Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Alain François

Directeur d'une école de la 2e chance, Paris (75)
Date de l'interview : 01/12/2008

L'absence de diplôme, de qualification n'est pas une fatalité, nous avons 59 % de sorties positives vers l'emploi direct.

Directeur de l'E2C Paris, Alain François nous décrit ce nouveau dispositif d'insertion professionnelle offert aux jeunes parisiens sans qualification.

Quelle est la spécificité de l'E2C Paris ?

En dépit de nombreux dispositifs déjà institués, il manquait à Paris un outil de promotion sociale, bien identifié par les jeunes et leur environnement leur permettant de retourner à l'école. La finalité d'une E2C consistant à rapprocher les jeunes de l'entreprise, il est indispensable de mobiliser les partenaires locaux et territoriaux (Ville de Paris, région Ile-de-France, CCIP, Fonds social européen européen) et des entreprises (Accor, Compass Group, EDF, Eiffage Construction, La Poste, RATP, SSP, Véolia Environnement, Vinci), afin de réussir ce pari.
Les formateurs sont, pour la grande majorité des diplômés de l'enseignement supérieur avec des expériences professionnelles antérieures dans le secteur de la formation pour adultes, de l'insertion professionnelle, ou plus généralement du monde de l'entreprise.

Que vise ce dispositif ?

L'E2C Paris permet à des jeunes de faible niveau scolaire, souvent sans projet précis, mais très motivés, de reprendre un parcours scolaire susceptible de déboucher sur un métier qu'ils auront choisi. Cette école ne se pose pas en concurrence avec d'autres structures de formation ou d'insertion, mais vise plutôt à compléter le maillage existant, en se positionnant pour les territoires les plus fragilisés et pour des jeunes en difficulté.

A qui s'adresse l'école de la 2e chance ?

L'E2C Paris a pour objectif d'offrir, pour l'instant, environ 80 places, en entrées et sorties permanentes, à de jeunes parisiens, âgés de 18 à 25 ans, sans diplôme ni qualification, sortis du système scolaire traditionnel depuis au moins 1 an. Ils peuvent être orientés par l'une des 5 missions locales de Paris avec lesquelles nous travaillons en étroite collaboration, ou les autres structures du réseau d'accueil et d'orientation mais beaucoup viennent aussi par le bouche à oreille. Certains jeunes viennent donc de leur propre initiative, soit qu'ils aient eu connaissance du dispositif par un proche, soit qu'ils aient vu un reportage dans les médias. Depuis l'ouverture de l'école en mars 2007, nous avons accueilli 206 jeunes.

Comment se passe l'accompagnement, étape par étape, d'un jeune inscrit à l'E2 C Paris ?

Tout d'abord, il y a l'admission. Après s'être inscrit et avoir participé à une réunion d'information collective, le futur élève confirme son intérêt lors d'un entretien avec 2 formateurs. Une commission se réunit et décide de valider ou non son entrée en formation. Le parcours du stagiaire est construit sur une alternance : 3 semaines à l'école, 3 semaines de stages en entreprise. C'est un parcours exigeant, le stagiaire doit trouver lui-même les entreprises qui l'accueillent. Il comporte une période d'essai d'une durée de 6 semaines puis une phase de découverte, suivie d'une phase de construction du projet professionnel pour aboutir à une phase de préparation à la sortie. La durée de ces différentes phases varie en fonction du stagiaire, mais le parcours à l'E2C excède rarement 8 à 10 mois.

De quelle manière le parcours proposé est-il personnalisé ?

Les apprentissages de base en français, maths, informatique-bureautique sont repris de façon individualisée afin de s'adapter au rythme et aux besoins de chacun. D'autres activités sont proposées mais ne sont pas systématiquement individualisées : connaissance du monde contemporain, philosophie, connaissance du monde professionnel, expression créative. Pendant toute la durée du parcours, un suivi individuel est assuré par le formateur référent et avec le soutien éventuel du psychologue de l'école.

Que deviennent les jeunes à la sortie du dispositif ?

Nous avons 59 % de sorties positives vers la formation et/ou l'emploi direct : 18 % sont sortis en contrat de professionnalisation, 4, 5 % en contrat d'apprentissage ou en alternance (soit 22,5 % en formation), 18 % sont en CDD, 14 % en CDI et 4,5 % en intérim (soit 36,5 % en emploi). Nous travaillons actuellement à réduire le nombre des abandons en début de parcours et à consolider l'accompagnement des stagiaires dans les périodes charnières de la construction de leur projet professionnel et personnel. Si un jeune peut sortir du dispositif sans rien, on observe souvent, par expérience, que dans l'année qui suit, il trouve une solution. Certains attendent la rentrée scolaire pour s'inscrire dans un CFA, par exemple. Nous avons de belles réussites : récemment une élève nous appelait pour nous annoncer qu'elle venait de signer un CDI chez EDF, une autre a été acceptée en contrat de professionnalisation chez ACCOR dans l'hôtellerie et au CFA Stephenson, etc.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune sans qualification ?

L'absence de diplôme et de qualification n'est pas une fatalité, si elle est compensée par une très forte motivation. Nous conseillons à tous ces jeunes de ne pas rester enfermés sur eux-mêmes, ou dans leur quartier. Avec l'E2C, ils peuvent oser, c'est un véritable tremplin. La 1re démarche qu'ils doivent entreprendre, c'est de contacter leur mission locale. Ils pourront faire le point avec un conseiller qui saura si l'E2C, dans le cadre d'un parcours cohérent, peut être une étape utile et la réponse adaptée à leur besoin.