Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Alain Fuchs

Directeur ENSCP-Chimie ParisTech, Paris (75)
Date de l'interview : 01/11/2008

L'insertion professionnelle des diplômés est excellente, tant la demande des groupes industriels de la chimie est forte.

A la tête de l'Ecole nationale supérieure de chimie de Paris, devenue Chimie ParisTech, Alain Fuchs nous montre comment cette école centenaire a su évoluer pour répondre aux besoins actuels des industriels et aux enjeux de la mondialisation.

Quels sont les objectifs et les enjeux de l'ENSCP ?

L'ENSCP forme des ingénieurs chimistes destinés à des postes élevés d'encadrement. Dans un contexte de mondialisation du marché de l'enseignement supérieur et de la recherche, il s'agit de faire comprendre ce qu'est un ingénieur "à la française". Nous devons pour cela développer des stratégies permettant de faire face à une concurrence internationale accrue des formations. Il nous faut également affirmer notre spécificité par rapport à un modèle anglo-saxon omniprésent.
L'ENSCP étant une "petite" école (350 élèves, 50 enseignants), nous avons adopté une stratégie d'alliance en nous associant au réseau Paris Tech qui comprend 11 grandes écoles d'ingénieurs et de management franciliennes. Ce réseau d'excellence, très actif à l'international, nous offre une meilleure visibilité à l'échelle mondiale. Grâce aux partenariats universitaires noués notamment avec la Chine et le Brésil, il nous a ainsi permis de développer notre recrutement d'étudiants étrangers qui représentent désormais 20 % de nos effectifs.
Au niveau national, nous appartenons à la Fédération Gay-Lussac. Regroupant 19 écoles d'ingénieurs chimistes, ce réseau s'avère très utile pour les spécificités de la chimie.

Quelle est la politique de recrutement actuelle de l'école ?

La voie royale d'intégration de l'ENSCP, école très sélective, reste celle des classes prépa scientifiques, particulièrement PC (physique-chimie). Nous recrutons par le biais du concours CPP (concours communs polytechniques). En 2008, nous avons ainsi offert 59 places aux meilleurs prépas PC, 3 aux MP, 3 aux PC bio, 1 au TPC, 3 au CPI (cycle préparatoire intégré de la Fédération Gay-Lussac) et enfin 7 à des licenciés en physique ou en chimie de très bon niveau (admis sur titre).
En vue d'une plus grande richesse de nos promotions et d'une mixité sociale accrue, nous aspirons à diversifier davantage notre recrutement. Cela répond aussi à la demande des industriels qui souhaitent recruter avant tout, non pas des clones, mais des personnalités ayant une solide formation scientifique, un goût pour l'industrie et sachant faire preuve d'ouverture sur le monde. Nos étudiants ont d'ailleurs l'obligation d'effectuer l'un de leurs 2 stages de 6 mois à l'étranger. Il est à noter au passage que l'anglais est incontournable pour faire carrière dans la chimie.
La demande des grands groupes industriels est également forte en nombre de jeunes formés, aussi souhaitons-nous augmenter nos effectifs à partir de la 2e année, en recrutant davantage d'étudiants sur titres et à l'étranger. Nous formons actuellement 100 ingénieurs par an et visons le nombre de 120.

Quelle est l'insertion professionnelle des jeunes diplômés ?

Elle est excellente, tant la demande des grands groupes industriels de la chimie est importante. Dès la 1re année d'école, nous avons mis en place un dispositif d'aide individualisée au projet professionnel, afin que nos étudiants soient en mesure d'effectuer les bons choix. Il existe véritablement une course au recrutement des meilleurs "cerveaux" qui produiront les richesses de demain. Près de 90 % de nos diplômés optent pour une carrière industrielle, même s'ils sont 40 % à compléter leur parcours par un doctorat.
La moitié de nos étudiants signent un contrat avant même leur sortie de l'école. Six mois après leur diplôme, tous sont en poste, en général dans de grands groupes français mondialisés, où ils pourront faire de longues carrières intéressantes, assorties de salaires attractifs. De fait, ils sont peu nombreux à opter pour les PME ou la création d'entreprise.
Les ingénieurs chimistes travaillent pour moitié dans l'industrie chimique qui absorbe environ 700 diplômés par an sur les 1 200 ingénieurs chimistes qui sortent de l'ensemble des écoles. Les industries traditionnelles (bâtiment, automobile, agroalimentaire...) ou plus innovantes (matériaux, énergies renouvelables...) où les besoins sont déjà importants, leur offrent l'essentiel des débouchés à venir. Il est donc permis d'être optimiste quant à l'emploi des cadres en chimie.

Propos recueillis par Annie Poullalié