Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Joël Jean-Marie

Brigadier chef de la Police nationale, Gif sur Yvette (91)
Date de l'interview : 01/06/2008

Le métier de gardien de la paix permet, au gré des mutations, de changer plusieurs fois d'activité au cours de sa vie professionnelle.

Chargé de promouvoir les métiers de la police auprès des jeunes au sein de la Délégation régionale Ile-de-France au recrutement et à la formation (DRRF), Joël Jean-Marie évoque les besoins et les difficultés de recrutement en Ile-de-France.

Quels sont ces besoins en recrutement ?

Parmi les 3 corps de la Police nationale (gardien de la paix, lieutenant et commissaire), celui de gardien de la paix a le plus fort besoin en personnel. Il recrute depuis 2006 avec le bac, tandis que les corps de lieutenant et de commissaire, s'alignant sur le nouveau schéma LMD, recrutent respectivement à bac + 3 (licence) et bac + 5 (master), mais dans une moindre mesure.

Quelles sont les voies offertes pour passer le concours de gardien de la paix ?

Il en existe 3 : la voie externe qui s'adresse aux titulaires du bac ou de son équivalent ; la seconde voie externe pour les CAP/ BEP justifiant de 2 ans d'activité dans la même catégorie socioprofessionnelle (ou 3 ans si aucun diplôme) ; la voie interne réservée aux cadets de la République et aux adjoints de sécurité (ADS).

Comment devient-on cadet de la République ?

Ce dispositif récent permet à des jeunes sans diplôme, âgés de 18 à moins de 26 ans, de préparer pendant une année rémunérée (50 % du SMIC) le concours interne de gardien de la paix. La sélection se fait sur dossier, tests et entretien de motivation. En Ile-de-France, le dispositif prévoit 90 places dont 50 à Paris. On compte environ 3 candidats pour une place. Le pourcentage de réussite à ce concours interne est très encourageant.

Quelles sont les difficultés de recrutement ?

Seule la région Ile-de-France connaît des difficultés pour recruter, semblant souffrir d'un déficit d'image auprès des jeunes, auquel nous essayons de remédier par nos actions de communication. De fait, cette région enregistre au concours de gardien de la paix le plus faible nombre de candidats.

Le concours de gardien de la paix reste-t-il national ?

Il existe en fait 4 concours de gardiens de la paix, dont 2 seulement sont nationaux, les 2 autres étant déconcentrés à Paris et à Versailles. Le 1er concours national de gardien de la paix offrait un total de 2 000 places (dont 600 pour les cadets de la république et les ADS) en 2008. Il a eu lieu en mars. Un second concours national, excluant Paris et Versailles, aura lieu en septembre : 1 200 postes de gardiens de la paix seront à pourvoir.
De leur côté, pour répondre à leurs forts besoins spécifiques, Paris et Versailles organisent leur propre concours déconcentré offrant respectivement 600 et 400 places. Une fois formés pendant une année, les élèves (salaire 1291 euros nets mensuels) deviendront stagiaires dans un commissariat d'Ile-de-France. La titularisation aura lieu à l'issue de cette 1re année de stage.

Que répondez-vous aux jeunes qui rêvent de travailler dans des services prestigieux de la Police ?

Au départ tout le monde passe le même concours. La majorité des postes (80 %) sont en sécurité publique (commissariat), circulation (régulation et contrôles routiers). Tout dépend des besoins et des années. La mobilité vers les services du RAID, de la police judiciaire, de protection des personnalités... pourra ensuite exister en interne en fonction des postes vacants et des compétences spécifiques de chacun. La mobilité reste très importante au sein de la Police nationale.
De son côté, la Police scientifique et technique qui aussi attire beaucoup les jeunes recrute à 3 niveaux (agents, techniciens et ingénieurs) mais n'offre que très peu de postes chaque année. Il faut aussi penser aux services administratifs de la Police.

Quels conseils pouvez-vos donner aux jeunes ?

Il faut savoir être patient. Le métier de gardien de la paix offre des possibilités de carrière et de progression importante. Il permet au gré des mutations de changer plusieurs fois d'activités au cours de sa vie professionnelle, les brigades et les services étant très nombreux. C'est aussi un métier où il faut avoir les pieds sur terre et savoir agir avec discernement ; on est loin des séries télévisées. Enfin il faut être honnête, aimer faire respecter la loi, avoir une réelle motivation pour les métiers de la sécurité. Mieux vaut aussi être sportif.