Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Les métiers après des études de langues

Domaines : Art – Culture - Audiovisuel, Enseignement - Recherche, Hôtellerie – Restauration - Tourisme, Information - Communication, Lettres – Langues - Sciences humaines
Novembre 2012
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Les métiers de la traduction

Les évolutions du vocabulaire technique et scientifique représentent de nouveaux défis pour les traducteurs. Les synonymes français n'existent pas toujours ce qui les conduit à utiliser des équivalents, des variantes, des néologismes. Peu connu, le métier de terminologue commence à se développer.

Traducteur / Traductrice

Le traducteur transpose un texte d'une langue à une autre. Il doit à la fois respecter la forme et le fond des textes qui lui sont confiés. Il peut se spécialiser dans la traduction de textes à caractère scientifique et technique ou, au contraire, ne traduire que des oeuvres littéraires . Mais il peut aussi être traducteur expert judiciaire, ce qui le conduit alors à travailler pour les tribunaux.

Le traducteur travaille en solitaire, chez lui ou dans un bureau, et organise son travail comme il l'entend : ce métier convient aux esprits indépendants et à ceux qui ne sont pas des inconditionnels du travail en équipe. Il exige le sens de la précision, une grande rigueur et de l'endurance.
Qu'il s'agisse de rapports, d'études ou de romans, les documents à traduire sont parfois longs et complexes. Il faut être patient et persévérant. Enfin, trait d'union entre 2 langues et 2 cultures, le traducteur doit faire preuve d'une grande ouverture d'esprit et d'une certaine agilité intellectuelle.

En France, la profession de traducteur n'est pas réglementée et souffre d'un manque de reconnaissance. Le niveau de formation exigé est élevé (bac + 5) et, parallèlement aux études, vous devez avoir effectué plusieurs séjours à l'étranger pour vous imprégner d'au moins 2 langues étrangères, dont l'anglais. Vous devez aussi savoir bien rédiger et maîtriser parfaitement le français.

Vous avez la possibilité de vous tourner vers les sections orientales, européennes ou internationales au collège et au lycée.

L'université vous offre la possibilité de suivre un cursus complet en 5 ans. A bac + 3, vous pouvez valider une licence mention LLCE (langues littératures et civilisations étrangères) ou une licence mention LEA (langues étrangères appliquées). La première permet d'étudier une langue étrangère en profondeur ; la seconde est tournée vers l'étude de 2 langues étangères et d'une discipline type droit, commerce international, etc.

Une poursuite d'études vers un master professionnel ou recherche (bac + 5) vous permet de vous spécialiser notamment dans le domaine de la traduction. Les doubles compétences sont appréciées (langue et droit, environnement, électronique, etc.).

On peut citer les masters professionnels suivants : master pro spécialité industries de la langue et traduction spécialisée (Paris Diderot) ; master pro spécialité traduction anglaise spécialisée (Paris Ouest Nanterre) ; master pro mention langues étrangères appliquées, spécialité traduction juridique et financière (Sorbonne Nouvelle).

Par ailleurs, différentes écoles de traduction, privées ou publiques, peuvent vous mener vers métier de traducteur.

Deux écoles sont particulièrement renommées : l'ESIT, Ecole supérieure d'interprètes et de traducteurs et l'ISIT, Institut supérieur d'interprétation et de traduction. L'entrée, sur concours, y est très sélective et nécessite la maîtrise de 3 langues vivantes (dont le français).

Rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle, l'ESIT recrute à bac + 3. Elle délivre un master pro traduction éditoriale, économique et technique (2 ans), ainsi qu'un master recherche en traductologie (1 an). Elle propose également un DU traducteur – interprète judiciaire.

L'ISIT propose quant à lui différents programmes et spécialisations accessibles à bac, bac + 1, bac + 2 ou bac + 3 : management, communication, traduction ; communication interculturelle et traduction ; master européen en traduction spécialisée, etc.

Enfin, toujours dans le domaine des la traduction, on peut citer l'INALCO, Institut national des langues et des civilisations orientales à Paris, plus connu sous le nom de ''Langues O'', ainsi que l'ITIRI, Institut de traducteurs, d'interprètes et de relations internationales, rattaché à l'université Strasbourg 2.

