Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

domaine

Les métiers après des études de langues

Domaines : Art – Culture - Audiovisuel, Enseignement - Recherche, Hôtellerie – Restauration - Tourisme, Information - Communication, Lettres – Langues - Sciences humaines
Novembre 2012
Voir le dossier complet

Les métiers de l'interprétation

A ceux qui aiment les rencontres et adorent communiquer, les métiers de l'interprétation offrent un éventail de carrières passionnantes, placées sous le signe du service et, très souvent, du voyage.

Interprète

L'interprète traduit les propos d'une personne parlant dans une autre langue. Il le fait notamment dans le cadre de conférences réunissant des personnalités du monde entier, dans des entreprises privées ou lors de rencontres professionnelles ou diplomatiques. C'est le top niveau des métiers des langues avec, au sommet de la pyramide, l'interprétariat de conférences.

Bon à savoir

Les 3 techniques d'interprétation de l'interprète
:

- consécutive : l'interprète prend des notes pendant le discours de l'orateur et le
reproduit quelques minutes après dans une autre langue ;
- simultanée : installé en cabine devant un micro, équipé de casques, micros et pupitre, l'interprète traduit au fur et à mesure les interventions des conférenciers ;
- chuchotée : au cours de visites officielles ou de réunions d'affaires, l'interprète intervient à chaque échange verbal entre les protagonistes. Chaque participant a son interprète.

Le métier d'interprète exige une une grande mobilité : amené à se rendre sur les lieux de conférences, dans les entreprises, ou encore à participer à des évenements d'ordre politique, le traducteur voyage souvent et peut travailler partout dans le monde. Il doit faire preuve d'une extrême rigueur car ses traductions ont une importance capitale dans les décisions politiques ou économiques. Son travail nécessite également un esprit d'analyse rapide et précis, de l'endurance et une excellente concentration.

Sur 1 500 interprètes de conférence, indépendants ou fonctionnaires exerçant en France
, près de 450 font partie de l'Association internationale des interprètes de conférence), le ''top'' de la profession.
Etre diplômé d'une école spécialisée accréditée (ESIT, ISIT) et pratiquer des langues rares aide à pénétrer ce club très fermé.

L'AIIC, qui est la seule organisation mondiale d'interprètes de conférence, rassemble plus de 2 600 interprètes de conférence professionnels établis dans plus de 80 pays. Elle assure la promotion de la profession d'interprète de conférence en fixant des normes exigeantes, en encourageant de bonnes pratiques de formation, et en faisant respecter un code de déontologie.
Le code déontologique de l'interprète repose sur :

- la fidélité : l'interprète est tenu de traduire l'intégralité du message et l'intention qui s'y rattache ;
- la neutralité : l'interprète ne peut intervenir dans les échanges et ne peut être pris à partie dans la discussion. Ses opinions ne doivent pas transparaître dans son interprétation ;
- le secret professionnel : l'interprète est lié au secret professionnel avant, pendant et après sa prestation.

Pour devenir interprète de conférence, vous devez suivre une formation dans une école agréée par l'Association internationale des interprètes de conférence (AIIC).

Pour accéder au titre d'interprète de conférence, vous devez viser au minimum un bac + 5. Les formations sont rares dans ce domaine et très spécifiques. Deux écoles supérieures de référence - très sélectives - sont accréditées en France. Il s'agit de l'ESIT, Ecole supérieure d'interprètes et de traducteurs et de l'ISIT, Institut privé de management de communication interculturels, qui se trouvent à Paris.

La maîtrise de 3 langues vivantes, dont le français est exigée à l'entrée. Cette excellence linguistique peut se travailler dès le secondaire grâce aux sections langues (européennes ou orientales) des collèges et lycées.

L'ESIT, qui dépend de l'université Paris III, prépare dans la section interprétation à un master professionnel sciences du langage, didactique des langues spécialité interprétation de conférence. La formation s'adresse aux diplômés de niveau bac + 3 (LLCE, LEA...). Les postulants doivent avoir effectué au moins un séjour de 1 an à l'étranger.

L'ISIT propose également une filière interprétation de conférence qui débouche sur un diplôme visé à bac + 5. La formation qui dure 2 ans est ouverte à la fois aux étudiants de l'ISIT ayant opté pour cette spécialisation en master 1 (la 4e année de la filière linguistique) et aux titulaires d'une licence. Vous devez avoir séjourné au moins 1 an dans un pays de l'une des langues présentées par le candidat et être admis aux épreuves de langues orales.

