Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Géraud Delvové

Délégué général de la CNAB, Paris (75)
Date de l'interview : 01/04/2008

L'entretien de l'immeuble et la valorisation du patrimoine immobilier constituent une mission délicate et risquée.

Membre actif de la Confédération nationale des administrateurs de biens, Géraud Delvové nous présente la spécificité, les exigences et l'évolution du métier de gestionnaire immobilier.

Quel est le rôle de la CNAB ?

Syndicat professionnel, la CNAB rassemble des spécialistes de la gestion immobilière et de la transaction, sélectionnés en fonction de leurs compétences. Ce syndicat regroupe 1 600 professionnels. Il a pour mission la défense des intérêts de ses membres et de leurs clients propriétaires ou copropriétaires.

Combien sont les administrateurs de biens ?

En France, on dénombre au total environ 10 000 administrateurs de biens (gestion), et 25 000 agents immobiliers (transaction). Ces métiers peuvent être exercés au sein du même cabinet.

Quelles sont leurs différentes fonctions ?

L'administration de biens désigne en fait 2 métiers de la gestion immobilière privée, à savoir le syndic et le gérant. Ces métiers s'exercent dans le cadre d'un mandat confié par un propriétaire. Le syndic administre les parties communes (façade, escalier, couverture, hall, etc.) ainsi que les équipements et les services communs d'un immeuble (ascenseurs, chaudière collective, gardiennage, etc.). Il est désigné par une majorité de copropriétaires réunis en assemblée générale.
De son côté, le gérant ou régisseur, gère des lot d'habitations, de commerces, ou de bureaux, situés ou non dans un immeuble collectif donné en location. Il peut également gérer un immeuble entier, lorsqu'il appartient à une société, une institution ou un propriétaire unique. Le mandat de gestion lui est confié par le propriétaire de l'immeuble ou du lot, selon le cas.

Ce métier a-t-il beaucoup évolué ?

Nous sommes effectivement passés d'une gestion de ''bon père de famille'' et d'un métier de percepteur de rente à une profession qui doit remplir une mission de service privé, très réglementée. La loi Hoguet (1970) qui régit la profession a d'ailleurs été réformée en profondeur en 2004. Parallèlement, l'accroissement des contraintes et des obligations juridiques, comptables, techniques et sociales - qui pèsent sur l'immeuble comme sur le métier - ont conduit à une plus grande professionnalisation.

La profession se porte-t-elle bien ?

C'est un secteur qui recrute. L'administration de biens est même devenue une activité très convoitée. De grands groupes se sont structurés et ont généré un fort mouvement de concentration. Les banques s'y sont également intéressées.

Comment devient-on administrateur de biens ?

La loi Hoguet, qui réglemente la profession, impose un minimum de bac + 3 (études juridiques, économiques ou commerciales), un BTS professions immobilières ou un diplôme de l'institut d'études économiques et juridiques appliquées à la construction et à l'habitat (ICH). L'aptitude peut également s'acquérir par l'expérience (bac, et occupation pendant 3 ans d'un emploi dans un cabinet de gestion immobilière).

Les profils des administrateurs de biens sont-ils très différents ?

Ils peuvent effectivement venir d'horizons différents et il n'est pas nécessaire d'avoir exercé un autre métier de l'immobilier auparavant. Qu'ils soient indépendants ou qu'ils appartiennent à un groupe, les administrateurs de biens exercent le même métier, avec des méthodes parfois différentes. On distingue toutefois le syndic du gérant. On distingue également la gestion d'immeubles d'habitation et la gestion d'immeubles de bureaux ou centres commerciaux, qui sont spécialisés.

Comment un administrateur de biens est-il rémunéré ?

La rémunération d'un syndic se décompose d'une part en un forfait, pour les actes qu'il accomplit dans le cadre de la gestion courante (tenue des assemblées générales, comptabilité) ; et d'autre part en prestations particulières, facturées à l'acte, à la vacation ou au forfait, selon le contrat voté en assemblée générale.
Le mandat de gestion en gérance locative prévoit généralement une rémunération proportionnelle au montant du loyer.

Quel est son niveau de responsabilité ?

L'entretien de l'immeuble et la valorisation du patrimoine immobilier qui est confié par les propriétaires constituent une mission délicate et risquée. La loi impose donc la souscription d'une assurance de responsabilité civile compte tenu des actes qu'il accomplit pour le propriétaire mandant et les conseils qu'il peut prodiguer.

Quels conseils pourriez-vous donner à des jeunes ?

Je leur conseillerais d'être curieux, rigoureux et polyvalent. Ce métier exige aussi d'être doté d'un solide sens de l'écoute, car il ne faut pas oublier qu'au-delà de la gestion d'immeuble, il s'agit également de gérer des occupants.