Pour aller plus loin

Le traducteur indépendant facture généralement ses services au mot : entre 8 et 12 centimes d'euros, selon la rareté de la langue. Mais il peut aussi être payé au feuillet ou à la journée. Le coût du feuillet de 1 500 signes se situe dans une fourchette minimum de 20 euros (texte littéraire chez un éditeur) à 35 euros (la page de 250 mots pour un document technique). Les tarifs sont aussi calculés en fonction des délais, de la technicité du document original.

Le traducteur doit prendre le temps de se faire connaître et de se constituer une clientèle et d'acquérir une spécialisation, le plus souvent par auto-formation.

Bon à savoir
La révision, terme fréquemment employé en traduction, est une lecture comparée du texte source et du texte cible afin de vérifier la syntaxe, la grammaire, l'orthographe et la terminologie.

Les agences spécialisées en traduction constituent le premier débouché des débutants mais elles recrutent peu de salariés, préférant faire appel à des traducteurs indépendants.

Les organisations internationales et certains ministères disposent d'équipes de traducteurs. L'entrée se fait généralement par le biais de concours.

Certains grands groupes multinationaux ont besoin de traducteurs, notamment ceux qui évoluent dans des secteurs comme l'électronique, le multimédia, les télécommunications ou encore la santé.

Les maisons d'édition, ainsi que les sociétés de production audiovisuelles, font également appel à des traducteurs, le plus souvent indépendants.

Bon à savoir

La traduction consiste à traduire des idées exprimées à l'écrit d'une langue (source) vers une autre (cible), tandis que l'interprétation vise à traduire des idées exprimées oralement ou par l'utilisation de parties du corps (langue des signes) d'une langue vers une autre.
Les interprètes sont donc des spécialistes de la communication orale, alors que les traducteurs se concentrent sur l'écrit. Ces 2 professions très exigeantes requièrent des aptitudes très différentes. Avec de l'expérience, un traducteur peut évoluer vers la profession d'interprète, l'excellence étant représentée par l'interprète de conférences.

Voir la fiche détaillée.

Traducteur littéraire / Traductrice littéraire

Le traducteur littéraire travaille principalement dans le secteur de l'édition. Il signe un contrat avec un éditeur et s'engage à traduire un ouvrage destiné à être publié. Son travail de traduction peut tout aussi bien concerner un roman ayant connu un immense succès dans son pays qu'un simple guide pratique.

Peu de traducteurs littéraires vivent pleinement de leur activité. Beaucoup d'entre eux exercent une autre profession telle que professeur, journaliste, ou écrivain. Néanmoins, le traducteur d'un auteur étranger à succès, dont le travail a été apprécié, est très souvent redemandé pour les adaptations françaises suivantes de cet auteur. Les grands écrivains ont ainsi leurs traducteurs attitrés.

Le traducteur littéraire doit faire preuve d'un véritable talent d'écriture, d'aptitudes stylistiques, d'imagination et d'une grande culture générale. La traduction littéraire est un exercice ardu qui demande de l'adaptabilité : il faut être capable de faire ressortir le style de l'auteur, la musicalité et le rythme de son écriture. La persévérance est de mise pour décrocher des commandes.

Beaucoup de traducteurs débutent dans le métier sans formation spécifique. Vous pouvez cependant préparer, après une licence LLCE, un master professionnel en traduction littéraire, par exemple le master d'études anglophones spécialité traduction littéraire (Paris 7).

La traduction littéraire offre peu de débouchés.

Les maisons d'édition et les agences de presse font travailler des traducteurs littéraires. A peine 700 traducteurs littéraires ont cette activité comme source de revenus principale.

A noter : considéré comme un auteur (son nom figure sur l'ouvrage publié), le traducteur littéraire perçoit, en plus de sa rémunération de base, des droits d'auteur sur la vente des ouvrages traduits.

Traducteur audiovisuel / Traductrice audiovisuelle

Spécialisé dans une langue (l'anglais est le plus demandé), le traducteur audiovisuel, appelé aussi adaptateur, sous-titre et double des films et surtout des documentaires pour le cinéma, et la télévision. Ses tâches sont beaucoup plus techniques que celles d'un traducteur traditionnel.

