Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Eric Ouvrard

Dirigeant de l'entreprise Ouvrard, Crosne (91)
Date de l'interview : 01/01/2006

Après dix ans d'expérience, l’électricien a la possibilité de s'installer à son compte et de réaliser quelque chose par lui-même.

Il y a une quinzaine d'années, Eric Ouvrard a intégré l'entreprise familiale d'équipement électrique du bâtiment. Depuis, il la dirige aux côtés de sa s'ur. L'entreprise est devenue une PME dynamique qui compte aujourd'hui une cinquantaine de salariés.

Quel est votre rôle au sein de l'entreprise Ouvrard ?

Créée par mes parents en 1978, cette entreprise artisanale s'est depuis beaucoup développée. En 1987, elle est devenue société anonyme (SA) et en 2004, date à laquelle ma s'ur s'est associée à moi, société par actions simplifiée (SAS). Nos rôles sont bien répartis. Audrey s'occupe du juridique, du social, de l'administratif et des finances, tandis que mes fonctions sont plus techniques, stratégiques et commerciales. Formé à la gestion, je suis autodidacte en électricité, mais j'ai fait 5 ans de chantier ce qui m'a permis de savoir de quoi je parle.

Quelles sont les activités de l'entreprise ?

Notre coeur de métier est l'équipement du bâtiment dans le domaine du logement (notamment social) et du tertiaire (bureaux, collectivités territoriales, etc.) en courants forts et faibles. L'équipement en courants forts (tensions de plus de 220 volts) concerne les plateaux de bureaux, les colonnes EDF, l'éclairage des cages d'escaliers, la réfection électrique des bâtiments, l'alimentation des prises de courant, le chauffage électrique... tandis que celle en courants faibles concerne l'interphonie, la vidéosurveillance, le câblage informatique, la détection incendie, les signaux d'alarme, etc. Nous répondons à beaucoup d'appels d'offres publics et avons, par exemple, câblé des écoles et des hôpitaux. Nous sous-traitons la climatisation.

Combien avez-vous de salariés ?

Nous avons 50 salariés, majoritairement en CDI. Au départ un CDD de 3 mois, nous permet d'apprécier la motivation et les compétences techniques du personnel sur un chantier complet. Si le secteur est avant tout masculin car assez physique, nous avons tout de même une technicienne et deux apprenties électriciennes.
Enfin pour faire face aux commandes de chantiers urgentes ou supplémentaires, nous travaillons très régulièrement avec 2 entreprises sous-traitantes d'une dizaine de personnes. Il faut savoir que dans ce secteur, il est très difficile de recruter au pied-lever un professionnel qualifié.

Quels sont les métiers de l'entreprise ?

Outre une trentaine d'électriciens (niveau CAP à BTS) dont des chefs d'équipe et de chantier (agents de maîtrise), nous avons une standardiste, un magasinier (profil logisticien), des assistantes de gestion (niveau BTS), un directeur administratif et financier, et des chargés d'affaires (au profil à la fois technique et commercial). Ces derniers sont d'anciens chefs de chantier bénéficiant d'une évolution interne. Chargés de répondre aux appels d'offres et de suivre tous les aspects des chantiers jusqu'à leur livraison aux clients, ils assurent une fonction-clé. Face à ces métiers majoritairement itinérants, nous essayons néanmoins de créer une vie d'entreprise (plan d'épargne entreprise, repas, bulletin d'information, entretien annuel d'évaluation, téléphone portable, etc.).

Quelle est votre politique de formation ?

Nous formons actuellement 9 apprentis dont 7 électriciens (CAP, bac pro, BP et BTS). Nous avons aussi une apprentie assistante de gestion et un apprenti chargé d'affaires. Il s'agit d'un BTS électricien affecté à notre bureau d'études.
Nous cherchons avant tout à fidéliser nos apprentis électriciens. Ils sont tous formés au CFA Délépine qui affiche d'excellents résultats aux différents diplômes d'Etat. Je participe aux sessions de journées portes ouvertes du CFA, à la sélection des candidats et aux jurys d'examens.

Comment luttez-vous contre la concurrence des grands groupes ?

Ils ne sont pas forcément intéressés par les mêmes domaines : par exemple, le logement social, négligé par les grands groupes, représente pour nous un chiffre d'affaires important. Ensuite ils sont souvent moins réactifs pour répondre à des appels d'offres. L'image de marque de l'entreprise est aussi très importante.

Comment parvenez-vous à faire face à de multiples chantiers ?

La gestion des plannings de chantier est assurée par nos assistantes de gestion et c'est parfois un véritable casse-tête pour arriver à ''lisser'' une activité dans le temps. Nous faisons alors appel à des sous-traitants.

Comment voyez-vous l'avenir de votre secteur ?

En Ile-de-France, le secteur de l'équipement du bâtiment est en bonne santé. Je suis plutôt confiant, l'activité de mon entreprise ne cesse de croitre. En revanche, les prix sont à la baisse, ce qui peut représenter une difficulté, à laquelle on s'adapte néanmoins. De nouvelles réglementations à respecter, un parc immobilier vieillissant à rénoverœil faut toujours faire face à de nouveaux enjeux qui relancent le marché.

Quels conseils auriez-vous envie de donner à des jeunes ?

Le choix de ce métier doit se faire avant tout de manière libre, sans pression parentale. Ensuite, il faut foncer. Il n'y a pas d'électriciens au chômage. Après 10 ans d'expérience, ce métier offre la possibilité, avec peu de moyens de s'installer à son compte et de réaliser quelque chose par soi-même, c'est ce que j'apprécie le plus. C'est aussi un domaine très évolutif où il faut intégrer sans cesse de nouvelles technologies telles que la télésurveillance, et dès demain, les installations photovoltaïques (ndlr : production d'électricité à partir du soleil).