Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Dorian Kelberg

Président de la CEFI, Paris (75)
Date de l'interview : 01/04/2008

Avant de se lancer, il faut bien identifier le domaine où on cherche à évoluer car il y a de nombreux métiers de l’immobilier.

Délégué général de la Fédération des sociétés immobilières et foncières (FSIF), Dorian Kelberg préside la Commission paritaire nationale de l'emploi et de la formation professionnelle de l'immobilier (CEFI). Il nous présente la politique de formation et les tendances du secteur.

Quelles sont les missions de la CEFI ?

La CEFI exerce 2 missions principales. Elle détermine les priorités des actions de formation pour répondre aux besoins des entreprises et des salariés de la branche de l'immobilier. Elle gère également la collecte et l'utilisation des fonds formation versés par nos entreprises à AGEFOS-PME.

Quelles sont ses contributions en matière de formation des jeunes ?

Elle est à l'initiative de la création du BTS professions immobilières en 1994, de la réforme du BP professions immobilières en 2000, de la création de certificats de qualification professionnelle (CQP), du financement de nombreux contrats de professionnalisation de bac à bac + 5 (3 900 en 2007), et enfin d'un rapprochement avec l'université (présentation de métiers, professionnalisation des programmes).

Quelles sont les formations porteuses dans l'immobilier ?

Le BP semble un peu dépassé au regard de l'évolution des besoins du secteur qui tend à recruter à partir de bac + 2 minimum. Concernant le BTS, les organisations professionnelles ont été déçues par certaines promotions surfant surtout sur la vague du boom de l'immobilier. Or réussir dans ce secteur exigeant suppose certains pré-requis. Rédiger un contrat, par exemple, demande de la rigueur et une aisance à l'écrit. Il faut aussi avoir des connaissances très pointues en droit. C'est pourquoi les profils juridiques (à partir d'un bac + 2) complétés par un CQP sont particulièrement appréciés, même si ces titres ne permettent pas, contrairement au BTS, la délivrance directe de la carte professionnelle. Une solution : valider une licence en droit, gestion ou économie (qui donne accès à la carte) et se professionnaliser via un CQP. Au départ ces CQP constituaient une 3e année post-BTS. Aujourd'hui ils concernent de jeunes diplômés en droit, économie, gestion ou commerce désireux de se professionnaliser notamment en tant que négociateur immobilier, gestionnaire de biens immobiliers, comptable. Enfin pour accéder à des responsabilités plus larges (promotion, investissement, expertise, transactions pour des entreprises, etc.), un niveau bac + 5 (master ou diplôme d'école spécialisée) est conseillé.

Quels sont les métiers de l'immobilier ?

Dans l'immobilier il y a des métiers ''stars'', qui concernent l'investissement promotion-construction, la transaction (surtout l'immobilier d'entreprises qui a atteint un chiffre record en 2007) et l'expertise. Les métiers de la gestion des actifs et du syndic, où les besoins sont pourtant importants, sont en revanche considérés comme ''plus ingrats''. Certains métiers sont par ailleurs considérés d'avenir : il s'agit de l'expertise et de la valorisation des biens car un acquéreur est toujours dans une stratégie potentielle de revente !

Comment se porte le secteur de l'immobilier ?

En raison de la crise américaine, les marchés internationaux fragilisent les marchés immobiliers en Europe. Néanmoins les fondamentaux français sont très différents : la durée des prêts (20 ans en moyenne) est raisonnable. L'emprunt est à taux fixe et s'adresse à des ménages non précaires. Il n'y a donc pas de risque d'effondrement du marché français. Il manque en France près de 1 million de logements, d'où une valeur élevée du marché. Les difficultés de logement commencent à toucher les villes moyennes après les grandes villes. Actuellement on note un ralentissement des marchés de l'immobilier car on a atteint la limite de la solvabilité des personnes pour se loger. Côté recrutement, l'emploi est stable et on continue à fortement recruter. L'année 2020 représentera de plus un important cap démographique avec de nombreux départs à la retraite qu'il faudra remplacer. Les jeunes doivent savoir qu'ils entrent dans une période où toute la place leur sera faite pour faire une belle carrière dans l'immobilier. Le secteur est actuellement très ouvert.

Quels conseils avez-vous envie de donner à des jeunes ?

Dans l'immobilier, il faut savoir qu'on attache une grande importance à la personnalité car il s'agit de métiers de contacts. Il faut aussi miser sur un bac + 2, ou même un bac + 5, si on souhaite accéder à des postes de cadres offrant davantage de responsabilités. Ils devront maîtriser les techniques financières, juridiques et économiques. Il faut aussi bien identifier le domaine où on cherche à évoluer car il y a de nombreux métiers de l'immobilier, certains étant considérés comme plus attractifs que d'autres. Quoiqu'il en soit l'immobilier est un secteur formidable qui permet de répondre à un besoin conjoint de la collectivité et des individus. Enfin il ne faut pas oublier la dimension internationale, de plus ne plus d'étrangers venant sur le marché français. L'anglais est devenu indispensable. Et il faut aussi être à la pointe des méthodes d'évaluation immobilière.