Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Christian Badinand

Proviseur du lycée public LMH Jean Drouant, Paris (75)
Date de l'interview : 01/12/2007

Nous recevons beaucoup d'offres de stages, aussi nous orientons nos élèves avec un tuteur et assurons un suivi en entreprise.

Christian Badinand nous présente son établissement et souligne l'intérêt, au côté de l'apprentissage, du dispositif de formation initiale dans le domaine de l'hôtellerie-restauration.

Combien d'élèves formez-vous ?

Le lycée Jean Drouant accueille 600 élèves, dont environ la moitié dans le supérieur.
Au lycée professionnel qui prépare au BEP hôtellerie-restauration (options cuisine ou restauration) et au bac pro restauration, nous avons 130 élèves. En bac techno hôtellerie, diplôme se préparant sur 3 ans (et uniquement par la voie scolaire), nous comptons près de 200 élèves (soit une bonne soixantaine par niveau).
Dans le supérieur, nous recevons 96 élèves en classe de mise à niveau et tablons à la rentrée prochaine sur 110 étudiants en 1re année de BTS hôtellerie-restauration qui propose 2 options (mercatique et gestion hôtelière / art culinaire, art de la table et du service).

Le lycée Jean Drouant ne propose que des formations en temps plein scolaire ?

Absolument, ce mode de formation continue de séduire la majorité des élèves. Tous ne sont pas fâchés avec l'école ! Les jeunes de 16-17 ans ont souvent une grande indépendance comportementale mais manquent d'autonomie dans l'intendance de la vie. Or l'apprentissage exige beaucoup, particulièrement dans le secteur de l'hôtellerie-restauration. La plupart des jeunes n'ont pas la maturité pour accepter des contraintes professionnelles fortes, mais peuvent, en revanche, continuer à s'enrichir et à réussir dans l'univers scolaire.

Quelles sont vos relations avec le monde professionnel ?

L'entreprise permet la confrontation à la réalité qui est toujours plus dure que l'école. La vie scolaire ne signifie pas pour autant coupure avec le monde professionnel car nombre des diplômes que nous proposons impliquent jusqu'à 4 mois de stage en entreprise par an. C'est le cas, par exemple, de l'année de mise à niveau et de la 1re année du BTS. Nos élèves sont donc loin d'être déconnectés de l'entreprise.

Quelle est votre politique en matière de stage ?

Grâce à la notoriété de l'établissement, nous recevons énormément d'offres de stage. Les élèves émettent des souhaits qui seront validés par la commission de stage. Celle-ci vise avant tout à adapter le choix du stage au projet, au niveau et surtout à la personnalité de l'élève, l'objectif étant de limiter au maximum les abandons. Nous essayons d'analyser le profil pédagogique et psychologique de l'élève pour voir où il sera le mieux, le niveau d'exigence étant très différent selon les "maisons". Nous recevons des propositions provenant aussi bien du secteur de la restauration collective avec des horaires très normés que des grandes tables (3 étoiles au Michelin) qui vont se montrer très exigeantes (investissement et horaires). Les restaurants gastronomiques classiques offrent un bon compromis et permettent aux stagiaires d'accéder rapidement à des responsabilités intéressantes. L'extrême diversité du secteur permet d'ajuster le placement des stagiaires. Nous préparons nos élèves à l'entrée en stage, grâce à un livret du stagiaire, à la nomination d'un tuteur, à la mise en place d'une permanence téléphonique et nous les visitons en entreprise.

Quel est le profil des jeunes en classe de mise à niveau ?

Ces élèves sont majoritairement issus des séries générales du bac, mais il peut aussi s'agir d'étudiants ayant suivi des études universitaires, parfois jusqu'au master et souhaitant se réorienter vers un métier porteur. Nous présélectionnons les 400 candidatures qui nous parviennent sur dossier. Environ 200 candidats sont ensuite reçus en entretien par la commission d'admission. Nous en garderons la moitié.

Comment s'opère la sélection en BEP, bac pro et bac techno ?

Il s'agit d'une sélection institutionnelle effectuée par le rectorat via la commission d'affectation académique qui tend à être systématiquement informatisée. Il faut compter 3 demandes pour une place en BEP et 2 pour une place en bac pro. Pour le bac techno, il y a moins de demandes.
Nous organisons au 3e trimestre une journée d'entretiens obligatoires. Ils ont pour but de vérifier les choix d'orientation et sont destinés à apporter un éclairage à la commission. Ils permettent également aux élèves d'obtenir des points de bonification afin que ne soient pas pris en compte les seuls résultats scolaires mais également leur motivation.

Que deviennent vos bacheliers techno et les élèves de mise à niveau ?

Nous enregistrons 84 % de taux de réussite au bac, soit 10 échecs sur une soixantaine d'élèves.
Environ 80 jeunes de mise à niveau et 1 bachelier techno sur 2 poursuivent en BTS (qui offre 110 places). 10 % des élèves de mise à niveau abandonnent finalement le secteur.
Par ailleurs, après le bac, certains de nos élèves décident de poursuivre leurs études en voie générale. D'autres se tournent vers l'alternance. Enfin, ceux qui souhaitent cuisiner ou faire du service en salle (sans faire de management) peuvent préparer une mention complémentaire en formation initiale ou en apprentissage afin de se spécialiser.