Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Thierry Pothet

Président des Transports STRL, Monsoult (95)
Date de l'interview : 01/01/2008

J'ai récemment recruté sept jeunes tout juste diplômés du CAP conducteur routier.

A la tête de la Société des transports routiers logisticiens (STRL), Thierry Pothet dévoile son quotidien de directeur d'une PME de près de 50 salariés dans le transport.

Comment êtes-vous parvenu à la tête d'une PME dans le transport ?

Diplômé d'une école de commerce, j'ai toujours travaillé dans le domaine de la prestation de services aux entreprises. En 2004, j'ai racheté l'entreprise familiale STRL dont j'étais le directeur général. Il s'agit d'une PME en forte croissance (+ 25 %). Nous venons de quitter la "petite couronne" (92) afin de tripler la surface de nos locaux et de nous rapprocher des centres logistiques d'expédition de nos principaux gros clients industriels (jouets, meubles, bricolage...).

Quelles sont les activités des Transports STRL ?

Nous proposons à nos clients du transport régional et national de marchandises non périssables et non sensibles, de la location de véhicules industriels avec ou sans conducteurs, de l'affrètement et du stockage. 95 % de mes clients sont directs : je ne suis donc pas sous-traitant. Je fais, en revanche, appel à des petits transporteurs sous-traitants. Il faut savoir que dans le secteur du transport, 70 % des entreprises ont moins de 10 salariés et sont à 90 % des sous-traitants.
Nous acheminons principalement par route (85 %) les marchandises vers les magasins de distribution de nos clients (Leroy-Merlin...). Le mode combiné (rail et route), que nous souhaitons développer, ne représente que 15 % de nos activités en raison à la fois d'une situation de monopole persistante, d'un manque de régularité et de qualité des services ferroviaires actuels.

Quels sont les métiers de votre entreprise ?

Mon entreprise emploie 47 salariés à temps plein en CDI. Je n'ai pas recours à l'intérim. Ma politique de recrutement vise la stabilité du personnel. Le 1er métier de l'entreprise, soit 80 % du personnel, est celui de conducteur routier super lourd (permis EC). Il est malheureusement très difficile de recruter des femmes dans ce métier (elles ne représentent que 2 % des effectifs de la profession !). Si plus de 30 % d'entre eux n'ont pas plus de 30/35 ans, ils possèdent néanmoins déjà une douzaine d'années d'expérience dont 9 ans en moyenne chez STRL. Grâce à une politique sociale adaptée (paiement au forfait de 210 h par mois et primes) et à la qualité du matériel de travail proposé (parc de véhicules en très bon état), je m'emploie à abaisser au maximum le taux de turn-over, qui est, par ailleurs, important dans la profession. Mes conducteurs sont les ambassadeurs de mes clients auprès de leurs clients.
Le 2e métier est celui de mécanicien chargé au sein d'un garage intégré de la maintenance d'un parc important de véhicules (300). Au nombre de 3, ils sont titulaires d'un CAP de mécanicien. Un cariste complète l'équipe. J'attache une très grande importance à la sécurité et à la formation éco-route de mon personnel. J'ai d'ailleurs investi dans des véhicules de type euro 5 qui permettent de réduire les émissions de CO2.
Enfin, on compte une dizaine de personne dont une majorité de femmes dans des postes administratifs : facturation, secrétariat, administration des ventes et direction (moi-même et un directeur d'exploitation). Je m'occupe personnellement du développement commercial de l'entreprise (réponse aux appels d'offres) et suis très impliqué dans les instances représentatives du secteur.

Recrutez-vous de jeunes conducteurs ?

Les conducteurs les plus jeunes (21 ans minimum) sont aussi les plus diplômés. J'ai ainsi récemment recruté 7 jeunes tout juste diplômés de CAP conducteur routier. Les départs à la retraite étant nombreux dans ce métier, les effectifs sont donc constamment à renouveler. Les nouveaux sont parrainés et toujours accompagnés d'un moniteur lors de leurs 1res missions.

Comment vivez-vous la crise actuelle ?

La pression monte car la baisse d'activité et la concurrence se font sentir. La concurrence est internationale car il existe au niveau européen des distorsions fiscales et sociales. Je n'emploie malgré tout que du personnel français. La stabilité de mon entreprise est liée à son ancienneté, à la qualité des services rendus (étoile de la PME 2005 des entreprises de transport-logistique, Etoile de l'Image de Marque 2008), qui font que nous avons 80 % de nos clients sous contrats pluriannuels.

Pour conclure, avez-vous des conseils à donner aux jeunes ?

Le secteur du transport et de la logistique offre des métiers passionnants qui permettent de grandir et de s'épanouir, à condition de ne pas avoir peur de retrousser ses manches. Les débouchés professionnels sont importants et c'est secteur d'avenir qui va continuer à évoluer.