Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Alban Jolly

Paysagiste-créateur de murs végétaux, Paris (75)
Date de l'interview : 01/02/2009

Paysagiste est un métier physique qui demande de la persévérance pour pouvoir s’impliquer dans des réalisations de A à Z.

Après avoir exercé pendant quelques années le métier traditionnel de paysagiste Alban Jolly s'est passionné pour les murs végétaux et a décidé de créer sa propre entreprise, UrbanFlore.

Quel cursus avez-vous suivi ?

Je me suis formé en alternance, un atout dans ce métier où les techniques ne peuvent véritablement s'assimiler que sur le terrain. J'ai tout d'abord préparé un BEPA travaux paysagers puis une spécialisation rare en ''green keeping'' (jardinier de golf).
Après 1 an en tant qu'ouvrier d'entretien dans un golf national, j'ai décidé de reprendre mes études afin de pouvoir accéder à une activité plus créative. Durant ma formation de bac pro travaux paysagers, j'ai travaillé comme apprenti à Paris au Cèdre Rouge et chez Terrasse Concept (aménagement de terrasses et balcons paysagers). Cette dernière expérience a été très riche et formatrice : j'ai participé à des prestations sur des chantiers haut de gamme et j'ai affiné mes techniques.
Les diplômes restent généralistes, seul le choix des expériences sur le terrain permet de se spécialiser. J'ai ainsi continué à travailler dans le domaine de la création de jardins-terrasses sur les toits de Paris. Dans mon secteur, les entreprises qui vous forment en tant qu'apprenti à leurs techniques et à leur cheminement créatif ont tendance ensuite à vous embaucher.

A quel moment vous-êtes vous spécialisé dans les murs floraux ?

Réaliser un jardin terrasse sur un toit implique déjà de maîtriser des techniques permettant de créer de toutes pièces un espace de plantations dans un milieu non naturel et de résoudre des problèmes d'étanchéité, d'arrosage ! Les créations murales novatrices de Patrick Blanc (ndlr : botaniste chercheur au CNRS) qui ont vu le jour ces dernières années m'ont subjuguées. Désireux de me renouveler et de pousser plus loin ma connaissance de nouvelles techniques, je me suis intéressé à cette nouvelle "verticalité". Je me suis auto-formé et j'ai expérimenté des prototypes, ce qui m'a permis de créer mon 1er mur végétal. Parallèlement, le moment était venu pour moi de créer ma propre activité, ce que j'ambitionnais depuis longtemps et qui est assez courant dans mon métier.

Qui sont vos clients ?

J'entame ma 2e année en tant que chef d'entreprise. Pour me faire connaître, j'ai beaucoup investi dans un site web personnel présentant mes réalisations. Le référencement de mon site et mon inscription à des sites de demande de devis spécialisés drainent vers moi une clientèle essentiellement de particuliers. Je travaille aussi beaucoup avec des restaurants et des boutiques. N'ayant pas pour le moment d'employés, je ne suis pas équipé pour des chantiers plus importants. Néanmoins, pour passer à la vitesse supérieure, je commence à répondre à des appels d'offres. J'ai résolu la question de l'assurance décennale obligatoire, avec l'aide de l'Union nationale des entrepreneurs du paysage.
Le métier de paysagiste mural est assez récent et en plein éclosion. A Paris, on compte une petite quinzaine d'entreprises dont 2 importantes et aucune en province. La demande est énorme notamment du côté des entreprises privées.

Quel est votre quotidien ?

Je réponds aux demandes de devis qui me sont parvenues, ce qui me prend un tiers de mon temps. Je dois aussi faire des relances et m'occuper de la comptabilité. Je me rends toujours chez les clients pour bien analyser et comprendre leurs attentes. Cette prise de contact, qui me permet de m'imprégner de l'ambiance du lieu, m'est indispensable. Je dessine ensuite des lignes directrices et des grandes tendances de mon projet grâce à la 3D (CAO/DAO). Après les achats de plantes à Rungis, la phase de réalisation d'un mur végétal est finalement assez rapide : un chantier ne dure que quelques jours. J'imagine sur place la meilleure composition que j'agence d'abord à terre avant de la verticaliser.
Enfin s'il me reste du temps et de l'argent, j'adore expérimenter de nouveaux prototypes (techniques et formes) dans mon atelier. J'utilise un tiers de plantes dépolluantes dans mes réalisations. J'aime être à la pointe du végétal, c'est ce qui me passionne dans mon métier.

Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes ?

Paysagiste est un métier physique qui demande beaucoup de persévérance avant de pouvoir être impliqué dans des réalisations de A à Z. Une formation de 2 ans en alternance est le minimum requis pour des postes d'ouvrier-paysagiste. Le bac pro permet d'approfondir les techniques et le côté artistique, le BTSA apportera un plus pour la gestion et la comptabilité. Enfin il ne faut pas oublier que les jardins s'écrivent entre les lignes et s'apprennent les mains dans la terre.

Propos recueillis par Annie Poullalié