel est l'objectif de ce master ?

Le développement de l'informatique a profondément modifié la façon de travailler des traducteurs. C'est pourquoi nous formons les étudiants aux nouveaux outils de traduction automatisée par ordinateur (logiciels de TAO : Trados, Similis, Déjà Vu, Wordfast, etc.) et de traduction automatique (retranscription d'un texte grâce à un programme informatique basé sur des algorithmes), tout en gardant un socle de compétences de base propres aux traducteurs. La traduction automatique, qui est essentiellement un domaine de recherche mais crée aussi des emplois très spécifiques dans les entreprises, donne une vague idée d'un texte, tandis que la TAO permet de placer des textes déjà traduits en mémoire, pour pouvoir en réutiliser des éléments (phrases, segments de phrase, ou terminologie) lorsqu'on doit traduire un texte du même domaine. Ces techniques permettent donc avant tout un gain de productivité.

Quelle place occupent aujourd'hui ces nouvelles technologies dans la traduction spécialisée ?

Tout est question de dosage : un traducteur qui débute, s'il veut être reconnu par ses futurs clients ou employeurs devra absolument attester sa maîtrise des outils informatisés, notamment de TAO, tout en étant conscient des risques de systématisme qu'ils comportent. Il faut donc les 2 compétences ! Beaucoup de traducteurs indépendants achètent un corpus et se constituent leur propre mémoire de traduction afin de gagner du temps. Si ces outils n'ont pas leur place dans la traduction littéraire, ils sont bien utiles dans des domaines spécialisés (la finance, par exemple), où la récurrence des structures de phrases est importante. Ces logiciels rendent aussi bien d'autres services aux traducteurs : ils permettent d'extraire la terminologie d'un texte, d'isoler les parties à mettre à jour, etc.

En lien avec les nouvelles technologies, quels métiers sont apparus ?

Le développement des sites Internet, des jeux vidéo et des logiciels a fait naître un besoin de traducteurs capables d'adapter les contenus de ces produits dans un autre pays. Ces professionnels s'appellent des localisateurs. Nous formons aussi des chefs de projets en traduction, des responsables de base de données terminologiques, des post-éditeurs, des rédacteurs techniques - et, bien sur, des traducteurs au sens classique du terme. Il faut en tout cas savoir que tous les marchés porteurs créent de nouveaux besoins en traduction.

Une fois diplômés, sont-ils nombreux à rester dans ces entreprises ?

Selon notre dernière enquête statistique (1990-2007), 1/3 d'entre eux ont été recrutés par les entreprises où ils étaient apprentis. Même si nous sommes soumis aux mêmes aléas que le reste de l'économie, les autres n'ont en général pas de mal à trouver du travail. La tendance est à l'activité en indépendant, qui va de pair avec l'externalisation croissante des travaux de traduction. Trois mois après leur sortie, le taux d'insertion de nos diplômés dépasse les 98 % (2004-2007).

Propos recueillis par Annie Poullalié