Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Hamid Manie

Responsable pédagogique de l'école de la 2e chance en 2008, Seine-Saint-Denis (93)
Date de l'interview : 17/02/2009

Notre pédagogie conduit les jeunes à amorcer un processus de changement, à gagner en maturité et à développer leur autonomie.

Garant de la pédagogie de l'E2C 93, Hamid Manie nous présente ce dispositif qui vient en aide aux jeunes sans qualification en leur offrant un parcours pré-qualifiant visant leur insertion professionnelle.

Que vise l'E2C 93 ?

L'E2C 93 se compose de 4 écoles. Chaque école a la capacité d'accueillir en alternance une soixantaine de jeunes : la moitié des jeunes en centre et l'autre moitié en entreprise. L'E2C 93 propose avant tout un parcours d'insertion professionnelle, où l'autonomie du jeune est sans cesse recherchée. Il s'agit d'un parcours pré-qualifiant. Son but est d'amener le jeune à l'emploi et à l'entreprise. Cela peut passer, pour certains, par d'une phase intermédiaire (parcours qualifiant, contrat d'apprentissage, etc.).

Qui sont les jeunes accueillis ?

Résidant pour la plupart dans le département, ils ont entre 18 et 25 ans (21 ans en moyenne). Les filles sont majoritaires. Pour pouvoir bénéficier du dispositif, il faut être inscrit à la mission locale, qui est notre principal prescripteur avec les associations de quartiers et Pôle Emploi, etc. Les jeunes, intégrant l'E2C, sont sans diplôme et sans qualification et sont motivés par la recherche d'une solution. Ils ont le plus souvent un niveau fin de collège.

Comment peut-on intégrer l'école ?

Le jeune qui souhaite intégrer l'école nous téléphone pour prendre rendez-vous. Il est reçu par 2 formateurs pour un entretien de motivation. Il doit avoir mûri sa décision de s'en sortir et d'aller vers l'emploi. S'il n'est pas prêt, il est réorienté. Nous lui conseillons un autre dispositif (mobilisation, socialisation). Le jeune recruté se voit proposer 1 mois d'essai afin qu'il puisse se rendre compte s'il pourra suivre le rythme soutenu de l'école (35 h par semaine). A l'issue de cet essai, il devient stagiaire de la formation professionnelle et perçoit une rémunération mensuelle allouée par la Région.

Quel est le parcours proposé au jeune ?

Il s'agit d'un parcours avant tout personnalisé. Le jeune passe un test de positionnement qui permet d'identifier ses lacunes et de lui proposer une mise à niveau et une remédiation adaptées. Tous les cours (maths, français) sont individuels. A cela s'ajoutent des activités collectives (atelier d'élaboration du projet professionnel, ateliers thématiques sur la santé, théâtre, sport, philosophie, etc.). Une demi-journée par semaine est consacrée à la recherche de stage en entreprise. Les parcours durent en moyenne 6 ou 7 mois et peuvent aller jusqu'à 1 an (1 400 h). Tout au long de son parcours, le jeune a un référent unique au sein de l'école qui le suit individuellement et le voit en entretien formalisé 1 fois par semaine en période de centre.

Quelles évolutions constatez-vous chez les jeunes ?

Alors qu'ils arrivent perdus et ne sachant pas se positionner, notre pédagogie les conduit à amorcer un processus de changement, à gagner en maturité et à développer leur autonomie. En entreprise, ils apprennent le respect des autres et des horaires. Le travail à l'école leur permet de développer des compétences socioprofessionnelles, cognitives et linguistiques. Les 2 ou 3 premiers stages sont consacrés à la découverte professionnelle et à la vérification de différents projets, Les stages suivants visent la validation d'un projet professionnel selon le principe du "métier choisi" et l'acquisition des premières compétences techniques lié à ce métier.

Quelle est leur insertion professionnelle ?

Les jeunes sortent du dispositif avec une attestation de connaissances et de compétences, ainsi qu'avec un portefeuille de compétences, sorte de récapitulatif de leurs acquis (école et entreprise). En 2007, 61 % des jeunes connaissent une sortie positive : 17 entrent en formation qualifiante, 12 % en apprentissage et 32 % trouvent un emploi (CDD de 6 mois minimum) : services à la personne, bâtiment (maçon, peintre) ; industrie, transport-logistique (cariste, chauffeur)... 39 % continuent à rechercher une solution. Nous continuons à les suivre à 3, 6 et 9 mois pour savoir ce qu'ils deviennent.

Quelles sont les relations de l'E2C avec les entreprises ?

Le soutien des entreprises passe par le versement de la taxe d'apprentissage, l'accueil de nos jeunes en stage et par le recrutement, selon les opportunités, des jeunes ayant validé les compétences nécessaires à l'exercice du métier choisi. Tous les secteurs d'activités, correspondant aux attentes des jeunes sont visés. Pour fidéliser ce réseau d'entreprises et les impliquer encore plus dans le projet de l'E2C, un club d'entreprises sera créé dans les mois à venir.

 

[Note de la rédaction : depuis 2009, la responsable pédagogique de l'E2C 93 est Sophie Tessaud]