A noter : l'admission en 1re année de la filière linguistique (qui mène à 4 spécialités de master) est ouverte à des bacheliers et soumise à la réussite à des tests (après étude du dossier).

Hors Ile-de-France, on peut citer l'ITI-RI, Institut de traducteur, d'interprètes et de relations internationales, rattaché à l'université Strasbourg II, qui propose le master professionnel langages, cultures et sociétés mention langues et interculturalité spécialité traduction professionnelle et interprétation de conférence.

Enfin, l'université vous permet de préparer de nombreux diplômes classiques dans le domaine des langues. La licence mention LLCE (langues littératures et civilisation étrangères) vous permet d'étudier une langue en profondeur, tandis que la licence mention LEA (langues étrangères appliquées) à finalité professionnelle vous forme au poste de cadre trilingue spécialisé en commerce international.

De nombreux masters recherche ou professionnels peuvent vous permettre de compléter ces cursus à bac + 5.

Pour aller plus loin

Un interprète de conférence énonce sa combinaison linguistique en langue A (maternelle), B (active) et C (passive). Cette combinaison peut être modifiée au cours de sa carrière.

- langue A : langue cultivée dans laquelle l'interprète possède une grande richesse de vocabulaire et qu'il sait manier avec précision et aisance. Un interprète peut avoir plus d'une langue entrant dans cette catégorie ;
- langue B : moyen d'expression rapide et précis qui se différencie de la langue A par un vocabulaire moins riche, une trace d'accent et une moindre élégance d'expression. L'interprète est cependant capable de comprendre les nuances en langue B aussi bien qu'en langue A et de tout exprimer en langue B. Une langue B est donc une langue dont l'interprète, sans qu'elle soit sa langue maternelle, a une maîtrise parfaite et vers laquelle il travaille à partir d'une ou plusieurs de ses autres langues ;
- langue C : langue qui doit être comprise de façon aussi complète et précise que les langues A et B, mais l'interprète n'est pas appelé à travailler activement en langue C. Il est néanmoins capable de s'exprimer de façon véhiculaire dans cette langue. Une langue C est donc une langue dont l'interprète a une compréhension totale et à partir de laquelle il travaille.

La majorité des interprètes de conférence travaillent de leurs langues passives vers leur langue maternelle. Au cours de sa vie professionnelle, un interprète peut ajouter à sa combinaison linguistique une langue C ou faire passer une langue C en B.

Les associations d'interprètes sont composées d'interprètes indépendants appelés sur des missions précises.

L'interprète peut aussi être fonctionnaire d'Etat, attaché à des organisations nationales (ministères des Affaires étrangères, ministère de la Défense...) ou internationales (ONU, UNESCO, Union européenne, OCDE, BIIT, OMS, Fonds monétaire international, Banque mondiale...).

De leur côté, les chaînes télévisées ou les radios font appel à des interprètes pour leurs journaux ou certaines émissions lorsqu'elles reçoivent des personnalités étrangères.

Des entreprises commerciales de tous les secteurs font régulièrement appel à des "interprètes de liaison" lors de négociations internationales.

Appelé également interprète d'affaires, l'interprète de liaison pratique la traduction consécutive dans le cadre de voyages d'affaires, de réunions de travail ou de négociations commerciales devant un nombre réduit d'interlocuteurs. Il est, en règle générale, également traducteur technique.

En Ile-de France, on dénombre au total plus de 5 000 interprètes.

Un interprète travaille en moyenne 110 jours par an. Son salaire dépend du recruteur, de la langue utilisée, de la spécialité technique demandée et de la notoriété du professionnel.

Un interprète gagne entre 300 et 450 euros nets par jour. Les journées de préparation ne sont pas prises en compte.

Ce n'est qu'après 15 années d'expérience qu'un interprète de conférence peut être amené à traduire simultanément les propos de personnalités lors de grandes conférences internationales.

Pour aller plus loin

Le plus grand service d'interprétation du monde

L'Union européenne (UE) qui privilégie le multilinguisme (23 langues) possède le plus grand appareil d'interprétation du monde : environ 1000 interprètes fonctionnaires y assurent la diversité culturelle et linguistique, gage de l'égalité de traitement des citoyens de l'UE.
En assurant l'interprétation de plus de 11 000 réunions par an, la Direction générale de l'interprétation (DGI) permet une communication multilingue entre les intervenants. Elle met à disposition des interprètes pour une cinquantaine de réunions par jour. Les régimes linguistiques de ces réunions varient, allant de l'interprétation consécutive à 2 langues, qui requiert la présence d'un seul interprète, à l'interprétation simultanée de 23 vers 23.

