Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Xavier Jeanjean

Sales director de ISOCHEM-Groupe SNPE, Paris (75)
Date de l'interview : 01/11/2008

La chimie fine est un domaine intellectuellement passionnant où l'on travaille sur des produits sophistiqués.

Ingénieur chimiste de formation, Xavier Jeanjean occupe le poste de directeur commercial international pour l'ensemble des activités de chimie fine d'ISOCHEM.

Quelles sont les activités d'ISOCHEM ?

ISOCHEM (600 salariés en France) commercialise des produits de chimie fine dans l'agrochimie et plus encore dans la pharmacie et les cosmétiques. Il s'agit de synthèse "à façon" de principes actifs pharmaceutiques (traitements contre l'insuffisance cardiaque...) et agrochimiques (traitement de l'oïdium de la vigne...). Nous développons en exclusivité les molécules uniques et innovantes, inventées par nos clients : 80 % de notre chiffre d'affaire se fait ainsi au secret. Seuls 20 % de nos produits sont sur catalogue.

Quels sont vos liens avec l'industrie pharmaceutique ?

Nous sommes des producteurs chimiques pour l'industrie pharmaceutique, qui concentre ses moyens sur la recherche, la vente et le marketing. Nos savoir-faire sont différents. Nous intervenons en amont dans un domaine très long et coûteux. La recherche pharmaceutique est toujours en quête de principes actifs nouveaux. Nous sommes producteur du principe actif (ou d'un morceau de ce principe actif), mais l'identité de la molécule, son brevet intellectuel, ne nous appartient pas.

Quel a été votre parcours de formation ?

Ingénieur chimiste de formation, je suis diplômé de l'Ecole supérieure de chimie organique et minérale. C'est une des 18 écoles de la Fédération Gay-Lussac, toutes spécialisées en chimie. J'ai ensuite préparé un DEA (bac + 5) en génie chimique à l'UTC de Compiègne. A cette formation scientifique de base est venue s'ajouter la préparation d'un 3e cycle ICG en gestion et stratégie à l'Institut français de gestion qui est un organisme de formation continue au management, à la gestion et à la finance pour cadres et dirigeants.

La fonction commerciale s'est rapidement imposée à vous ?
J'ai effectivement rapidement exercé cette fonction en France et à l'étranger, tout en restant en étroite proximité avec le monde du laboratoire, ce qui est indispensable à ma fonction. Cette ouverture internationale dans mon parcours a toujours été très enrichissante. Je suis bilingue anglais et je parle également allemand, ce qui est utile dans le secteur de la chimie. Un chasseur de tête m'a approché pour venir travailler chez ISOCHEM pour un poste de directeur commercial pharmacie.

En quoi consiste votre poste actuel ?

En fonction de la politique de la direction générale de l'entreprise, je mets en oeuvre une politique commerciale globale. Je manage une équipe de 9 commerciaux, dont 5 sont basés en France. Je viens en appui pour la négociation des gros contrats. J'effectue régulièrement des déplacements à l'étranger (USA, Royaume-Uni et Allemagne) pour rencontrer mes collaborateurs. Ces derniers prospectent leur marché, négocient les contrats et jouent aussi le rôle de chef de projet. Ils suivent et coordonnent toutes les étapes d'un projet et veillent à ce qu'aucun retard ne soit pris : le laboratoire, le pilote, la démarche qualité, le planning de production industrielle avec l'achat de produits complexes à l'avance, les méthodes et les analyses, etc. Ils s'assurent que l'ensemble des équipes restent en phase avec le client à qui ils reportent régulièrement.

Comment devient-on commercial dans le secteur de la chimie fine ?

Tous nos commerciaux sont des ingénieurs chimistes ou des docteurs en chimie. Ils doivent être capables de comprendre toutes les étapes de la mise au point d'un produit chimique complexe. Les postes sont peu nombreux et le turn-over est réduit car il faut du temps pour concrétiser un projet (entre 4 et 8 ans).
C'est un métier qui demande une grande curiosité. Les profils recherchés requièrent une très bonne culture en chimie analytique, recherche et production. Il ne s'agit pas de postes s'adressant à des débutants, mais plutôt aux 30/35 ans ayant déjà une expérience, notamment en développement. Il faut bien connaître le labo, ce qui est le cas des titulaires d'un doctorat en chimie. Le métier demande d'être un bon communiquant. La fonction commerciale s'apprend ensuite sur le terrain et grâce aux formations internes. L'anglais est indispensable pour nos métiers tournés vers l'exportation. La maîtrise d'une autre ou plusieurs autres langues est fortement recommandée.

Des conseils à donner pour conclure ?

La chimie fine est avant tout un domaine intellectuellement passionnant où l'on travaille sur des produits sophistiqués : c'est la joaillerie de la chimie ! Transformer la matière, c'est le vieux rêve de l'alchimiste ! Nous aurons toujours besoin de la chimie pour faire évoluer les matériaux qui nous entourent. La chimie a un fort avenir devant elle.

Propos recueillis par Annie Poullalié