Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Valérie Boyer

Directrice d'une agence de voyages Thomas Cook, Paris (75)
Date de l'interview : 01/03/2008

Malgré la montée du e-tourisme, le secteur des agences de voyages traditionnelles reste promis à un bel avenir.

Riche d'une vingtaine d'années d'expérience dans le tourisme, Valérie Boyer dirige aujourd'hui avec enthousiasme une petite agence généraliste qui lui permet de conseiller et d'accompagner une clientèle de proximité.

D'où vient votre attirance pour l'univers des voyages ?

J'ai eu la chance de voyager très jeune, principalement en Afrique, grâce à mes parents, plutôt aventuriers et amoureux de ce continent. Mes parents m'ont transmis leur passion de la découverte. J'ai décidé après mon bac de me diriger vers le BTS tourisme - loisirs option conception-commercialisation (aujourd'hui rénové). La formation était alors beaucoup moins opérationnelle et je n'ai effectué que des stages d'hôtesse d'accueil.

Comment avez-vous démarré professionnellement ?

Des amis canadiens rencontrés en Afrique montaient à Paris leur agence de voyages et tour-operateur : Anyway brok'air, spécialiste du continent Nord-américain. Tout juste diplômée, j'ai donc eu la possibilité de participer à la création d'un projet passionnant et qui s'est considérablement développé en passant de 3 à 12 collaborateurs. Au bout de 2 ans et demi, j'assurais par intérim la responsabilité de l'agence et de l'équipe de vente.
Après cette 1re expérience très enrichissante, j'ai saisi l'opportunité d'une place vacante d'agent de réservation chez un tour opérateur : Council travel. A mon tour, je vendais aux agences et n'avais donc plus de contact direct avec la clientèle. J'avais envie de connaître toutes les facettes du métier : la vente aux agences, la rédaction des brochures, la négociation des tarifs... Je me suis perfectionnée en anglais. Au bout de 6 mois, je suis devenue chef de réservation et encadrais 7 agents. C'était un poste très prenant et lorsque j'ai eu ma fille, j'ai décidé de faire une pause.

De quelle façon avez-vous renoué avec le monde professionnel ?

J'ai répondu à une annonce de Travel store, sorte de supermarché du voyage, qui a fait faillite depuis. J'y représentais une marque, à nouveau en lien avec les Etats-Unis. Cette courte expérience m'a néanmoins permis de renouer avec la clientèle. J'ai rebondi chez Planète Havas voyages, regroupant 40 spécialistes par destination et non par marque. J'ai à nouveau été recrutée pour m'occuper de la destination nord-américaine. J'appréciais d'être reconnue par la clientèle en tant que spécialiste. C'est valorisant aussi de concevoir intégralement un voyage. Après quelques années, notre direction a décidé d'abandonner ce concept de spécialistes. Les attentats du 11 septembre 2001 m'ont alors poussée à me réorienter vers le travail en agence généraliste au sein de notre groupe (qui a pris plus tard le nom de Thomas Cook.) Ce changement était pour moi un véritable challenge.

Comment êtes-vous devenue directrice d'agence ?

Après 5 ans passés dans une agence à un poste d'agent de comptoir senior où je prenais beaucoup de responsabilités, j'ai concentré tous mes efforts sur la progression de mon chiffre d'affaires (CA) afin de faire savoir à la direction du groupe que j'avais le potentiel requis pour évoluer. On m'a alors confié la direction d'une petite agence (3 personnes dont 1 contrat de professionnalisation), mon poste actuel.

Quelles sont vos activités au quotidien ?

Ma journée démarre avec la gestion des mails qui me relient au siège. Je fais le point sur les résultats de l'agence et consacre beaucoup de temps à l'analyse des données quantitatives et des tableaux de suivi d'activité. Je reporte à un chef de vente qui manage plusieurs chefs d'agence et qui me donne des consignes très régulièrement pour orienter les ventes (augmenter telle destination, favoriser tel fournisseur, vendre plus de contrats d'assurance...). J'ai donc des objectifs commerciaux très précis à atteindre.
Je dois aussi manager mon équipe (gestion des 35 h, planning, plan de formation...). Nous sommes aussi souvent conviés par notre direction à des réunions ou des séminaires. Il faut aussi gérer l'approvisionnement en brochures. Néanmoins 80 % de mon temps reste dédié à la clientèle et je dois réaliser le même CA que les autres membres de mon équipe.

Comment voyez-vous l'avenir de votre métier ?

En dépit de la montée du e-tourisme, je pense que le secteur reste promis à un bel avenir. On aura besoin d'agents de voyages très compétents axés vers plus de relationnel. Face à la montée des agences en ligne, je pense que la clientèle a précisément besoin des plus apportés par le professionnel, à savoir : le conseil avisé, l'expérience, la garantie et le sourire !