Les concours de recrutement d'interprètes sont organisés en fonction des besoins des différentes unités d'interprétation (Parlement européen, Commission européenne, Cour de justice des Communautés européennes). Le concours comprend des épreuves d'interprétation consécutive et simultanée, et des épreuves dans diverses matières non linguistiques.

Enfin, pour faire face à des besoins particuliers ou urgents, des interprètes free-lance sont régulièrement appelés en renfort.

Voir la fiche détaillée.

Interprète en langage des signes française

L'interprète en langage des signes française (LSF) facilite l'insertion sociale et professionnelle des personnes sourdes.

Il permet aux déficients auditifs d'accéder à l'information, à la culture, à la formation, à l'enseignement secondaire, universitaire et professionnel, à l'emploi, à des conférences et des manifestations à caractère culturel, et enfin d'être accompagné dans leurs démarches administratives auprès d'organismes publics. Il permet aussi à une personne sourde d'être comprise en cas de comparution devant un tribunal.

Ce métier exige une grande ouverture d'esprit, des facultés d'adaptation et d'assimilation, ainsi que la capacité d'acquérir rapidement des connaissances dans des domaines très variés. Il faut aussi bien connaître le monde de la surdité.

Les écoles d'interprètes (ESIT) et l'université (Paris VIII) vous proposent un master professionnel en interprétation français / LSF. La sélection est forte. Vous devez posséder une bonne culture générale et une très bonne maîtrise du français et de la LSF. Si toutes les licences sont acceptées, certaines sont plus spécifiques, comme à Paris VIII, où il est possible de suivre un cursus complet en LSF jusqu'à un doctorat en sciences du langage.

Les interprètes en LSF sont actuellement en nombre très insuffisant. Ils travaillent dans des services publics, des institutions ou exercent en libéral.

L'Association française des interprètes en langue des signes (AFILS) leur délivre une carte professionnelle.

Guide-interprète

Le guide-interprète accompagne des groupes de touristes français ou étrangers lors de la visite de monuments, de musées ou de sites historiques. Il anime les visites en les commentant.

Des qualités de pédagogue, d'ouverture et de disponibilité, ainsi qu'une bonne culture générale et la maîtrise de langues étrangères sont indispensables. Le guide-interprète doit également être capable de s'adapter à tous types de publics, des amateurs avertis aux néophytes.

Repère

La langue de travail la plus courante des guides-interprètes est l'anglais (pour 45 % d'entre eux) , l'espagnol (19,5 %), l'allemand (18,5 %) et l'italien (10 %).

La profession de guide-interprète est réglementée par le code du Tourisme .

Pour travailler en région, vous devez être titulaire de la carte de guide-interprète régional.
Elle est délivrée automatiquement aux titulaires d'un BTS animation et gestion touristiques locales (AGTL) ayant obtenu au moins 12/20 aux épreuves de tourisme et de langues étrangères.
Elle s'obtient aussi en passant un examen organisé par les régions : il est ouvert aux titulaires d'un BTS AGTL, d'une 2e année de licence (L2) mention histoire de l'art, archéologie, médiation culturelle, LLCE (langues, littérature et civilisations étrangères) ou LEA (langues étrangères appliquées).

Pour devenir guide-interprète national, vous devez obtenir le diplôme national de guide-interprète national (DNGIN), délivré à l'issue d'une formation universitaire de 1 an, accessible aux titulaires d'un bac + 2 en histoire de l'art, archéologie, médiation culturelle, communication, tourisme, LEA, LLCE ou le BTS AGTL.
Les candidats doivent, en outre, s'exprimer en français et maîtriser 2 autres langues étrangères (anglais, allemand, espagnol, italien). Reconnu dans l'ensemble de l'Union européenne, ce diplôme de niveau II (bac + 4) donne le grade de licence professionnelle. Son obtention vous permet le retrait de la carte professionnelle en Préfecture. Cette formation est dispensée, par exemple, à l'Institut francilien d'ingénierie des services (Marne-la-Vallée).

Les agences de voyages et les tour-opérateurs recrutent régulièrement des guides-interprètes pour des missions déterminées.

Les offices de tourisme et les syndicats d'initiative proposent aussi des emplois saisonniers dans leur majorité, sauf dans de rares de sites emblématiques fréquentés en permanence.

Voir la fiche détaillée.

Aller à la page précédente
Page :123456
Aller à la page suivante