Soumis à de fortes contraintes techniques (vitesse de défilement des sous-titres, synchronisation labiale, etc.), le traducteur audiovisuel doit faire preuve d'une grande concision et de clarté. L'adaptation française doit restituer aussi toutes les subtilités de l'oeuvre originale. La maîtrise de la langue traduite et du français, ainsi qu'une grande culture audiovisuelle sont des qualités indispensables à ce métier. Il faut aussi se montrer persévérant pour parvenir à décrocher des contrats dans le milieu audiovisuel.

Même si la plupart des traducteurs audiovisuels débutent en apprenant sur le tas, vous avez la possibilité de préparer un master professionnel spécialisé dans le domaine de la traduction audiovisuelle (Paris X, Nice, Strasbourg II, Lille III....).

Le traducteur audiovisuel n'a pas le statut d'intermittent du spectacle. Il est payé en droits d'auteur.

Les sociétés de production emploient ces profils. Cependant, relations, débrouillardise et persévérance s'imposent pour pénétrer le milieu du cinéma et de la télévision. La profession est assez saturée.

Repère

En matière de sous-titrage, le tarif recommandé par le SNAC (Syndicat national des auteurs et des compositeurs) varie de 2,53 euros (séries, programmes de téléréalité, documentaires pour la télévision, films pour le câble ou le DVD) à 3,68 euros (films distribués en salle) par sous-titre. Mais un nouveau tarif au forfait, plus défavorable aux auteurs, semble se pratiquer de plus en plus. De même, pour un doublage synchro-labia, les tarifs varient selon le programme (nombre de comédiens, langues requises, etc.).

Traducteur technique / Traductrice technique

Spécialisé dans un ou plusieurs des 25 domaines techniques recensés par la Société française des traducteurs, le traducteur technique connaît à fond la branche (médical, juridique, électronique, multimédia, chimie, télécommunications, informatique...) qu'il traite et en maîtrise parfaitement le vocabulaire.

Au-delà d'une simple traduction littérale, il est capable d'apporter toute sa connaissance du sujet. Il traduit principalement des documents juridiques et financiers (contrats, bilans, rapports annuels, etc.), techniques et scientifiques (brevets, fiches techniques, modes d'emploi, articles scientifiques, etc.), commerciaux (plaquettes de publicité, communiqués, courriers, etc.) et, de plus en plus, de communication (newsletters, journaux internes).

L'anglais est quasiment obligatoire.

Le traducteur technique doit être attentif aux évolutions de son domaine technique et manifester un intérêt constant pour l'actualité politique, culturelle et économique française et internationale. Par ailleurs, il doit faire preuve d'une grande rigueur et de précision.

A noter, contrairement au traducteur littéraire, le traducteur technique travaille dans l'anonymat.

Une formation technique complétée par un diplôme de l'ESIT (Paris III) ou de l'ISIT, ou un master professionnel en traduction éventuellement spécialisé dans un domaine spécifique sont les profils les plus recherchés.

Vous devez miser sur un bac + 5. Vous pouvez notamment préparer un master professionnel traduction éditoriale, économique et technique à l'ESIT.

Opter pour un cursus en droit, économie ou sciences, ou pour une école d'ingénieurs, avant d'envisager des études de traduction peut être une stratégie payante. Une double compétence technique et linguistique est très recherchée par les entreprises !

La traduction technique est celle qui offre le plus de débouchés.

Les traducteurs techniques travaillent surtout pour l'édition et les entreprises.

Quelques rares opportunités existent également dans la fonction publique (ministère des Affaires étrangères, ministère de l'Industrie) et les organismes internationaux (ONU, OTAN, UNESCO, Commission européenne), où les traductions concernent essentiellement des documents juridiques, économiques et diplomatiques. Dans ce cas, il faut non seulement des compétences linguistiques, mais aussi une bonne connaissance des administrations françaises et internationales, du droit, de l'économie, etc.

Plus accessible que la traduction littéraire, la traduction technique est aussi rapidement plus lucrative, surtout pour ceux qui maîtrisent des langues rares.

Avec l'internationalisation des échanges, les besoins sont en effet en hausse et touchent la majorité des entreprises (exportatrices, internationales), les grands organismes scientifiques, les laboratoires pharmaceutiques, les compagnies d'assurances, les cabinets d'avocats...

