Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Jean-Luc Lattuca

Président du Syndicat patronal national des entreprises de sécurité, Levallois-Perret (92)
Date de l'interview : 01/06/2008

La sécurité est un secteur véritablement en tension avec de forts besoins en personnel.

Au sein du SNES, Jean-Luc Lattuca, son président, s'emploie à faire mieux connaître ce secteur dont les besoins en formation et en recrutement sont importants.

Quel est le rôle du SNES ?

Le SNES, syndicat patronal national des entreprises de sécurité, défend les intérêts, représente et assure la promotion du secteur des entreprises privées de sécurité et surveillance humaine. Il s'intéresse notamment à l'emploi et aux qualifications, ainsi qu'aux questions sociales. Il vise avant tout la professionnalisation et la valorisation du secteur de la sécurité.

Quelle est son action majeure en matière de qualification professionnelle ?

Le SNES oeuvre avec son ministère de tutelle - le ministère de l'Intérieur - pour rendre plus performant l'encadrement déontologique du secteur de la sécurité et améliorer la qualité de ses ressources humaines. Ainsi, depuis le 1er janvier 2008 pour exercer dans ce secteur, les salariés doivent obligatoirement justifier d'une aptitude professionnelle préalable à l'emploi d'agent de prévention et sécurité (APS). Pour répondre à ce besoin accru de formation, notamment des nouveaux entrants, la profession a créé un certificat de qualification professionnelle (CQP) d'APS. Il s'agit d'une formation de 70 h minimum réalisée dans un organisme agréé par la branche professionnelle. Les candidats ont la possibilité de faire financer leur formation par leur future entreprise ou le Conseil régional. De leur côté, les titulaires du CAP agent de prévention et de sécurité ou d'un titre spécialisé inscrit au RNCP justifient directement de cette aptitude professionnelle.

Et en matière de valorisation du secteur ?

Afin d'adapter les savoir-faire à la diversité des postes et de permettre des progressions de carrière, la branche professionnelle a mis en place 17 métiers repères avec les formations spécialisées requises. Une grille salariale l'accompagne. Le taux de turn-over du secteur est actuellement encore très important et une meilleure valorisation des carrières permettra de le réduire. Deux tiers de salariés du secteur ont en effet une ancienneté inférieure à 4 ans.
Le niveau moyen de qualification est faible, alors que le secteur connaît d'importants besoins notamment en encadrement intermédiaire.
La sécurité, c'est d'abord de la présence humaine à gérer 24 h sur 24. Une licence professionnelle sécurité des biens et des personnes en partenariat avec Paris V a d'ailleurs été mise en place pour répondre à ces besoins accrus en management.

Quels sont les besoins en recrutement du secteur de la sécurité privée ?

Il s'agit d'un secteur véritablement en tension avec de forts besoins en personnel. Il souffre, très injustement d'ailleurs, d'une mauvaise image de marque notamment en raison des conditions de travail et d'une majorité de postes de nuit souvent isolés. S'il compte actuellement 150 000 salariés, la prospective prévoit plus de 60 000 salariés supplémentaires d'ici 2015 ! Ce besoin accru s'explique en partie par la maîtrise des effectifs de la sécurité publique pour des raisons d'économies budgétaires. A l'avenir, des délégations de plus en plus importantes de missions de sécurité, de prévention et de surveillance seront donc confiées au secteur privé. On voit même dès maintenant des gendarmeries gardiennées par des entreprises privées ! Le secteur est donc en pleine évolution. Si 56 % de son chiffre d'affaire est assurée par des entreprises de plus de 500 salariés, les petites structures, voire même les entreprises individuelles, gardent toute leur place, car la sécurité c'est aussi une affaire de proximité, d'implication du dirigeant comme des agents.

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes ?

Le secteur de la sécurité offre incontestablement de réelles possibilités d'emplois et de progressions de carrière. Il se professionnalise avec notamment l'obligation du CQP APS. Il s'agit à la fois d'un métier en devenir et d'avenir. Il offre aussi la possibilité de créer sa propre activité de service de proximité à condition de respecter la loi, car c'est un métier réglementé. Il est nécessaire d'acquérir de bonnes pratiques professionnelles : plus le secteur grandira, plus il sera contrôlé.