Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Cédric Guillaumin

Directeur du groupe Théos-Protection, Paris (75)
Date de l'interview : 01/06/2008

Il ne s'agit pas simplement d'accompagner une personnalité, mais de préparer ses déplacements, de sécuriser tous les lieux et bien d'autres choses encore.

Passionné par la défense et la protection des personnes, Cédric Guillaumin présente l'entreprise qu'il a créée et dévoile les spécificités du métier de garde du corps privé.

Quelles sont les activités du Groupe Théos-Protection ?

Notre métier consiste essentiellement à faire de la protection rapprochée de personnalités (vedettes du show-biz, PDG et leurs familles, hommes politiques, etc.). Nous effectuons aussi de la sécurité évènementielle (protection de stars lors de concerts, festivals ou déplacements à l'étranger...). Nous sécurisons également les transports de valeurs et assurons la protection de villas, mais notre coeur de métier - la protection de personnes - diffère fortement de celui de la protection de biens. Ces 2 types de protection sont toutefois soumis à la même obligation de l'aptitude professionnelle préalable d'agent de prévention et de sécurité (APS). Nous avons d'ailleurs créé le centre de formation "Théos training center", dédié à la garde rapprochée.

Comment sélectionnez-vous et formez-vous de futurs gardes du corps ?

Agé de 19 ans jusqu'à une quarantaine d'année, les candidat(e)s doivent avoir une bonne condition physique et être stable émotionnellement. Leur casier judiciaire doit être vierge. Leur parcours peut être passé par la police, la gendarmerie, l'armée ou la sécurité. Ils doivent avoir une vraie motivation pour ce secteur. Ensuite en fonction de leur profil, nous adaptons la formation proposée dont le 1er niveau dure entre 5 et 7 semaines. Pour une formation ou un recrutement, nous devons présenter les dossiers à la Préfecture, afin qu'il soit procédé à une enquête de moralité des candidats.

Combien avez-vous de salariés et qui sont-ils ?

A la tête d'une entreprise qui compte 10 permanents, je fais sans cesse appel à du personnel très qualifié que je recrute pour des missions ponctuelles pouvant s'étaler sur plusieurs mois. En dehors de PDG, rares sont en France, les personnalités qui font appel tout au long de l'année au service d'un garde du corps. Entre avril et septembre, je manage en revanche beaucoup plus de personnes !

Comment recrutez-vous ?

Je recrute essentiellement de 3 manières. Des personnes de confiance, avec lesquelles je travaille déjà, peuvent me présenter un professionnel de leur connaissance. Je sélectionne également les personnes ayant fait parti du service de protection des hautes personnalités (SPHP) et nos meilleurs stagiaires du centre de formation.

Quelles compétences recherchez-vous ?

Le métier de garde du corps est très spécifique : il faut savoir anticiper les risques, être polyvalent. Il ne s'agit pas simplement d'accompagner une personnalité, mais de préparer ses déplacements, de sécuriser en amont tous les lieux et bien d'autres choses. Dans ce métier, la réflexion, la stratégie et la préparation approfondie des missions, notamment à l'étranger, sont indispensables. L'objectif est de soustraire la personne du danger et non pas de combattre. C'est une activité qui demande une grande concentration et de la disponibilité, souvent 24 h sur 24. L'anglais est de plus en plus demandé en raison de la clientèle étrangère et des missions à l'étranger.

Quelles sont les qualités requises ?

La discrétion, le sens de l'observation, la capacité à anticiper, la réactivité et une certaine abnégation sont indispensables. Il faut aussi être humble avec soi-même, motivé à 100 %, diplomate, adaptable, avoir l'esprit d'équipe et ne pas compter ses heures.

Le garde du corps est-il armé ?

Il peut l'être, mais c'est à la personne qui se sent menacée de faire la demande auprès de l'Etat d'une protection armée. En France, le port d'arme est très réglementé. Le garde du corps choisi devra détenir une arme depuis au moins 1 an et respecter un carnet de tir (tests trimestriels). Nous avons aussi quelques armes de défense.

Quel est, selon vous, l'avenir de ce métier ?

C'est un métier qui connaît une véritable expansion, mais qui gagnerait à être reconnu et légiféré, comme c'est le cas pour dans d'autres pays.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes attirés par ce métier ?

Il faut avoir conscience qu'il s'agit d'un métier dangereux. Pour l'exercer, il ne faut pas avoir que du muscle, mais une tête bien faite ! Au départ, on travaille pour plusieurs sociétés car il s'agit de missions ponctuelles. Il faut avoir une réelle motivation et surtout ne pas vivre sur ses acquis : la protection des personnes demande une remise en question permanente.