Néanmoins, les postes salariés sont rares et 80 % des traducteurs techniques travaillent en indépendants.

Pour aller plus loin

Si la traduction reste une activité essentiellement humaine, des tentatives ont été faites pour l'automatiser et l'informatiser ou pour utiliser les ordinateurs comme support de la traduction humaine.
La TAO est un domaine intermédiaire entre la traduction et l'informatique. Les logiciels de traduction assistée par ordinateur (TAO) sont dits logiciels à mémoire de traduction : ils s'appuient sur la récurrence des mots, des tournures et phrases dans un document pour assurer une cohérence terminologique et syntaxique dans la traduction.
Selon une enquête 2008 de la Société française de traduction, les logiciels de TAO sont utilisés par près de 65 % des traducteurs. La TAO n'a évidemment pas sa place dans le domaine de la traduction littéraire. De son côté, la traduction automatique par ordinateur correspond à une traduction assistée par ordinateur : le traducteur travaille avec un support informatique qui lui facilite la tâche et lui fait gagner du temps. Le résultat est impubliable en l'état, mais peut donner une idée du texte.

Traducteur-interprète expert judiciaire / Traductrice-interprète experte judiciaire

Agréé par la Cour de Cassation ou les Cours d'appel, le traducteur expert assiste la justice dans son travail. Intervenant à la demande des magistrats, des officiers de police judiciaire, des avocats ou des justiciables, il traduit des documents destinés à être produits en justice. Il peut être appelé à se prononcer sur le sens précis d'un texte ou la qualité d'une traduction. Au cours d'une audience ou d'une instruction, il joue aussi le rôle d'interprète.

Ce métier exige des qualités d'analyse et de rigueur, ainsi que le sens de la précision. Les interventions se faisant à la demande, il faut aussi être très disponible.

Le traducteur expert doit respecter un code de déontologie très strict. Pour devenir expert, vous devez tout d'abord suivre le même parcours que pour devenir traducteur, soit bac + 5 (master universitaire ou diplôme d'écoles spécialisées).

A noter, ce métier est rarement exercé par des débutants et exige de bonnes connaissances en droit.

Pour être inscrit sur une liste de Cour d'appel, vous devez présenter votre candidature au procureur de la République près le tribunal de grande Instance.

Après une enquête de moralité faite par la police, le dossier est transmis à la Cour d'appel correspondante. Le titre d'expert judiciaire vous est conféré par cette Cour à l'issue d'une prestation solennelle de serment.

L'autorité judiciaire nomme les experts pour une période de 5 ans renouvelable. Il y a environ 2 300 experts traducteurs interprètes en France.

En dehors des experts auprès de la Cour d'appel, il existe une liste nationale d'experts. Il s'agit d'experts agréés par la Cour de Cassation, déjà inscrits sur la liste d'une Cour d'appel depuis 3 ans minimum.

Le traducteur-interprète expert exerce principalement en tant que traducteur ou interprète indépendant. Sa mission d'expert judiciaire ne s'exerce qu'en plus, à titre accessoire.

Localisateur / Localisatrice

Le localisateur, ou localiseur, est un traducteur spécialisé dans le traitement de matériaux informatiques et multimédia. Il ''localise'' principalement des logiciels et des produits multimédia afin d'adapter leur interface utilisateur à une autre culture. Il traduit les messages affichés sur les écrans, les options de menus, les légendes des schémas, les contenus de pages web, les infographies, les vidéos, les jeux vidéo, les présentations assistées par ordinateur, les contenus des bornes interactives, etc. Il travaille aux côtés d'informaticiens.

Ce nouveau métier qui combine traduction et technique implique de la polyvalence et un goût prononcé pour l'informatique. La familiarisation avec les outils informatiques est ici indispensable.

Côté formation, vous pouvez, par exemple, opter pour le master professionnel industrie de la langue et traduction spécialisée (ILTS) proposé à l'université Paris-Diderot.

Les débouchés, encore limités, augmentent. Il s'agit d'un marché émergeant pour les traducteurs, à condition qu'ils aient reçu une formation complémentaire en technologies.

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