Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Pascal Simons

Représentant du Syndicat national des professions immobilières, Paris (75)
Date de l'interview : 01/04/2008

Les grands groupes immobiliers attirent les jeunes diplômés arrivant sur le marché en leur offrant souvent des "ponts d'or".

De formation juridique et chargé des questions sociales au sein du Syndicat national des professionnels immobilières, Pascal Simons nous parle du secteur de l'immobilier.

Quelles sont les missions du SNPI ?

Le SNPI est une association professionnelle patronale qui défend les intérêts des métiers de l'immobilier, auprès entre autres des pouvoirs publics. Nous offrons à nos adhérents des conditions tarifaires préférentielles pour contracter l'assurance professionnelle obligatoire à l'ouverture d'une agence immobilière ainsi que la garantie financière. Nous leur proposons également un service de conseil juridique et de nombreuses publications spécialisées faisant notamment le point sur la réglementation applicable et la jurisprudence. Les métiers de l'immobilier sont désormais très imprégnés de droit : urbain, immobilier, réglementation des baux, expertise (amiante ; termites...). Nous aidons les professionnels à actualiser ces connaissances juridiques indispensables. Dans ce cadre, nous participons aussi aux travaux de négociation au sein de la branche de l'immobilier : pour exemple, nous avons travaillé à la refonte de la convention collective et à l'établissement d'un nouveau statut juridique de négociateur immobilier.

Qui sont les professionnels représentés par le SNPI ?

Syndicat représentatif, nous avons plus de 9 500 adhérents dont 9 000 agents immobiliers, 2 200 gérants locatifs et 1 000 syndics de copropriété. Certains d'entre eux exercent simultanément ces différentes activités. Ainsi au sein d'une agence immobilière multifonctions de taille moyenne (10 personnes), vous trouverez fréquemment l'organisation suivante : un tiers du personnel s'occupant des transactions, un autre tiers dédié au syndic, et le 3e tiers gérant le locatif.

Quelle est l'influence du SNPI en matière de formation ?

Nous incitons fortement les agences immobilières à entretenir et approfondir les connaissances de leur personnel. Au sein de notre bureau Formation, nous leur proposons un catalogue de formations professionnelles. C'est d'ailleurs la branche professionnelle de l'immobilier qui a fortement contribué, il y a une quinzaine d'années, à la création du BTS professions immobilières, afin de mieux répondre aux besoins de compétences spécifiques de l'immobilier. Ce diplôme, d'autant plus s'il est préparé par la voie de l'alternance, reste une formation qui s'attache aux exigences actuelles des entreprises.
L'alternance sous la forme de contrats de professionnalisation s'est développée dans le secteur de l'immobilier avec aussi la création de certificats de qualification professionnels (CQP) de gestionnaire, de négociateur immobiliers, etc. Ces formations, plus spécialisées seront à l'avenir les plus encouragées au niveau de la branche au détriment du BTS. Dans cette logique de développement des compétences, le SNPI a initié un master gestionnaire de patrimoine en partenariat avec la FACO Paris (Faculté libre de droit, d'économie et de gestion).

Quelles sont les perspectives d'emplois dans l'immobilier ?

Le secteur de l'immobilier offre dans l'ensemble de nombreuses opportunités aux jeunes diplômés et la mobilité y est importante. Les grands groupes ont tendance à attirer les jeunes diplômés arrivant sur le marché en leur offrant assez souvent des "ponts d'or". Un bon professionnel n'aura pas de mal à évoluer d'une structure à une autre.
Ce secteur offre notamment de réelles opportunités concernant le métier de syndic de copropriété car la pyramide des âges élevée augure d'importants départs à la retraite. De plus, le domaine de la construction demeure actif, d'où d'importants besoins en gestion de copropriété à prévoir dans les grandes agglomérations notamment en région parisienne. Pour ce métier bien spécifique et très hiérarchisé, il faut des professionnels spécialisés ayant à la fois des compétences juridiques et une certaine maturité pour faire face aux différents interlocuteurs (propriétaires, locataires, prestataires de services...). Si le nombre des transactions a par ailleurs un peu baissé, c'est principalement en raison de l'allongement de la durée moyenne pour conclure une transaction (6 mois contre 3 auparavant). L'obtention d'un crédit est en effet devenue plus complexe depuis la récente crise américaine. Cette relative difficulté à vendre pourrait à l'avenir faire baisser les prix et a pour conséquence immédiate un ralentissement salutaire du nombre de création d'agences immobilières.

Quels conseils pourriez-vous donner à des jeunes ?

Je leur conseillerais de privilégier une formation en alternance avec, par exemple, un certificat de qualification professionnelle (CQP), car les métiers de l'immobilier se découvrent surtout directement sur le terrain. L'alternance leur permettra aussi de voir si l'univers de l'immobilier leur plaît réellement. Mieux vaut d'ailleurs choisir une agence de taille moyenne (+ de 6 collaborateurs), afin d'avoir un aperçu des différentes facettes du métier car dans une petite agence, le risque serait de pallier simplement un manque de personnel, ce qui ne peut garantir une formation efficace. Enfin, il faut savoir que c'est un secteur très ouvert aux femmes (elles y sont majoritaires) et un des rares où leur salaire est plus élevé que celui des hommes !