Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Demba Corera

Stagiaire à l'école de la 2e chance 93, Seine-saint-Denis (93)
Date de l'interview : 01/12/2009

La philosophie de l’école de la 2e chance est de tirer le meilleur de nous, cela m’a permis de me réinsérer dans le parcours scolaire.

Pendant 8 mois, Demba Corera a été élève de l'Ecole de la 2e chance en 2008, ce qui lui a permis de se remettre à niveau et de se découvrir professionnellement. Aujourd'hui, il est apprenti plombier.

Quel a été votre parcours ?

En septembre 2007, je suis arrivé de Mauritanie à l'âge de 18 ans pour rejoindre mes parents, implantés dans le 93. En Mauritanie, j'avais arrêté l'école en CE2, j'allais à l'école coranique, mais je n'avais pas vraiment de projet, ni d'espoir. Arrivé en France, des copains m'ont très vite parlé de la mission locale, à laquelle je me suis rendu sans tarder. La conseillère qui m'a reçu a évoqué pour moi la possibilité d'intégrer l'Ecole de la 2e chance. Au départ, je n'étais pas très emballé, je trouvais même le nom presque péjoratif. En allant les rencontrer, j'ai très vite changé d'avis. J'ai été reçu en entretien individuel, on m'a parlé avec respect comme à un adulte. L'essai d'un mois a été concluant. Les choses se sont faites très rapidement pour moi.

Reprendre l'école n'a pas été trop difficile ?

En fait pas du tout, j'étais même heureux d'avoir la possibilité d'apprendre à nouveau et de combler mes lacunes en français et en maths. J'avais très mal vécu de devoir arrêter l'école à l'âge de 10 ans. J'ai aussi la chance d'être francophone, ce qui m'a facilité la tâche. Le travail sur le projet professionnel m'a semblé le plus difficile, car il ne faut pas se tromper. Au total, j'ai effectué 4 stages en entreprise. Le 1er dans la vente en grande distribution ne m'a finalement pas plu du tout. J'ai compris que je faisais fausse route. Mon projet de métier de plombier a commencé à s'imposer à moi et il a été conforté par 3 stages en entreprise.

Deviez-vous trouver par vous-même vos missions entreprise ?

Absolument, c'est la règle. L'école nous apprend à nous présenter, à nous comporter face à un employeur. J'ai gagné en confiance en moi et en assurance : j'avais moins d'appréhension à aller vers les autres. De plus, dès qu'on a une baisse de motivation, notre formateur individuel, qui joue le rôle de référent et nous suit tout au long de notre parcours, est toujours là pour nous écouter et nous remonter le moral. Cette relation personnalisée m'a beaucoup apporté.

Combien de temps êtes-vous resté à l'école de la 2e chance ?

J'y suis resté 8 mois : le temps d'une remise à niveau complète et d'élaborer un projet professionnel construit. A l'issue de ce parcours, un certificat de compétences professionnelles m'a été remis. Je l'ai présenté lors de mon inscription au CFA de Pantin (CIFAP 93) où j'ai été accepté à la rentrée 2008. Mon référent à l'E2C m'a beaucoup aidé dans ma recherche d'un maître d'apprentissage en me mettant en relation avec quelques entreprises. J'ai signé avec une entreprise de 15 salariés. Tout se passe bien, j'alterne avec le CFA où je prépare en 2 ans un CAP installateur sanitaire, diplôme indispensable à ma profession. La remise à niveau dont j'ai bénéficié à l'E2C m'a énormément aidé pour suivre les cours du CFA. J'apprends plus facilement et j'ai retrouvé le plaisir d'apprendre.

Quels sont, selon vous, les atouts pour tirer profit de l'E2C ?

Il faut être très motivé, sérieux et avoir de l'ambition pour soi-même. La philosophie de l'école est aussi de tirer le meilleur de nous. Un cadre structurant nous est offert et la porte reste toujours grande ouverte, encore aujourd'hui.

Quels sont vos projets ?

J'ai vraiment repris confiance dans mes capacités. Après le CAP, je souhaite poursuivre ma formation et préparer un bac pro en climatisation (technicien en installation des systèmes énergétiques et climatique). Je souhaite devenir plus tard conducteur de chantier.