Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Florence Geay

Directrice de Scène de ménage, Paris (75)
Date de l'interview : 01/02/2008

On ne s'improvise pas prestataire de services à la personne. Il faut proposer des services de qualité si l'on veut fidéliser la clientèle.

En 2005, Florence Geay, s'appuyant sur une riche expérience du secteur hôtelier a décidé de se lancer avec passion dans l'aventure de la création d'entreprise.

Quelles ont été vos motivations pour créer votre entreprise de services ?

Après 18 années passées au service d'un grand groupe hôtelier, où ma carrière a évolué de femme de chambre/gouvernante à gestionnaire de résidences/responsable commerciale, j'ai fortement ressenti le besoin de créer ma propre activité. Connaissant les différentes facettes de l'univers des services à la personne, j'ai décidé de proposer des services à domicile en lien avec mon métier d'origine : ménage, repassage, petits travaux d'entretien (électricité, plomberie, etc.) et jardinage.

Avez-vous rencontré des difficultés dans le montage de votre projet ?

Non, car j'ai eu la chance d'être épaulée par mon époux qui connaît bien la partie financière. En revanche, il y a 3 ans, il fallait encore entreprendre toutes les démarches de création de société, donc investir, avant l'obtention de l'agrément auprès de la préfecture de région. Dans mon cas, il s'agit d'un agrément dit "simple" par opposition à celui "qualité" exigé pour les services auprès des jeunes enfants, personnes âgées ou handicapées.

Qu'apporte l'agrément ?

Cet agrément permet aux familles de bénéficier d'une réduction d'impôt égale à 50 % du montant des factures payées dans la limite de 12 000 euros, soit entre 400 h et 600 h d'interventions annuelles (tout type de prestations confondues, sachant qu'il existe un plafond plus restrictif pour le bricolage et le jardinage).

Comment vous êtes-vous faite connaître ?

Au départ par de la publicité, des mailings, la présence dans les pages jaunes, une offre tarifaire aux comités d'entreprise, la création d'un site internet et l'investissement dans une étude d'un nom et d'une marque qui se retiennent facilement. Depuis nous effectuons quelques campagnes de publicité, mais c'est surtout le bouche à oreille qui prime.

Depuis sa création, votre entreprise s'est-elle beaucoup développée ?

Au départ je m'occupais de l'administratif et du commercial. Sur le terrain, j'avais 2 intervenantes à domicile. Aujourd'hui j'ai environ 250 clients et emploie 25 personnes dont une assistante. Environ 50 % des intervenants travaillent à temps plein. En dehors des hommes toutes mains et des jardiniers, il s'agit principalement de femmes. Deux gouvernantes prennent en charge les formations, les présentations et les contrôles des prestations effectuées, l'une pour Paris, l'autre pour la banlieue (78, 92, 95).

Quelles sont les exigences de ce secteur d'activité ?

Le sens de la clientèle est ici primordial. Il faut être à l'écoute des besoins des clients. On ne s'improvise pas prestataire de services à la personne. C'est un véritable métier très exigeant. Le gouvernement a voulu booster ce secteur grâce à des mesures incitatives, mais beaucoup d'entreprises, faute de compétences et de véritable connaissance du secteur, n'ont pas résisté. Il faut être en mesure de proposer des services de qualité si l'on veut fidéliser la clientèle.

Comment recrutez-vous ?

Ce métier ne doit pas s'exercer par dépit. Je demande avant tout de la motivation et une expérience préalable. J'exige des candidats 2 ans d'expérience chez des particuliers ou dans l'hôtellerie. En revanche, je ne demande pas de références ou de lettres de recommandation, car connaissant très bien le métier, je me fie à mon expérience dans l'entretien. Si aucun diplôme n'est requis, les candidats doivent maîtriser le français afin de faciliter la communication avec la clientèle. Les employés de service travaillent en fonction de lettres de mission. Je visite toujours les particuliers afin d'établir ensemble un cahier des charges précis. Cela donne un cadre de travail à respecter (avec des règles mais aussi des droits). Enfin, je présente toujours l'employée à la famille chez qui elle va intervenir.

Quels avantages apporte Scène de ménage à des employées qui pourraient exercer en indépendantes ?

Elles sont salariées d'une entreprise et non plus d'un ou de particuliers (quand il ne s'agit pas de travail au noir !). Elles ont la garantie d'être déclarées et payées sans différé (problème du CESU notamment), de pouvoir bénéficier d'avantages sociaux (congés, accidents du travail, formation). Nous leur garantissons 8 à 10 clients par semaine. Elles gagnent un peu plus que le SMIC et nous les dédommageons de leurs frais de transport. Elles viennent aussi chercher une reconnaissance de leur métier, un statut.

Que signifie le statut de "prestataire de service" ?

Contrairement au "mandataire" qui ne fait que mettre en relation un professionnel et un particulier, je suis prestataire, c'est-à-dire que les intervenantes sont mes propres salariées et non pas celles des particuliers. Je m'implique totalement.

Quels conseils auriez-vous envie de donner à des jeunes ?

Pour durer, il faut connaître, maîtriser ou apprécier un secteur d'activité. Les métiers des services à la personne sont en pleine expansion, le travail est là, mais pour réussir il faudra forcement être le meilleur !

Propos recueillis par Annie Poullalié