Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Didier Chastrusse

Vice-président du FAFIH, Paris (75)
Date de l'interview : 01/12/2009

Le secteur de l'hôtellerie-restauration a une forte culture de la transmission du savoir et offre des perspectives d'évolution.

Vice-président du FAFIH (OPCA de l'hôtellerie, de la restauration et des activités connexes), Didier Chastrusse est le porte parole de la campagne "Cap sur la réussite", associée au site http://www.metiers-hotel-resto.fr/.

Pourquoi avez-vous lancé une telle campagne ?

Le secteur que je représente connaît des besoins en recrutement importants : 60 000 personnes sont recherchées chaque année, alors qu'il emploie déjà près d'un million de personnes. Nous souhaitons mieux communiquer auprès des jeunes de 15 à 25 ans, primo-accédants à nos métiers et valoriser le secteur de l'hôtellerie-restauration qui souffre d'une mauvaise image, particulièrement auprès des parents et des prescripteurs. Pourtant ce secteur offre de réelles possibilités de carrières, accueille très volontiers les jeunes sans diplôme et est ouvert à l'alternance et à la formation interne. Les métiers de l'hôtellerie-restauration recherchent avant tout des jeunes sérieux, rigoureux, accueillants, courtois et à l'écoute des souhaits du client.

Que propose votre site www.metiers-hotel-resto.fr ?

Avec l'aide du ministère de l'Economie, de l'industrie et de l'emploi, qui la finance, nous avons mis en place une campagne de communication et de promotion des métiers et des formations de l'hôtellerie et la restauration. Le site associé permet notamment de découvrir des métiers sous la forme de fiches descriptives et de témoignages vidéo. Il permet d'identifier les parcours de formations, de localiser les écoles et aussi de poser une question. Il centralise également des demandes et offres d'emploi.

Quels sont les enjeux ?

Rappelons que la France, et plus encore la Région Ile-de-France, est la 1re destination touristique mondiale. Si elle veut maintenir ce rang, elle doit continuer à offrir un accueil et un service de qualité. C'est pourquoi nous avons besoin de former la relève. Le secteur de l'hôtellerie-restauration a traditionnellement une forte culture de la transmission du savoir. De plus, il offre des perspectives d'évolution à qui se montre motivé.

Quels sont les métiers de votre secteur accessibles sans qualification ?

Dans la restauration, les métiers de serveur, de plongeur ou de commis de cuisine sont accessibles à des jeunes sans qualification. Dans l'hôtellerie, les jeunes parlant plusieurs langues peuvent trouver un emploi dans la réception. Des opportunités existent également pour des postes d'équipiers d'étage qui viennent en aide aux employés d'étage. Les besoins sont partout et vont des TPE aux grands groupes. Des emplois stables sont possibles puisque 65 % des contrats sont en CDI. Des opportunités importantes et méconnues existent notamment du côté de la restauration collective qui compte 77 000 restaurants et 88 000 salariés. Rappelons aussi que si les grandes chaînes de restauration rapide communiquent beaucoup sur leur besoins en personnel, la restauration traditionnelle est représentée à 96 % par des établissements indépendants. Enfin, après avoir acquis une expérience en tant que salariés, il reste possible dans ce secteur de créer sa propre activité sans diplôme.

Quelles sont les possibilités de formation interne ?

L'accès à la formation notamment pour les moins qualifiés semble de plus en plus constaté et donc favorisé dans le secteur de l'hôtellerie-restauration. Ainsi en 2008, un salarié sur 4 a suivi une formation, contre 1 sur 5 en 2007 ! De même en 2 ans, le secteur a constaté une augmentation de 30 % du nombre de signatures de contrat de professionnalisation. En 2008, 1 307 personnes ont pu ainsi préparer un CQP (certificats de qualifications professionnelles) contre 1 088 en 2007. En hôtellerie-restauration, il existe actuellement 14 CQP et 5 sont encore à l'étude. Tous sont inscrits au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), ce qui leur donne une reconnaissance nationale. Créés à la demande des professionnels, les CQP sont particulièrement adaptés aux besoins du secteur. Ils sont accessibles aux jeunes entrés dans la profession sans qualification et qui souhaitent se former. Un CQP se prépare dans le cadre d'un contrat de professionnalisation ou en formation continue. Doté d'un tuteur qui le suit, le jeune peut se perfectionner.

Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes sans qualification ?

Si le jeune sans qualification n'a pas encore de projet précis, le passage direct par le terrain lui permettra de découvrir les métiers du secteur et il pourra se former par la suite. Si son projet est plus précis et qu'il souhaite prendre des responsabilités, une formation en alternance au CFA (Centre de Formation d'Apprentis) lui sera davantage profitable : il aura une assise technique plus solide et recevra un enseignement général. La voie de l'alternance (contrats d'apprentissage ou de professionnalisation) est à privilégier dans un secteur où la culture de la transmission des savoirs demeure. Nous sommes prêts à accueillir les jeunes sans qualification à bras ouvert et à les former. L'acquisition d'une formation reconnue leur garantit la possibilité d'évoluer et se s'épanouir dans nos métiers, comme le montrent les nombreux témoignages de réussite sur notre site.